‹ Pour mieux connaitre HomèreChapitre 50 sur 72 · XXIII · texte numérisé non relu

XXIII

c,Hpcoç.

Ce terme, chez Homère, n’a encore ni la couleur religieuse qu’il a prise depuis, ni la valeur d’une qualification morale, qu’il a dans les langues modernes. C’est un terme honorifique, successivement donné à Achille, Ménélas, Nestor, Enée, Télémaque.... Quelquefois il descend plus bas et nous le trouvons accolé au nom de purs figurants : l’échanson qui, à Ithaque, verse le vin aux prétendants, est honoré de cet adjectif :

Towriv 3è xpTjTrJpa xspàa-jaTO M ouXioç p co ç .

[Od., XIX, 453.)

LEXILOGUS.

Sontqualifiés de même, surtout dans l’Odyssée, plusieurs personnages secondaires.

Tous les hommes de ce temps, dit un commentateur, sont appelés héros. UEtymologicum magnum a cette définition : Ot. -aAou xai TcptoToy svslç avGptoTc ou

Le sens exact de ce mot se perdit de bonne heure. Hésiode considère déjà les ripons comme des êtres de nature divine : il suppose qu’ils doivent leur nom à ce qu’ils ont leur séjour dans l’atmosphère (r4e piot). Platon pense qu’on les appelle ainsi parce qu’ils étaient habiles à parler (eips iv)# crocpol rp av xal p r'^opeç xal Sj.aXsxTtxo'1, epcjTav Ixavou

Une autre étymologie de Platon veut que les héros soient ainsi appelés parce qu’ils doivent leur existence à l’amour (êptoç), entendez l’amour des hommes pour les déesses, ou celui des dieux pour de simples mortelles. Mais ni l’amour, ni l’art de bien dire ne donnent une explication vraisemblable.

Si l’on fait attention à cette désinence -w; qui se retrouve dans Tià^pw; « l’oncle paternel », ar^pcoc « l’oncle maternel », yàXwç « la belle-sœur », on est amené à soupçonner une appellation familiale, un terme de parenté.

La première partie est la même que dans Yipt-ysvsta, Tjpt-0a)tf]ç, épithètes de Y Aurore. L’adverbe yjpi, locatif de eap, signifie ad libitum « au

LEXÏLOGUS.

printemps » ou « de bonne heure », lés mêmes mots étant employés pour marquer le matin du jour ou le matin de l’année . On peut rapprocher l’allemand früh et Frûhling. Mais il y a une troisième acception qu’il faut ajouter aux deux autres, et qui est ici la vraie : le matin des temps, c’està-dire l’idée que nous exprimons par « jadis, autrefois ».

Le héros , dans la langue homérique, c’est donc « l’homme d’autrefois, l’ancêtre. » Homère emploie le mot en son vrai sens quand, dans la Nèkxjia , il dépeint Ulysse ne pouvant se lasser de voir défiler les hommes des anciens temps, les héros.

Les vieux mots se conservent dans les formules toutes faites : sur beaucoup de tombes on trouve, même à une assez basse époque, r-pwç •^pylore xaS0£* signifie « ancêtre, aïeul », à

moins qu’il ne fût devenu un terme honorifique vide de sens.

De l’étymologie précédente, il ressort que l’esprit rude est d’addition postérieure. V. ïorcap.

Géocivoc.

KÉxXutÉ [A£l>, TïàvTSÇ T£ (kol Tlà'TOa TE 0£OUVOa.

L’Iliade présente deux fois ce féminin, qui, à première vue, peut sembler assez extraordinaire.

LEXILOGUS.

Il n’est pas difficile cependant d’en découvrir l’origine, laquelle, il faut le dire, n’est pas des plus relevées.

Le grec forme le féminin d’un certain nombre de noms d’animaux au moyen du suffixe -at,va :

xaupo;

xaTtpoava

Xùxoç

)xüxat.va

UÇ

uouva

ôpàxwv

o p axa (.va

Xstov

Àeoava.

Il est clair qu’il doit se trouver un chef de file. Je crois, en outre, que ce chef de file doit être luimême un nom d’animal. On sait que l’extension des suffixes est soumise à certaines règles. L’esprit populaire, lui non plus, ne procède point par sauts : il va de proche en proche, d’après certaines associations d’idées.

Le point de départ ne peut être un nom comme )iwv, Spàxtov. Ces mots, au féminin, auraient produit )iouo-a, Spàxouo-a.

Il n’y a, à ma connaissance, qu’un seul mot grec qui réponde, pour le sens comme pour la forme, à ce desideratum. C’est xûwv « le chien ». Kàwv a dû avoir anciennement un féminin xéaavx comme Xàxwv, tsxtcdv ont fait Xàxaiva, tsxtouvoc.

Le grec classique a abandonné ce féminin. Il dit

7| xûwv, ou bien xuvto-xr,. Mais la formation, comme on voit, avait eu le temps de se propager.

GépLaxsç « les lois ».

On devrait croire que l’idée d’un droit explicitement formulé n’existe pas dans la poésie homérique. Mais certains passages où il est fait une distinction entre oîxat. et Oéptors; peuvent faire soupçonner le contraire.

Dans l’Odyssée (IX, 215), on dépeint le Cyclope comme un être sauvage, sans connaissance du droit ni des lois :

aypiov, outs Sixaç eù eiooxa, oots QïiAiTTaç.

On trouve même tsç dans le sens où nous disons « payer des droits à l’Etat ». Dans l’Iliade (IX, 298) les ambassadeurs offrent à Achille sept belles et grandes villes, qui, sous son sceptre, lui paieront des droits fructueux :

Kat toi utto cr/ïÎTTpw XtTcapàtç xsAsoim Qépnaraç.

Le fait est intéressant pour l’histoire. On remarquera en outre que le mot, pour avoir pu se restreindre à une acception aussi spéciale, devait être déjà d’un usage ancien.

LEXILOGUS.

La déclinaison est très irrégulière. Nous avons d’abord le primitif Géjuç, subsistant dans la locution 0é [jliç scrxiv , laquelle correspond pour le sens — et probablement aussi pour l’étymologie — au latin fcis est. Où 0é.fnç est le pendant du latin nefas1.

A ce est venu s’ajouter le suffixe -toç. Héra, se plaignant d’Arès, dit qu’il ne connaît aucune loi :

oimva olSs 0‘IjHora.

Le génitif est d’une grande variété : on a les formes 0sp.(.oç, 0£[u8oç, 0£[utoç, 0£p.iTToc. Cette incertitude de la langue porte à penser que le mot était déjà d’un emploi rare hors de la locution 0é|uç

son*

Dans le panthéon homérique il y a une déesse 0éjjuç, au sujet de laquelle nous apprenons incidemment qu’elle avait des autels2.

GqXuTspai 0£<xt.

Cet emploi du comparatif est le même que dans alyaç àypoxépaç, Tjtnovtov àypoxep àtov. Toutes les fois qu’une idée de dualité se présente d’une façon plus

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