LETTRE-PRÉFACE
Cher Monsieur Messein,
Vous désirez donner aux bibliophiles une édition du Discours Pour les Eglises. Je vous y autorise bien volontiers. Vous dirigez une maison qui a ses titres dans l'histoire des jeunes lettres françaises, dans les annales de la littérature indépendante, généreuse, audacieuse ; vous êtes le successeur de ce fameux Léon Vanier, éditeur et ami de Verlaine; il est très bien qu'ayant une telle tradition vous apportiez votre effort en faveur des églises. Je n'ai rien fait qu'avertir un peu l'opinion : tout reste à faire et tout dépend de la force, de la clarté et de la continuité avec laquelle les Français, amis des édifices de la vie spirituelle, exprimeront leurs angoisses et leurs volontés. Que tous les amis de l'Esprit se rallient contre la Bête. Il ne s'agit pas de défendre les églises au nom de l'esthétique, mais au nom de la vie intérieure de