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COMNIENT ON FAIT LES AÉROSTATS

S15 prenant une vessie gonflée^ lu la plonges dans Teau, et que tu l'abandonnes a elle-même, elle reviendra sur Teau et se mettra à surnager. Pareillement, si tu mets à bouillir de . Teau dans une marmite en fonte, tu verras au fond, au-dessus du feu, Teau se volatiliser en vapeur; et dès qu'elle se sera un peu accumulée, cette vapeur ne tardera pas à se dégager sous forme de bulles. Il sortira d'abord une bulle, puis

une autre; et quand toute Teau sera complètement chauffée, les bulles sortiront sans interruption : on dit alors que Teau bout.

De même que dans Teau montent les bulles gonflées de vapeur, parce qu'elles sont plus légères que Teau, de même montera dans Tair une boule gonflée de gaz hydrogène ou d'air chaud , parce que Tair chaud est plus léger que Tair froid ^ et que l'hydrogène est le plus léger des gaz.

Les aérostats se gonflent a Thydrogène et à Tair chaud. Voici comment on procède avec Fhydrogène. On construit un grand ballon, on le fixe par des cordes à des pieux, et on le remplit d'hydrogène. Dès qu'on détache les cordes, le ballon s'élève et vole toujours plus haut^ tant qu'il traverse un air plus lourd que l'hydrogène ; et lorsqu'il arrivera, tout en haut, dans l'air léger, il se mettra alors à flotter dans l'atmosphère comme la bulle sur l'eau.

Pour les aérostats à air chaud ^ voici comment on opère. On fait un grand ballon avec une espèce de goulot en bas, comme une bouteille renversée. Dans le goulot on fixe une touffe de coton qu'on imbibe d'esprit de vin et qu'on allume. L'air de l'aérostat s'échauffera à la flamme, deviendra plus léger que l'air froid 5 et le ballon ira montant comme la bulle dans l'eau. Et il volera toujours plus hautj jusqu'à ce qu'il rencontre un air plus léger que celui dont il est gonflé.

Il y a une centaine d'années que des Français — les frères Montgolfîer — ont inventé les aérostats. Ils en fabriquèrent un avec de la toile et du papier^ l'emplirent d'air chaud : l'aérostat s'éleva. Ils en firent alors un autre un peu plus grand 5 attachèrent audessous un mouton 5 un coq et un canard, et le lâchèrent. L'aérostat s'enleva et descendit heureusement. Depuis on imagina de gonfler

d'hydrogène les ballons, qui dès lors volèrent plus haut et plus vite.

Pour aller en ballon^, on attache au-dessous de Taérostat une nacelle où Ton monte deux, trois et jusqu'à huit hommes, avec des vivres et des boissons. Pour descendre et s'élever à volonté, une soupape est ménagée dans l'aérostat, soupape que l'aéronaute peut ouvrir ou fermer au moyen d'une corde. Quand, se jugeant trop élevé, il veut redescendre, il ouvre la soupape : le gaz s'échappe, le ballon se contracte et se met à descendre. En outre, la nacelle renferme toujours un certain nombre de sacs remplis de sable ; quand on jette un sac, le ballon, allégé, remonte. Si l'aéronaute, dans sa descente, s'aperçoit qu'au-dessous de lui l'endroit ne se prête pas à l'atlerrissement, rivière ou forêt, il jette alors du sable, et l'aérostat, plus léger, s^élève de nouveau.

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