‹ Pour réduire le coût de la vie [microforme]Chapitre 2 sur 9 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

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Monsieur le Président,

Messieurs,

Avant d'entamer une dissertation sur le sujet qui préoccupe pour ainsi dire presque tout le monde, en ce moment-ci, “le coût de la vie”, je tiens à offrir mes remerciements aux hommes dirigeants de cette Chambre et en particulier à M. le Président et aussi à M. J.-T. Armand, qui s’est fait en quelque sorte mon interprète, pour obteni que j'en parle ici et à l’occasion que je soumettre un projet de coopération, lequel, s’il était mis en pratique, soulagerait pour le moins une bonne partie de la population et spécialement les travailleurs qui ne peuvent plus boucler leur budget, aux prix où en sont rendus les produits et leurs dérivés.

Je n’ai pas la prétention d’avoir trouvé un remède infaillible à tous les inconvénients que provoquent actuellement le coût de la vie, il en est tant en dehors de notre controle immédiat que ce serait tenter une chimère que d'espérer pouvoir tous les résoudres. Néanmoins, il en est que nous pouvons assez facilement combattre e. par suite atténuer considérablement avec de l’union, de la bonne volonté et du désintéressement.

De l’union, en faisant partie d’une Société économique ; de la bonne volonté, en s’efforçant de donner tout son concours et surtout son encouragement ; du désintéressement, en mettant en pratique l'effort de chacun pour le bien de tous.

C’est en acceptant et encore plus en pratiquant ces trois règles de principes, nous citadins de la Métropole, que nous résoudrons avantageusement le coût de la vie dans l'avenir.

Dites, si vous voulez, que la qu. ition est difficile ou que ce n’est pas une mince affaire à entreprendre, j'en suis, mais de grâce ne dites pas qu’elle est en disproportion de nos capacités, de netre compétence et de notre courage, car alors, ce serait mentir, admettre même que nous sommes indignes et avec nous notre nationalité, qui pour être quelque peu arrièrée, dit-on, en vaut bien une autre ou sinon du moins dans ses origines et que par conséquent nous n'avons besoin que de se mettre à l'oeuvre conjointement et solidairement pour mener à bien cette entreprise.

Certes, vous devez me trouver bien hardi d'en provoquer comme cela, la discussion, qu”nd nos économistes les plus versés en affaires et en science, n'ont encore à peu près rien trouver ou sinon du moins encore rien fait pour en atténuer les conséquences, qui deviennent d'autant plus fortes que le re.nède se fait toujours attendre.

Je sais que le sujet est délicat et que c'est en partie pour cette raisoi| que nos savants n’osent guère l’aborder, craignant à la fois d'assumer une trop grande tâche pour le résoudre ou de changer l’état de choses actuelles qui profite cepenaant à quelques-uns.

Au point de vue de la tâche à entreprendre, ils n’ont peut-être pas tort, en ce Sens qu'ils risqueraient peutêtre, en effet, de parler dans le désert ou pour le moins, dans un champ encore peu disposé à entendre discourir sur diverses inonvations économiques, ayant surtout pour but d'émanciper et par suite soustraire le consorimateur de la pieuvre qui le tient, le suce même de ses différentes tentatules. Il n’en est pas de même pour la crainte de déplaire à ces quelques-uns, qui en profite, à notre détriment, attendu que tout individu se doit à son pays avant tout et par conséquent pour l'intérêt général et non pour toujours offrir en appat le plus petit au plus gros, le plus faible au plus fort, afin que celui-ci en devienne à la fois plus dodu et plus exigeant au fur et à mesure du progrès de son embonpoint, lequel provoque le paupérisme et les maux qu'il engendre, qui mène même au bolshévisme ou à la révolution, quand on y voit pas assez vite pour en prévenir les effusions.

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C'est ce à quoi les économistes et mêmes les chefs ouvriers de notre temps nous ont acculés, en ne faisant pas marcher de pair la question économiqne et celle du Travail, et c’est pour y remédier que je viens demander à votre Chambre, comme à toutes les institutions qu'intéressent les questions sociales, de me prêter leurs con- Cours, pour organiser une Ligue d'encouragement économique, qui permettrait de controler jusqu’à un certain point le marché des produits alimentaires et même des vêtements et nous le pouvons messieurs, si à partir d’aujourd’hui nous voulons en prendre les moyens, y mettre chacun l'épaule à la roue et faire de la coopération, comme en font ceux des pays qui sont déjà pratiquement organisés. Je n’en veux que la preuve du succès relatifs qu'en obtiennent les unions ouvrières, dans leurs justes revendications. Au point de vue économique, il en serait ainsi et pour le bien de tous, comme pour le progrès de notre pays.

. J'ai déjà dis que nos économistes, à moins que ce soit nos politiciens, se sont jusqu'ici contentés de nous offrir en pâture et comme de bons enfants, nous nous sommes laissés faire, autrement dit, nous nous sommes toujours laissés plumer, sans demander la moindre compensation. Seulement, à force de se faire plumer, on vient à avoir l’épiderme sensible, sinon même irritée et si aujourd’hui le peuple eri et deirande, sous forme de surplus de salaire, cette compensation, qu’il n’a pas encore dans la dépense du fruit de son travail, c’est qu’alors personne ne s’est suffisamment occupé de lui à ce dernier point de vue etc’est aussi pourquoi l'harmonie règne si peu entre le Capital et le Travail, tous deux pourtant égale-

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ment intéressés à marcher, je dirai même les plus intéressés à marcher ia main da: la main, soit en s’associant ou en s’aidant mnutuellement, tant au point de vue du coût de révient des articles manufacturés par le Capital que pour la manière que s’y prend le consommateur et partant l’ouvrier pour dolls plus ‘économiquement ce qu'il gagne.

À quoi servent, en effet, ces augmentations de tra.tements ou d’indemnités, si à l'instar des Gouvernements ou des Commissions qu’ils nomment, l’on ne prends pas les moyens de pourvoir plus économiquement à la vie, en un mot, si l’on permet sciemment aux accapareurs de tout acabit, de faire du coût des produits alimentaires, un jeu de hasard, un poigne qui peut, quoi |

L'ouvrier qui obtient un surplus d'émoluements améliore-t-il sa situation, rend-t-il sa position économique meilleure, quand les circonstances ou par re’’ésailles on l'oblige de s’en départir en payant plus chers les pr'duits qu’il achète, attendu que le Capitalist: industriel ou manufacturier, fait comme le propriétaire d’une maison, si la municipalité augmente ses taxes, il se reprend invariablement sur le locataire et voilà, dans un cas comme dans l’autre, le problème reste le même, avec cette différence peut-être, que le propriétaire d’une maison peut demander et parfois obtenir des réformes économiques d'administration, tandis que l’ouvrier ou le Travail, lui, ne peut que prendre les moyens d’en faire chez lui en s'organisant de façon à donner son encouragement qu’à bon escient, c’est-à-dire, que là où il trouverait quelqu'un qui en tiendrait compte, qui lui donnerait en retour, sous forme de coopération, l'équivalent de ce qu’il denne au-

jourd'hui en pure perte aux spéculateurs à commission ou autres, d'où l'idée qui m'est venue d'organiser une Ligue d'encouragement économique sous les auspices du Capital et du Travail, avec le concours des hommes les plus en vue de la Métropole.

Ces augmentations de salaires demandés et parfois obtenus par l'ouvrier, seraient profitables à celui-ci et partant pour le capitaliste, bien intentionné, qu'en autant que le mal ne changerait pas de place seulement, c'està-dire, que le surplus de salaire accordé par ce capitaliste, n’aille pas emplir la poche du spéculateur, qui lui, n’a pas à installer une coûteuse organisation mécanique ou autre, nécessitant, comme on le sait une forte avance de capitaux. Je prétends donc, que si l’ouvrier ou le Travail ‘eut améliorer sa situation, il ne doit pas se contenter d'organiser ses forces dans le seul but de faire des grêves, mais qu’il doit, avec le capital, trouver un moyen de vivre plus économiquement. S'il ne fait pas cela, non seulement le capitaliste n’en aura pas le bénéfice indirectement, mais de plus celui-ci aura alors raison de se récrier et lui dire, tu me demandes par tes unions que je fasse des prodiges de merveille, pour produire le plus économiquement possible afin de lutter avec avantage contre mes concurrents et de plus que j'augmente tes émoluements et, toi tu ne fais rien de ton côté pour que mes efforts, ces augmentations n'aillent pas se perdre sans profit pour toi, dans la poche, de l'entremetteur, sous toutes ses formes, non pas de celui ou de ceux qui font un commerce ou du courtage pour en recevoir uñe juste compensation, mais de celui ou de ceux qui entassent des marchandises, en laissent même se gâter et se perdre, pour mieux exploiter ceux qui en ont besoin pour

vivre. C'est surtout contre ces hommes qu’il importe de s'organiser économiquement et je n’entends pas parler qu'on a l'intention nul part de leur faire de la misère, qui reste notre sort en attendant.

Et pourtant, aucune personne et en fut-il, qu'aucune loi, ne nous empêche de s'organiser pour que cet état de chose cess” ! Vous vous demandez sans doute, comment j'entends m'y prendre et comme de raison, vous êtes peut-être aussi tentés de vous demander si je n'ai pas l'intention d’en appeler à votre générosité, en un mot, de faire appel à votre bourse, pour constituer un moyen remédiateur.

MOYEN REMEDIATEUR

A cla, je réponds oui et non, car chacun est libre, ai-je besoin de le dire, de souscrire ou ne pas souscrire et cependant de faire partie, quand même, de mon projet, sinon au même titre, du moins à titre d’aspirant, car j'y mets cette différence, que j'espère vous trouverez juste.

D'abord, laissez-moi vous expliquer, sans entrer dans les détails, comment j'entends faire fonctionner cette Ligue d'encouragement économique et surtout comment j'entends m’y prendre pour en faire une institution pratique, désintéressée et profitable, tout à la fois. Voici :

En attendant que la Ligue, ait ses propres magasins et entrepôts, mon intention est d'inviter ses membres, d'acheter autant que possible des marchands ou des sociétés coopératives, avec lesquels la Ligue prendra une entente d'affaires, c'est-à-dire, un engagement de les encourager, moyennant un pourcentage de remboursement d’après factures d'achats. Ces marchands, pour

avoir l’encouragement des membres de la Ligue, s'engageront de rembourser à celle-ci, disons : soit de 5 à 10% du montant du prix d'achat, sur toute marchandise achetée chez eux, suivant arrangement a cet effet. Une entente pourra être prise avec des marchands dans toutes les parties de la ville. Néanmoins, pour être rembourser dans la proportion du pourcentage convenu, les membres de la Ligue seront tenus de garder précieusement leurs factures pour les transmettrent à la Ligue, de temps à autre, afin que celle-ci les présentent aux différents marchands, pour remboursement, suivant pourcentage convenu. Nous donnerons à chaque marchand, faisant partie de notre Institution, une carte d'identification, susceptible d’être affichée à la porte ou dans une place bien en vue dans le magasin. L'acheteur membre de notre Ligue, n’eura besoin de laisser voir aucune preuve chez le marchand, pour acheter ce qu'il voudra et avoir quand même son pourcentage par l'entremise de la Ligue, en lui ap’ nrtant ses factures. C'est dire que chaque personne ou contribuable pourra acheter comme il le fait aujourd’hui, avec cette différence qu’en achetant des marchands de la Ligue, il aura un rabais de 5 ou 10 pour cent, suivant arrangement ou pourcentage obtenu de la part des marchands.

Un livret des noms et adresses des marchands à encourager—je dis des marchands, mais je pourrais aussi mentionner l’homme de profession, le dentiste ou n’importe qui vivant de l’encouragement du peuple et spécia* lement de i’ouvrier—sera publié et donné à chaque membre de la Ligue et au besoin, revisé ou augmenté

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