LE HIBOU ET LE LIÈVRE
Jl fait nuit. Les hiboux commencent à voler de la forêt dans le ravin, guettant leur proie.
Aux champs bondit un grand hèvre gris, qui se met à faire le beau.
Un vieux hibou regarde le lièvre et se pose sur une branche. Et un jeune hibou lui dit:
— Pourquoi ne fonds-tu point sur ce lièvre ?
166 POUR lp:s enfants.
Le vieux répondit :
— C'est au-dessus de mes forces. Ce lièvre est trop grand. Accroche-toi a lui, et il t'entraînera dans le fourre.
Et le jeune hibou reprit :
— Mais je m'accrocherai d'une patte, et de l'autre, je me retiendrai à l'arbre.
Et le jeune hibou, se jetant sur le lièvre, d'une patte, lui agrippa le dos, si profondément que toutes les griffes entrèrent, et, de l'autre, se prépara à saisir l'arbre. Comme le lièvre Tentraînait, il s'accrocha à l'arbre de l'autre patte, en se disant:
— Il n'échappera pas.
Mais le lièvre, s'élançant, écartela le hibou, dont les pattes restèrent prises, l'une à l'arbre, l'autre dans le dos du lièvre.
Le lendemain, un chasseur tua le lièvre, et s'émerveilla de lui voir le dos marqué par les griffes du hibou.
COmmENT LES LOUPS DRESSENT LEURS LOUVETEAUX
Je cheminais sur la route^ lorsque j'entendis un cri derrière moi. C ëtail un berger qui se hâtait à travers un champ, et^ en criant, nie montrait quelque chose.
Je regardai et je vis dans le champ deux loups qui couraient : Tun grand , Tautre jeune. Le jeune portait sur son dos un agneau déchiré, dont il tenait la jambe dans sa gueule. Le grand loup courait derrière.
En les apercevant nous nous élançâmes,
le berger et moi, à leur poursuite, en poussant des cris. A nos appels arrivèrent les moujiks avec des chiens.
A la vue des chiens et des gens, le grand loup, s'approchant du jeune, lui arracha Tagneau, le jeta sur son dos; et tous deux, redoublant de vitesse, disparurent à nos regards.
Alors le berger nous raconta ce qui s'était passé : du ravin bondit un grand loup qui, fondant sur Tagneau, le déchira et remporta.
A sa rencontre vint un jeune loup, qui sauta sur Tagneau. Le vieux loup donna Tagneau à porter à son louveteau, et luimême, ainsi déchargé, se mit à courir à ses côtés.
Seulement, à la première alerte, le vieux, laissant là sa leçon, resaisissait Tagneau.