Fonctionnaire
frère, le marchand qui le sert depuis dix ans, son voisin, ses paysans, mais, à l'étranger, lise consumera dans un perpétuel effroi de tromper involontairement qui que ce soit, et sans cesse demandera à qui il faut encore donner. Le même homme dépensera, en Champagne et en gants, Targent gagné à ses amis du régiment, et se répandra en amabilités vis-à-vis d'un prisonnier français. Il regardera comme le plus grand des crimes de toucher, étant sans ressources, à l'argent du fisc; mais, le cas échéant, il désertera la lutte, et fera ce que lui-même considère comme une lâcheté. Je ne dis pas que ce soit mieux ou pis, je dis seulement ce qui, à mon sens, existe. Je remarquerai simplement que la probité n'est pas un instinct ; cette expression « instincts honnêtes » est une absurdité. La probité est une habitude morale ; nul autre chemin pour y arriver, que de commencer par les plus proches relations. Vraiment absurde est, sui-
vant moi, cette expression; il y a des habitudes honnêtes, il n'y a pas d'instincts honnêtes.
Ces prétendus instincts honnêtes, qui se manifestent dans les relations les plus lointaines, dans les rapports avec le fisc, le gouvernement, l'Europe, Thumanitë, et pas du tout dans les plus proches relations, — qui ne reposent pas sur des habitudes d'honnêteté, ces instincts honnêtes ne sont que des mots jurant avec laTéalité.
Je reviens à la nouvelle. L'entrée en scène de l'argent pris au Trésor, si immorale, semble-t-il, au premier abord, me paraît, au contraire, présenter le caractère le plus touchant, le plus charmant. Il arrive souvent à tel écri-
vain de notre monde, en voulant nous donner son héros comme un idéal de probité, il lui arrive, dans la naïveté de son âme, de nous dévoiler Tintérieur d'une âme sale et dépravée. Ici, au contraire, ce que veut l'auteur, c'est de rendre heureux son héros. Il suffirait à son bonheur de rentrer dans sa famille ; mais il s'agit d'extirper de ce foyer la misère qui, si longtemps, y a sévi ; où prendre l'argent? — Dans le Trésor impersonnel. Il eût fallu, sans cela, le dérobera quelqu'un : — le moyen choisi est le plus rationnel, le plus loyal.
Dans cette même scène se trouve un détail minime, un mot qui, chaque fois que je le lis, évoque tous les personnages dans leurs attitudes respectives ; un simple mot, et irrégulièrement employé, incorrect grammaticalement ; ce mot^ c'est se hâta. Un professeur de syntaxe dira que le terme est défectueux : se hâta appelle un complément ; — se hâta de quoi faire? demandera l'instituteur. Mais ici.
c'est dit si simplement : « Lamère, ayant pris l'argent, se hâla^ et s'en fut le serrer, » que cela est charmant.
Je voudrais bien trouver un mot pareil, et voir les professeurs chargés d'enseigner la langue dire ou écrire des phrases comme celle-ci :
« Quand nous eûmes fini de dîner, la niania embrassa encore une fois le père, et se retira dans sa chambre. Le père se mit alors à fouiller dans sa besace, tandis que, ma mère et moi, nous le regardions faire. Et voici que la mère aperçut un livre.
« — Ah ! tu as donc appris à lire et à écrire ? demanda-t-elle.
« — J'ai appris, répondit le père.
(S Puis, le père prit un paquet volumineux, et le tendit k la mère. La mère dit:
(^ — Qu'est-ce que c'est ?
« Le père répondit :
« — L'argent.
« La mère^ transportée^ se liâta^ et s'en fut le serrer.
« Puis, revenant, elle lui dit :
i< — Où Tas-tu pris ?
« — J'étais sous-ofFicier, répondit le père. J'avais les fonds du Trésor; je payais les soldats, et ce qui me restait dans les mains, je Tai gardé.
(( Ma mère était si heureuse, qu'elle courait comme une folle. Le jour lirait a sa fin, la nuit venait. On fit du feu. Mon père prit le livre et se mit à lire. Je m'assis près de lui, tendant l'oreille; ma mère allumait des copeaux. Et longtemps le père nous lut dans son livre. Puis nous allâmes nous coucher. Nous nous allongeâmes, mon père et moi, sur le banc de derrière, et ma mère s'étendit à nos pieds. Longtemps ils causèrent, presque jusqu'à minuit. Ensuite ils s'endormirent. »
Bien minime aussi, et qui d'abord ne frappe guère, mais qui, à la longue, émeut profon-
clément^ — le détail de ce ^coucher : le père s'allongeant à côté de son fils^ la mère à leurs pieds, et cette interminable causerie. Comme il dut se presser étroitement contre la poitrine de son père^ le petit garçon ! quel enchantement pour lui, en s'endormant, et déjà à demi assoupi , d'entendre ces deux voix, dont l'une, depuis longtemps, n'avait plus résonné a son oreille !
Il semble que tout soit fini là : le père est revenu ; la misère est partie. Mais Fedka ne se contente pas aisément ; ces personnages fictifs hantent trop vivement son imagination ; il veut encore se représenter nettement le tableau de leur vie changée, et montrer comme quoi, maintenant, cette baba n'est plus la misérable femme d'un soldat, toute seule avec de petits enfants ; il y a, dans la maison, un homme vigoureux, qui ôtera de dessus les épaules fatiguées de sa femme toute la charge du malheur, du dénûment passés, et qui
apportera une nouvelle vie^ libre, assurée, joyeuse.
Il n'est besoin, pour cela, que d'une seule scène, où le soldat robuste coupe du bois avec une hache ébréchée, et l'apporte dans l'isba. Et vous voyez ce petit garçon aux yeux attentifs, qui, accoutumé aux gémissements de sa mère débile et de sa babouchka, admire avec étonnement, respect et orgueil, les bras musculeux et retroussés de son père, et les coups de hache à toute volée que souligne le han du travailleur, et le tronc qui, comme un copeau, se fend en long sous la hache tout ébréchée. Vous voyez cela, et vous êtes désormais absolument rassuré sur la vie à venir de la femme du soldat. J'imagine que la voilà maintenant bien contente.
« ... Le lendemain matin, la mère se leva, s'approcha du père, et dit :
(( — Gordéï, lève-toi ; il faut du bois pour le poêle.
« Le père se leva, se vêtitj se chaussa^ mit son bonnetj et demanda :
(( — Y a-t-il une hache ici ?
« — Il y en a une, répondit la mère ; mais elle est pleine de brèches ; il est possible qu'elle ne coupe pas.
(( Mon père empoigna fortement cette hache dans ses deux mains, s'approcha du tronc d'arbre, le mit debout, et, frappant de toutes ses forces, le fendit en long ; il coupa le bois et le porta dans l'isba. La mère se mit à allumer le poêle pour chauffer l'isba, et la flamme flamba joyeusement. »
Mais cela ne suffît pas encore à l'artiste. Il veut nous montrer aussi l'autre face de la vie, le poème d'une heureuse existence familiale, et il brosse le tableau suivant :
(( Lorsque Tisba fut bien claire, mon père dit :
(c — Matrena !
« Ma mère accourut.
(< — Quoi donc? fit-elJe.
« Et mon père :
« — Je compte acheter une vache, cinq agneaux, deux chevaux... Et puis, il y a Tisba qui tombe en ruines... Tout cela va nous coûter à peu près cent cinquante roubles.
« Ma mère réfléchit, refléchit, puis :
(( — Eh ! mais, dit-elle, c'est tout notre argent qui va passer là.
« — Nous travaillerons, répondit mon père.
(( — Soit, achetons, acquiesça-t-elle. Mais voilà ; où prendrons-nous la charpente ?
« — N'y en a-t-il pas chez Kirucha ?
(( — Non ! Il n'y en a plus. Les Fokanitchev ont tout pris.
« Le père réfléchit et dit :
« — Eh bien ! nous irons chez Briantzev.
« — Je crains qu'il n'en ait pas davantage, fit ma mère.
« — Comment ? il n'en aurait pas, lui, un bûcheron !
(( — Il te prendra cher, dit-elle. Tu sais bien quel fripon il est.
(( — J'irai le trouver, dit-il. Je lui offrirai de la vodka, et m'entendrai avec lui. Fais cuire un œuf sous la cendre pour mon dîner.
a Ma mère mit à bouillir un morceau de viande.
(c Puis mon père prit la vodka, s'en fut chez Briantzev, et, restés seuls, nous demeurâmes assis longtemps. Je commençais à m'ennuyer sans mon père. Je demandai donc à ma mère la permission d'aller le rejoindre. Mais elle me dit:
« — Tu t'égarerais.
« Je me mis à pleurer, et voulus partir
quand même; mais elle me battit; et, en pleurant plus fort, je montai sur le poêle.
« Voici que mon père rentre dans Fisba. Il me dit :
(( — Pourquoi pleures-tu ?
(( Ma mère intervint :
« — Fedouchka a voulu te rejoindre, et je Tai battu.
« Mon père s'approcha de moi et répéta :
« — Pourquoi pleures-tu ?
« Je me plaignis de ma mère. Lui, s*approchant d'elle, fit semblant de la frapper en disant :
(( — Ne frappe plus Fedouchka, ne frappe plus Fedouchka !
(( Et ma mère fit semblant de pleurer. Moi, je m'assis sur les genoux de mon père, bien content. Puis, il se mit à table, m'installa près de lui, et cria :
« — Donne-nous à dîner, la mère, à Fedouchka et à moi ! Nous avons faim.
i< Ma mère nous apporte la viande, et nous mangeons. Après le dîner, ma mère demande :
(( — Eh bien ! et la charpente ?
« — Cinquante roubles, répond mon père.
« — C'est pour rien, dit-elle.
« — Oui, fait mon père ; il n'y a rien à dire, la charpente est très bonne. »
Cela est bien simple, n'est-ce pas ; cela n'a pas l'air d'en dire beaucoup ; mais devant vous s'ouvre toute la perspective de leur vie familiale. Vous voyez que le garçon est encore un enfant, pleurant et riant dans la même minute, incapable d'apprécier l'amour de sa mère, s'éprenant d'un père fort qui sait fendre les troncs ; et la mère, qui sait qu'il doit en être ainsi, et qui n'en conçoit pas de jalousie; et cet admirable Gordéï, dont l'âme déborde de bonheur!
Et cette comédie charmante qu'ils jouent tous, sachant bien que c'est une comédie,
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Mais que voulons-nous dire par là ? Que signifie, au point de vue pédagogique, cette nouvelle écrite par un enfant peut-être exceptionnel ? On nous dira :
— Vous, le maître, vous aurez sans doute coopéré, sans y prendre garde, à la composition de cette nouvelle et des autres; et c'est bien difficile de distinguer nettement ce qui vous appartient en propre, de ce qui s'est fait en dehors de vous.
On nous dira :
— Supposons que la nouvelle soit bonne ; mais ce n'est qu'une des branches de la littérature.
On nous dira :
— Vous êtes vous-même un écrivain, et
VOUS avez pu dès lors, inconsciemment, donner aux élèves telles indications qu'on ne saurait prescrire aux instituteurs.
On nous dira :
— De tout cela, déduire une règle générale, une théorie, est chose impossible. C'est un phénomène curieux, et voilà tout.
Je vais tâcher d'exposer ainsi mes conclusions, qu'elles répondent à toutes les objections que je viens de signaler.
Le sens du vrai, du beau et du bien, est indépendant du degré de développement. Le vrai, le beau et le bien, sont des idées qui expriment seulement l'harmonie des choses avec notre sens du vrai, du beau et du bien.
Le mensonge n'est qu'une contradiction avec notre sens du vrai. Je ne mentirai pas pas en disant que les tables tournent sous la pression des doigts, si je le crois, et quoique ce soit faux ; mais je mentirai en disant que je n'ai pas d'argent quand je sais que j'en ai.
Un grand nez n'est pas nécessairement monstrueux, mais il est monstrueux sur un petit visage. La laideur n'est qu'une contradiction avec notre sens du beau.
Donner mon dîner à un pauvre, ou le manger, cela n'a rien de mauvais ; mais donner ou manger seul ce dîner, alors que ma mère meurt de faim, voilà une contradiction avec notre sens du bien.
En élevant, en instruisant, en développant, en façonnant l'enfant, nous ne devons avoir et nous n'avons inconsciemment qu'un but : atteindre une plus grande harmonie avec notre sens du vrai, du beau et du bien. Si le temps ne s'écoulait pas, si l'enfant ne vivait pas par toutes ses facultés à la fois, nous pourrions tout doucement arriver à cette harmonie, ajoutant là, ôtant ici, comblant les lacunes, atténuant les saillies.
Mais l'enfant vit, chaque partie de son être court vers son développement, et s'élance
en avant ; et c'est cet élan en avant de toutes les parties de son être que nous prenons la plupart pour but^ poussant à leur développement sans songer à leur harmonie.
Voilà le défaut constant de toutes les méthodes pédagogiques. Nous voyons notre idéal en avantj lorsqu'il est derrière nous. Le nécessaire développement d'un homme, loin d'être un moyen d'atteindre à ce haut idéal de l'harmonie que nous portons en nous, n'est bien plutôt qu'un obstacle qui nous en sépare. C'est cette fatale loi du mouvement en avant que symbolise le fruit cueilli par notre premier père sur l'arbre de la science du bien et du mal.
Un enfant sain, quand il vient au monde, réalise complètement l'harmonie absolue avec ce sens du vrai, du beau et du bien, que nous portons en nous ; il touche encore à l'être inanimé, à la plante j à l 'animal , à la nature qui personnifie à nos yeux ce vrai, ce beau, ce bien que nous cherchons et désirons. Dans
tous les siècles^ chez tous les peuples, Tenfant est regardé comme Temblème de Tinnocence, de la pureté, du bien, du vrai et du beau. (( L'homme naît parfait, » a dit Rousseau, et cette grande parole, comme gravée dans le granit, restera immuablement juste.
L'homme a sa naissance est comme un prototype de Tharmonie, du vrai, du beau et et du bien. Mais chaque heure de la vie, chaque minute du temps, trouble de plus en plus les rapports qui, lorsqu'il vint au monde, s'équilibraient dans une harmonie absolue, et chaque pas, chaque heure viole cette harmonie, — et chaque pas nouveau, chaque heure nouvelle aggrave le désordre : et nulle espérance de rétablir jamais l'harmonie rompue.
La plupart des instituteurs, oubliant que l'enfance c'est l'harmonie absolue, prennent pour but unique le développement de l'enfant, que règlent cependant des lois indépendantes et invariables. C'est là leur faute, et il en ad-
vient h ces instituteurs comme aux sculpteurs malhabiles.
Au lieu d'attendre, pour atténuer une saillie trop forte, qu'un nouveau hasard vienne rectifier Tirrégularité produite, — pareils au mauvais sculpteur qui, au lieu de racler la saillie, Texagère de plus en plus, les instituteurs n'ont en vue que d'outrer encore le développement de telle ou telle faculté déjà excessive; ou, s'ils se préoccupent de l'harmonie, ils poursuivent alors un idéal perdu dans l'avenir, en tournant le dos à l'idéal présent et passé.
L'enfant, même quand il se développe irrégulièrement, garde toujours quelques traits primitifs de l'harmonie détruite. C'est, sinon en modérant le développement, du moins en s'abstenant de le stimuler, que nous pouvons seulement espérer nous rapprocher de cette harmonie.
Mais nous sommes si sûrs de nous, si chimériquement convaincus de la perfectibilité de
l'adulte^ si impatients des défauts que nous avons sous les yeux^ si certains de pouvoir les corriger ; nous savons si peu comprendre et apprécier la beauté originelle de l'enfance^ quCj tantôt nous nous exagérons ces défauts, tantôt nous nous les dissimulons, alors qu'ils nous sautent aux yeux, corrigeant, élevant à tort et à travers. Plus on développe Fenfant, plus on réloigne du prototype qui fut et qui n est plus, sans le rapprocher du prétendu prototype de la perfection de Tadulte. Notre idéal est en arrière et non, pas en avant. L'éducation perA^ertit Tenfant, elle ne le corrige pas. Plus il est perverti, moins il faut Télever, et plus il a besoin de liberté.
Enseigner, élever un enfant, mais c'est une chimère, une absurdité, pour cette simple raison que Tenfant est bien plus près que moi, que tout adulte, de cet idéal d'harmonie, de vrai, de beau, de bien, auquel je prétends le hausser. La conscience de cet idéal vit en lui
plus intense qu'en moi. Il n'attend de moi que la matière pour se compléter harmoniquement dans tous les sens.
Dès que j'eus laissé à cet enfant liberté complète^ et cessé de renseigner, il écrivit une œuvre si belle, que la littérature russe n'offre rien de semblable. Et c'est pourquoi, dans ma conviction, nous ne pouvons pas ap. prendre l'art d'écrire, surtout des œuvres d'imagination, aux enfants en général, et aux petits moujiks en particulier. Tout ce que nous pouvons faire, c'est de leur indiquer comment on s'y prend pour composer.
Si les moyens dont j'usais pour arriver à ce but peuvent s'appeler des procédés, ces procédés sont les suivants :
1/* Proposer le plus grand choix de thèmes, le plus varié, sans les imaginer exprès pour eux, mais en donnant, au contraire, les thèmes les plus sérieux, et qui intéressent le maître lui-même.
2^ Faire lire aux enfants des œuvres d'enfants, leur présenter comme uniques modèles des œuvres d'enfants, car elles sont toujours plus justes, plus gracieuses, plus morales que des œuvres d'adultes.
3° Un point essentiel : s'abstenir rigoureusement, pendant la révision des devoirs, de toute observation sur la propreté des cahiers, ou sur la calligraphie, ou sur l'orthographe, ou, encore moins, sur la construction des phrases ou la logique.
4'' Comme la difficulté de la composition ne réside pas dans l'étendue, ni dans la teneur, ni dans le style, il faut que l'explication du thème appuie, non sur l'étendue, ni sur la teneur, ni sur le style, mais sur la trame, dont voici les éléments : premièrement, parmi les différentes idées qu'on présente aux enfants toutes formées, en choisir une; secondement, choisir les mots pour la rendre ; en troisième lieu, lui trouver sa place ; en quatrième lieu,
se rappeler ce qu'on a écrit, ne pas se répéter, ne rien omettre, et relier la suite avec ce qui précède; enfin, réfléchir et écrire dans le même moment, Tun n'empêchant pas Tautre. A cet effet, voici comment je m'y prenais. Je commençais par me réserver quelques parties du travail, puis, graduellement, je m'en déchargeais sur les enfants. D'abord, je choisissais moi-même quelques idées que je leur présentais toutes formées, celles qui me semblaient les meilleures ; je leur en indiquais la place ; puis, relisant ce qu'ils avaient écrit, je les mettais en garde contre les redites ; moi, j'écrivais aussi, en leur laissant le soin de chercher les mots les plus propres à traduire la pensée. Ensuite, je leur abandonnais même le choix des idées, me réservant de relire. Finalement, ils se chargeaient eux-mêmes d'écrire tout seuls, comme dans la composition de « La Vie de la femme d'un soldai, yy