‹ Pour mieux connaitre HomèreChapitre 72 sur 72 · IL, II · texte numérisé non relu

IL, II

La matière des métaphores étant fournie par la nature, il n’est pas étonnant que, sans l’avoir cherché, deux langues, à des époques très éloignées, se rencontrent dans une même expression figurée. Si, avec cela, les deux langues viennent d’une souche commune, il peut se produire des coïncidences étranges . . .

Xôpoç, ôpxéopou.

Ces deux mots dérivent d’une origine commune. Ils présentent le même déplacement du p que dans

LEXILOGUS.

xpàxoç et xàpTspOs, TcspGto et eTupa0ovt spyov et péÇto (pour ply/co). Mais yopc'ja) et opy^cnç sont déjà devenus à peu près aussi étrangers l’un à l’autre que peuvent l’être en français chœur et orchestre.

xpn-

C’est l’idée de l’utilité qui domine dans ce mot et qui, par une transitioi} facile à comprendre, conduit à l’idée de convenance et de devoir1. Achille (/h, I, c216), répondant à Athéna, dit qu’il convient d’obéir à ses ordres, même en dépit de la colère : car cela vaut mieux.

XpTj [JL£V <7<püKT£p6v Y£, 6sà, £71 OÇ eipV<J<7CIL<J§Ca,

Kal ptà),a 7zep Q'jy.(p x£yo).topi£VOV • coç yàp api e./ov.

Par cette idée d’utilité ypv) se rejoint à ypaop-a». et à ypr^a, ainsi qu’à ypyioroç, yp£ta, yp£tt> et ypr^co. Cette famille est trop nombreuse et trop touffue pour que nous puissions en faire ici une étude détaillée : il y aurait lieu notamment pour chaque terme d’examiner comment il a subi l’influence des mots congénères, sur lesquels il agissait de son côté.

1. La même transition s’observe pour ocpsXXw, dcpei’Àto (v. ce mot).

LEXILOGUS.

On doit penser à quelque ancêtre de sens concret, et cet ancêtre existe en effet : il n’est autre que y-eîp, plus anciennement ysp, « la main »\ Le latin ayant adopté, pour désigner la main, un autre terme, a aussi renoncé à ces dérivés. Mais il montre comment l’idée d’usage conduit à celle de nécessité par des locutions comme usus est, opus est.

Xpôvoç.

L’idée abstraite du temps n’était pas facile à exprimer. Les Latins ont pris le nom qui désignait la température ( tepeo , tepor, tempus). De leur côté, les Grecs ont nommé le temps d’après l’idée de « consumer » et « d’user ». Le temps est la puissance qui use toute chose.

Le verbe ypodvw « user » a fait ypôvoç, comme xpoâvw « gouverner » fait Kpôvoç « le chef, le maître ».

C’est d’après la même idée que les anciens Perses ont appelé le temps zrvan « celui qui use ».

Mais le souvenir de cette étymologie s’est vite perdu. Il est déjà effacé à l’époque homérique, et

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