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Pour refaire la race

La méthode naturelle d'éducation physique est connue vaguement de tout le monde depuis que, après la presse sportive, la grande presse a porté à tous les échos les merveilleux résultats obtenus par M. Hébert à l'École des fusiliers marins de Loiïent d'abord, puis à l'École des pupilles de la marine, à l'École des mousses et dans toute la marine, plus tard au Collège d'athlètes de Reims, dû à la munificence du marquis de Polignac, et enfin, pendant la guerre, dans toute l'armée française, où cette méthode s'est imposée par la force des choses, mais où, malheureusement, elle ne pouvait être appliquée dans beaucoup de cas que d'une façon très imparfaite.

Au moment où l'éducation physique semble devoir être développée dans nos établissements d'instruction, il y a un grand intérêt à ce que les éducateurs, les jeunes gens, les jeunes filles, les familles aient une vue très nette de ce qu'est la méthode Hébert et sachent on quoi elle se distingue des autres, pourquoi elle leur est supérieure et pourquoi elle est sortie triomphalement des épreuves comparatives qui ont eu lieu à Joinville, d'abord, puis aux séances d'application du Congrès d'éducation physique de igi3. La brochure de Paul Vuibcrt les éclairera complètement. Elle donne aussi des indications sur le développement pris par la méthode pendant la guerre et depuis. Bien que l'enseignement de Joinville se soit modelé sur celui de. M. Hébert, il reste entre les deux une différence d'esprit qui empêchait le premier de s'adapter aux nécessités de la guerre. Le Grand Quartier

Général a fait établir par les commandants d'Armées une comparaison entre les deux méthodes qui a été tout à l'avantage de la seconde. Le questionnaire etles principales réponses sontreproduits dans la brochure, ainsi que la conclusion du G. Q. G.

Quant aux hommes mêmes repétris des mains de M. Hébert, ou sous sa direction immédiate, voici en quels termes M. Henry Chéron, rapporteur du projet de loi sur l'éducation physique, -a parle d'eux, au Sénat, en juillet 1920 : « Comment ne pas rendre hommage, en effet, à l'admirable effort accompli dans le domaine de l'éducation physique par de véritables apôtres tels que le commandant Hébert, qui a fait de ses fusiliers marins les hommes les plus souples, les plus robustes et les plus courageux de France. (Très bien! Très bien!) » Allusion à l'œuvre surhumaine accomplie par ces héros à Dixmude, où ils se sont immortalisés. Le lieutenant de vaisseau Hébert y a été grièvement blessé à la tête de sa compagnie. L'ordre du jour du 12 décembre iqi5 du ministre de la Marine porte qu' « aucune troupe ne fit ce qu'ils ont fait ». Ils furent les premiers soldats du monde. C'est que plus des deux tiers de ces hommes avaient subi l'entraînement complet par la méthode naturelle.

Quand l'éducation physique sera organisée, c'est cette méthode qui refera notre race. En quoi consiste-t-elle ? Le voici, en gros : Nous sommes faits pour marcher, courir, sauter, grimper, lancer, porter, nous défendre, nager! Si nous faisons tout cela, nous menons la vie naturelle; tous les muscles de notre corps remplissent leur fonction, tous, par conséquent, ont le développement que leur a assigné la nature. Physiquement, nous sommes parfaits, nous sommes des athlètes (1). Or, la civilisation ne nous permettant pas de mener la vie naturelle, M. Hébert a imaginé de nous en procurer le bénéfice par ce qu'il appelle la méthode naturelle. Trente-cinq minutes par jour d'exercices savamment combinés y suffisent. Pas d'appareils, pas d'agrès, presque rien comme installation. Une piscine est désirable; à défaut, on laisse de côté la natation. Les exercices se font le plus possible au grand air et à la lumière et dans un costume sommaire, car ces deux facteurs, air et lumière, ont sur l'orga-

(1) Ce mot prête à confusion dans l'esprit de beaucoup de personnes, qui se représentent un athlète comme un hercule de foire, avec de gros bras noueux, et par conséquent très disgracieux. Ici, on prend le mot athlète dans son sens propre. Il s'applique à une personne, de l'un ou l'autre sexe, complètement développée, apte aux exercices du corps, en un mot normale, comme nous devrions tous l'être, comme nous le serions tous si la méthode naturelle était enseignée partout. Gomme cette méthode, où prédominent les exercices de vitesse, tend à former des muscles longs et fins, et non des muscles gros et courts, les types produits sont très harmonieux.

nismc une action d'une grande efficacité. Les hommes el les enfants se contentent généralement d'un caleçon. Les dames et les jeunes filles portent un court pantalon et une tunique grecque flottante, les bras et les jambes restant nus. S'il fait très froid, on ajoute un chandail.

On s'endurcit très vite. Adieu les rhumes et les bronchites. On devient fort, le corps devient beau, on jouit de la pleine santé. Le caractère s'améliore et l'on voit la vie en rose. Le goût de l'action naît, si on ne l'avait pas. On devient énergique, on se sent capable d'entreprendre de grandes choses.

La guerre ayant été une grande école d'application de la méthode Hébert, la cause est gagnée parmi les hommes, et le nombre de moniteurs masculins est considérable. Restaient les femmes, pour qui les exercices physiques ont plus d'importance encore que pour les hommes. M. Hébert s'est occupé d'elles et a formé une remarquable école de monitrices, à laquelle peuvent s'adresser les municipalités qui veulent créer des stades et les écoles qui adoptent la méthode et qui ont à faire former leurs propres monitrices.

Cette méthode a été introduite à l'Ecole normale supérieure de Sèvres en 1919, et déjà, à la rentrée de 1920, une Sévrienne qui venait de quitter l'Ecole obtenait de la directrice de son lycée que la méthode y fût mise en application. On la suit également au lycée de Sèvres, créé l'année suivante.

Les leçons féminines de M. Hébert ayant été données à Neuillysur-Seine pendant quelques années, la méthode y est particulièrement connue. Il s'y est ouvert, en octobre 1919, une institution déjeunes filles, l'Ecole La Fayette, où, anticipant sur la loi attendue, on a réservé à l'éducation physique la place qui lui était due. Directrice (agrégée), professeurs et élèves rivalisent d'ardeur dans l'application de la méthode naturelle. Toutes les fillettes sont transformées. Cette école nous offre en petit l'image de la cité future, où chacun, remplissant son « devoir physique quotidien », conservera jusqu'à un âge avancé la force, la santé et la beauté.

in 2011 with funding from

University of Toronto

http://www.archive.org/details/pourrefairelaracOOvuib

La ^Méthode nalurell

du Lieutenant de vaisseau HÉBERT

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PAUL VUIBERT (1887-1914)

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du Lieutenant de vaisseau HEBERT

exposée par PAUL VUIBERT

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