‹ Pour mieux connaitre HomèreChapitre 59 sur 72 · A, IV · texte numérisé non relu

A, IV

Aaa’ ays piot. tocs si ns xal aTpsxscoç xajàXsçov, Otctiti à7iSTî),àyy Qr4ç ts xal açTivaç ïxso ycooaç.

(Od., VIII, 572.)

OS0ap àpouprjç.

Au sujet de cette locution, qu’on traduit « la mamelle du labourage », se pose une question assez bizarre, mais qui n’est pas sans exemple :

LEXILOGUS.

l’image a-t-elle été choisie ou est-ce une métaphore suggérée par le langage?

On sait que le latin uber a deux sens : comme substantif, il désigne la mamelle; comme adjectif, il signifie « fécond », d’où uberrimus, ubertas et plusieurs autres dérivés. Une locution uber segetis, uber frugum peut s’autoriser de divers exemples et serait parfaitement correcte. Il se pourrait que la locution grecque ait été de cette dernière sorte. Ou9ap àpouprjç signifierait « riche en labourage » et n’aurait rien de métaphorique. Mais o59ap n’ayant survécu que comme substantif, la signification toute simple a été oubliée, et l’on a entendu dès les temps du théâtre grec comme nous traduisons aujourd’hui : « la mamelle du labourage ».

’OcjJÉXXco, Ô<f>£lXcD.

Le verbe ofèï'/M « augmenter, enrichir » et le verbe ocpsîXw « devoir, être endetté » paraissent être si loin par le sens — il est des langues où la sagesse populaire les oppose — qu’on est porté à les croire étrangers l’un à l’autre. Et, en effet, les dictionnaires en font des articles séparés. Cependant on ne peut guère douter de leur parenté.

Parenté n’est pas assez dire : si l’on fait abstrac-

LEXILOGUS.

tion du sens, il faut dire identité . La différence phonétique est la même qu’entre xtswio et xtsvvoj, entre cpQsipco et cpGsppco. De la forme primitive oseX/io, 1 ej s’est assimilé dans un certain dialecte, s’est vocalisé dans l’autre.

Mais comment expliquer la différence de sens? Buttmann et Benfey, qui admettent la parenté, supposent une ellipse. On aurait dit d’abord ^psloç ocpsXXst.7 <( nourrir une dette ». Puis, ypsloç ayant été sous-entendu, le verbe, prenant pour lui la valeur de la locution entière, aurait signifié « devoir ».

L’explication est ingénieuse : mais on en peut trouver une autre qui n’oblige arien sous-entendre.

Voyons d’abord ce qui concerne ocpsXXw. Le sens « augmenter » n’est pas douteux. Homère, en parlant d’un cheval de course, dit que son ardeur augmente à mesure qu’il approche du but :

oc ps)v£TO yap pivo; rfi 'Ittjtou

Dans un récit où il est question d’une maison dont les biens s’accroissaient rapidement :

al A a 0£ oixoç ocpéXXsTO.

(i Od XIV, 235.)

LEXILOGUS.

C’est encore l’idée d’augmenter que nous trouvons en ce vers, où il est parlé d’une tout autre augmentation. Agamemnon a offert un sacrifice à Zeus, mais le dieu, tout en acceptant le présent, augmente le poids peu enviable de l’épreuve :

’AàX’ oye oexTO pièv Ipà, tîovov g’ àj/iyàpTOV oçsXXev.

Les commentateurs expliquent par vjçavsv.

Voici enfin un vers où il est dit que Zeus élève les uns, abaisse les autres, et où ocpsXXco est opposé à pAvéOto :

Zsuç G£ TipiTjV aVôp£<7<nV 0r ûèXkzi T£ T£ .

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