‹ Pour mieux connaitre HomèreChapitre 49 sur 72 · XL · texte numérisé non relu

XL

Kühner, dans sa Grammaire grecque , traite ces formes de formes itératives. Il y a ici une distinction à faire entre l’impression produite sur l’esprit et la valeur grammaticale delà désinence. L’impression que, dans la plupart de ces passages, on croit sentir d’un itératif ne tient pas au suffixe c-xto. Elle tient au rapprochement de verbes se succédant à peu de distance avec des désinences identiques. Avec des verbes en aÇto ou en uvw l’on obtiendrait la même impression. Ce qui est vrai, c’est que, un premier verbe en o-xto ayant une fois ouvert la marche, l’esprit se trouve entraîné à donner même aspect aux verbes qui suivent. Mais il n’est même pas nécessaire que ce chef de file soit placé le premier dans le discours : il suffit qu’il ait pris possession de l’intelligence.

S’il faut donner un nom savant à ce phénomène très simple, nous proposons de l’appeler Y automimèse \

1. J’ai traité avec plus de détail de ces faits dans les Mélanges Perrot.

LEXILOGUS.

On a parlé à ce sujet de la « plasticité du verbe homérique ». Si l’on veut énoncer le même fait sans métaphore, il faut dire que parmi les différentes formes possibles de conjugaison l’usage n’a pas encore fait son choix et que l’esprit, influencé par le dernier verbe qui s’est présenté à lui, continue de modeler ce qui suit sur le même patron.

’H 10EOÇ.

Des idées erronées ayant été émises sur le sens de ce mot, il est nécessaire d’en bien établir l’emploi.

Il signifie « florissant, alerte ». C’est l’épithète ordinaire des jeunes gens et des jeunes filles.

Nausicaa dit qu’elle a cinq frères, dont deux sont mariés, et trois dans la fleur de la jeunesse :

01 S'j’ oTTidovTsç, Tpeïç £’ Tj'Kko!. Sa^éQovxs;.

Sur le bouclier d’Achille, on voit des danses de jeunes gens et jeunes filles se tenant par la main :

’EvQa piv x al TiapQsvoi

cop^s uvt’, aÂA'/jXcov hz\ x apTccp yslpa; s^ovts*.

LEXILOGUS.

Sur le même bouclier on voit les vendanges, où jeunes filles et jeunes gens, nourrissant de douces pensées, portent ensemble les corbeilles chargées de raisin :

IlapQevwcal ùk xal r/tôfeot, octocAoc <ppov£OVT£ç, tu Xsxtoïç sv TaXàpowt pepov xapTuov.

(Od., YI, 63.)

Hésychius explique le mot de cette façon : 6 àxpàÇ(jL>v vsaviaç, ày£V£{.oç, véoç, a 7U£vpoç, ayapoç, TcapOévoç. Ce qui ressort de tous ces synonymes, c’est l’idée de jeunesse.

’Ht6£oç se décompose en ad (v. ce mot), qui doit être pris comme adverbe de renforcement, et 6 £oç, où il faut probablement voir une variante de Booç « rapide », mais qui doit être pris au sens de « vaillant, valeureux ». On peut comparer les noms propres et ’Apcp , Ilaa-iGéa et

ïlaa-iGoy).

Un synonyme de ^ t0£oç est ali^oç (v. ce mot),

cHXiidr).

Un de ces mots qui doivent nous avertir qu’il ne faut pas porter l’âge de nos textes à des temps trop reculés.

LEXILOGUS.

fH)ax[a est un substantif dérivé du pronom •fjXixoç, lequel est de la même famille que tttiXixoç et TriÀixoç. C’est donc un mot de même sorte que nos mots français qualité , quantité. Il signifie « qualité », mais en se spécialisant au sens de « jeunesse » ou « âge », comme en français qualité est devenu synonyme de « noblesse » ou « naissance » : Une personne de qualité .

Àicra-wji.’ àvspa toutov aTaa-Sa^ov, oêpqjiospyov,

'H tîcoç TiXuurjV al8ea,a,£Tai k\€r^.

Il y a, si je ne me trompe, dans ce mot, comme dans le mot oTiXoTspoç que nous examinerons plus loin, quelque chose qui sent les dénombrements officiels et la terminologie administrative.

’Hpîov.

Parmi les particularités qui assignent au XXIIIe chant de l’Iliade, où sont décrites les funérailles de Patrocle, une date relativement récente, il faut compter la présence du mot r,p[ov pour désigner un monument funèbre. Cet ripiov est une forme populaire et altérée pour Yiptoiov, béotien ^polov. Nous avons ici le même fait de prononcia-

ï EXILOGUS.

tion que dans Xoqjioçet (Thucydide, II, 54). Sur l’absence de l’esprit rude, v. ïipcoç.

Le sens n’est pas douteux : les glossateurs ont fjLVT^uia et z&'foç. On peut rapprocher r, pisôç- vsxooç (Hésychius), c’est-à-dire « habitant » d’un r^lov et Yiptepy^ç* t up.ëo)p'jyoç ( Id .).

Il semble qu’en cet endroit l’Iliade fasse directement allusion à un monument connu (et connu sous ce nom) de ses auditeurs :

Kà3 3’ àp’ etc’ àxTTjÇ [BàXXov STUt.^spa), evO’ ap’ ’Ay pAAsè; ^>pà<7(7aT0 JlaTpoxAo) pilya-7|ptov, r\ Ss ol auTco.

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