‹ Pour une épingle: légende (volume 2)Chapitre 4 sur 22 · L'ENTRÉE DANS LE MONDE · texte numérisé non relu

L'ENTRÉE DANS LE MONDE

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Je fus chargée avec quelques millions de mes compagnes sur une voiture rapide, et nous fûmes vendues comme des esclaves discrètes au service des civilisés. La caisse qui nous servait de prison fut ouverte dans un élégant magasin, et nous fûmes disposées avec art dans de vastes coupes de cristal. On vendait aux belles dames des parfums, des gants, des rubans et des épingles pour en relever les nœuds. Une femme de chambre, après une longue conversation avec l'irréprochable commis préposé aux épingles, me prit ep riant dans la coupe de cristal, m'attacha à son fichu, et c'est ainsi que je fus transportée dans un hôtel brillant du quartier de la chaussée d'Antin.

GRANOECR ET DÉCADENCE'.

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Quel luxe et quel faste ! en traversant cette cour d'honneur; en examinant l'éclat de ces peintures, de cet or, de ces riches tentures qui décorent Fhôtel, la splendeur de ces salons, de ce mobilier de prince, je me souviens de ces cent misérables artisans qui ont réuni leurs efforts et leurs veilles pour que je fasse cette entrée triomphale, sur le sein d'une chambrière, dans les salons dorés.

— Vite, Julie ! cria une voix perçante du fond d un boudoir tendu de soie. Et ce ruban, vous l'avez donc fait faire?

— Le voici madame; si vous saviez combien on a de peine à rassortir,

— Taisez-vous, mademoiselle, et donnez-moi une épingle.

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