‹ Pour les enfantsChapitre 37 sur 52 · L'ODORAT · texte numérisé non relu

L'ODORAT

L'homme voit par les yeux, entend par les oreilleSj sent par le nez, goûte par la langue et tâte par les doigls. Tel a de meilleurs yeuxj tel de pires. L'un entend de loin, Tautre est sourd. Celui-ci, d'un odorat plus fin, flaire de loin, et celui-là, le nez sur un œuf pourri, ne sentira rien du tout. L'un reconnaîtra chaque chose au toucher, l'autre ne distinguera pas le bois du papier. L'un n'a qu'à goûter du bout des lèvres pour

discerner ce qui est doux, Taiitre avale sans distinguer le doux de Tamer.

De même les différents animaux ont les divers sens plus ou moins développés. Mais, chez tous, Todorat est plus fin que chez l'homme.

L'homme, pour reconnaître une chose, la regarde, écoute le son qu'elle rend, parfois la flaire et goûte ; mais il a par-dessus tout besoin de la toucher.

Les animaux, eux, ont, presque tous, surtout besoin de flairer. Le cheval, le loup, le chien, la vache, l'ours, ne reconnaissent une chose qu'en la flairant.

Quand le cheval a peur de quelque chose, il s'ébroue, renifle pour mieux sentir, et, tant qu'il n'a pas senti, il a peur.

Le chien souvent suit la piste de son maître, et l'aperçoit, et s'effraye, ne le reconnaissant pas. Il aboie contre lui tant qu'il n'a pas flairé et senti que ce qui

épouvanlait ses regards^ c'est son propre maître.

Les bœufs voient tuer des bœufs^ ils les entendent beugler à Tabattoir ; et ils ne comprennent pas ce qui se passe. Mais qu'une vache ou un bœuf rencontre quelque partj en marchant^ du sang de bœuf, et flaire, alors il comprendra, battra du pied la terre en mugissant, et rien ne pourra l'éloigner.

La femme d'un vieillard étant tombée malade, il alla lui-même traire la vache. La vache renifla, et, ne reconnaissant pas sa maîtresse, refusa de donner son lait. La baba fit mettre sa courte pelisse à son mari, avec le mouchoir sur la tête; et la vache donna son lait ; mais le vieillard ayant écarté les pans de la pelisse, l'animal flaira, et de nouveau refusa.

Les chiens courants, quand ils quêtent en suivant une piste, ne courent jamais sur

la pisle même, mais à côte, a une vingtaine de pas. Si le chasseur ignorant veut ramener le chien sur la piste, à la toucher du nez, toujours l'animal sautera par côté. Pour le chien la voie sent tellement fort, lorsqu'il a le museau dessus, qu'il ne distingue rien, et ne sait même pas si le gibier a fui en avant ou en arrière. Ce n'est qu'en s'écartant un peu qu'il reconnaît d'où vient le fumet le plus vif et alors il s'élance du côté de la bête.

Il fait ce que nous-mêmes nous faisons, lorsqu'on nous parle fort dans l'oreille : nous nous éloignons im peu et nous distinguons alors ce qu'on nous dit. De même encore, quand l'objet que nous voulons voir se trouve trop près de nous, nous nous reculons pour le regarder.

Les chiens se distinguent et se reconnaissent entre eux a l'odeur.

Encore plus subtil est l'odorat des in-

sectes. L'abeille vole tout droit vers la fleur dont elle a besoin; le ver rampe vers sa feuille; la punaise^ la puce^ le cousin, sentent un homme à des centaines de milliers de pas de punaises.

Si les particules sont petites qui se détachent d'une substance et s'insinuent dans notre nez, combien infinitésimales doivent être les particules qui affectent Fodorat des insectes !

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