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LE NOM EFFEUILLÉ

Enfin! enfin! cria- 1- il, vous m'aimez, Juliette ! Vous m'aimez, je le sais !

— Eh ! qui vous a dit cela ? demandât-elle.

— Vous-même, ou votre nom, ce qui est la même chose.

— Vous perdez l'esprit ?

— Je gagne votre cœur ! Votre nom luimême, votre nom adoré, m'a fait l'aveu de î amOvV que vous me cachiez, cruelle I

— Vgus êtes un fat.

— Je suis un dieu !

— Vous vous expliquerez peut-être?

— A l'instant même.

Alors il lui raconta les choses.

Ingénu à force de tendresse, — il était 1 'âge, hélas! où reviennent les illusions. il avait voulu demander aux pâquerettes de? bois s'il était aimé de Juliette.

Mais la rue Taitbout est très loin de Meudon où les petites Heurs, au reste, ne souriaient pas encore dans la mousse jaunie. Comment faire ? une idée lui vint : le nom de Juliette n'est-il pas frais et fleuri comme une pâquerette? Il effeuillerait ce nom, pétale à pétale, non, lettre à lettre. /, elle m'aime; m, un peu; /, beaucoup; », passionnément; e, pas du tout; t, elle m'aime; t, un peu; e, beaucoup! La seule chose qui l'empêcha de devenir fou de joie, c'est qu'il l'était déjà, d'amour.

— Monsieur Valentin, dit Jul'stte avec gravité, vous ê*es parfaitement ridicule. Je ne

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