LES TROIS TIROIRS
D'un geste résolu, — comme une personne qui ne changera plus de volonté désormais 1 la comtesse Madeline désigna le meuble japonais, à trois tiroirs, dont la lueur des lampes fait trembler la laque rose et l'or, et, très gravement, la mignonne, elle dit :
— Ouvrez l'un de ces trois tiroirs ! et tâchez de bien choisir, Valentin, car, dans chacun d'eux, j'ai caché une réponse à la prière que vous n', cessez de m'adresser depuis six mois. Si vous mettez la main sur la réponse douce, -s sur celle qui dit : Oui ! — il faudra bien que je consente à ne point vous repousser.
Mais craignez de rencontrer l'une des mauvaises re'ponses! vous ne me reverriez plus.
— Hélas! dit-il, j'ai deux chances contre une. Quelle cruelle pensée vous est venue, chère âme?
— Eh! dit-elle, j'aurai la consolation, du moins, si je dois vous complaire, de pouvoir accuser le hasard de ma faute.
Entre les trois tiroirs, il hésita Longtemps Sa main tremblante allait de l'un à l'autre, n'osant tirer le petit anneau doré; et son cœur se serrait dans la peur du mauvais choix. Il se décida enfin, les yeux fermés, comptant sur la divine miséricorde des providences. 0 joie, ô infini délice! la réponse
— une feuille de papier rose, si vite dépliée,
— disait l'adorable mot ; Oui.
Il prit Madeline entre ses bras ravis et l'emporta toute rougissante! Aucune rébis-