‹ Pour mieux connaitre HomèreChapitre 57 sur 72 · V. pi o-cpoc · texte numérisé non relu

V. pi o-cpoc

Noacfa.

-zpôq, aX£ pôc;, x^oç.

Ces trois mots représentent trois prononciations différentes d’un seul et même vocable, qui signifie « continent, terre ferme ».

Po^OsI yàp piya xGpa ttotI Çepov 7|Tcetpoio.

(Orf., V, 402.)

Ces mots n’ont rien de commun avec £yjpoç « sec ». Ce sont des dérivés du verbe iyw. Xepa-ovTjo-oç est

LEXILOGUS. ♦

une île qui tient à la terre ferme. ’Ev o-yspw signifie « continuement, sans interruption ». Dans ylpo-o.ç pour cryspo’ç, il y a métathèse. Le changement de (j x ou o-y en £ se retrouve dans o-xjXov qui a donné Çuàov, dans orxiyoç, qui a donné Çicpoç.

Le sens qu’a ici le verbe syto est le même qu’a parfois en français le verbe tenir : Cette langue de terre tient au continent. De même en grec : vt^oç syopievT) « île adjacente », ev toIç syopivoiç « dans la suite », tou syopivou stouç « l’année suivante ».

CH ôSôç.

Parmi les mots en oç qui, contrairement à leur désinence, sont du genre féminin, il y a r\ oooç, rj xiXeuQoç, r\ olpoc;, r, Tptêo;, qui tous quatre expriment l’idée de chemin ou de route.

Peut-être avons-nous ici un reste de ce qu’on pourrait appeler la tendance anthropomorphique de la langue. Le même tour d’esprit qui fait qu’encore aujourd’hui nous disons « prendre une route, embrasser une profession, une opinion, un parti », et qui faisait dire aux Latins amplecti dignitates , artem , virtutem , ce même tour d’esprit a pu suggérer l’idée du féminin pour une voie ou une

LEXILOGUS.

route qu’on choisit. Cf. en allemand : einen Weg ergreifen.

On demandera peut-être pourquoi les Grecs, pendant qu’ils y étaient, n’ont pas dit : r\ 6ùrh rt oljjlvj. Mais c’est qu’on a plus vite fait de changer l’idée que les mots. Quand les Romains ont commencé de se représenter l’Amour sous l’apparence d’un jeune garçon armé d’un arc et sous les traits de TvEpc»>ç grec, ils ont changé l’idée du mot latin Cupido. Mais ils ont gardé le nom, quoique nom féminin comme libido , dulcedo

Oïopou.

Les trois lettres initiales du latin avis « oiseau >. sont représentées en grec par oA,oï, aï, lesquelles sont restées dans ouovoç, aisToç. Nous les retrouvons dans oïojxat. Le sens est celui du latin au guror.

Le suffixe dont s’est allongé le mot dans ohovoç (cf. ulwvoç) a empêché la confusion avec oïç « brebis ».

Le sens de oïoj/m s’est généralisé, de sorte qu’après avoir signifié « présager », il a signifié « pressentir, être d’avis, penser ». Cette généralisation est déjà un fait accompli dans la langue d’Homère.

LEXILOGUS.

cOTxXoT£poc;? ôttXôtcxtoc;.

Ces adjectifs désignent les jeunes gens en âge déporter les armes. Ils nous laissent entrevoir une organisation analogue à ce qu’il y avait à Sparte et dans plusieurs autres républiques anciennes : la population est divisée par catégories. Les jeunes gens en âge de porter les armes (oTUÀOTepot.) forment une de ces catégories.

Il faut que l’expression soit ancienne, puisqu’elle s’est dépouillée de ce qu’elle avait de plus caractéristique, pouvant s’appliquer aux femmes, et qu’elle reste comme une simple désignation d*âge. Il y a là un indice qui doit être rapproché de celui que fournit le mot r\kwLa.

Sur le changement du substantif otîXov en adjectif, v. àypoTepoç.

3,OX6oç.

Ce mot, qui est souvent associé à ttXoutoç, s’en distingue quelque peu, en ce qu’il marque plutôt le profit, au lieu que tcXoutoç exprime la richesse. Je le crois de même origine que ocpsXoç. Le chan-

LEXILOGUS.

gement de © en 6 se retrouve dans <rupe6Xôç, de o-tp ézxo, dans yJëXv] pour xeœàXvj. La métathèse de oë'koç en olëoç est la même que dans l’espagnol olvido « oubli » pour obliclo.

Pour la succession des sens, v. ovéllto.

c,Oçtlç.

J’ai promis plus haut de donner pour ce mot quelques exemples représentant divers états de la langue; ces exemples sont en usage concurremment et ne permettent point de rien conclure sur l’antiquité de telle ou telle partie du texte.

1° Accusatif onvaç.

2" Accusatif neutre ao-o-a (pour obta),

5° Génitif singulier ottsu (pour ot/Vj).

4° Génitif singulier otsu.

5° Datif singulier otsco.

Pely. 3’ oiplyycoz oç A àv3pà<n ytyvsTat àXxrj,

7)ji.£v oTsotdtv xuooç UTréptepov eyy'jaXii;^ ,

TjS’ oTtvaç puvéG'fl ts xal oux £6éX^<nv àp.’jvsiv.

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