GRANDEUR ET DÉCADENCE
Julie, en toute hâte, me détache de son fichu et me passe à sa maîtresse, tournée vers la glace avec la plus grande application.
Je fus placée avec art pour soutenir le plus gracieux nœud de rubans, sur le cou de ma belle maîtresse. Elle partait à l'instant; la voiture attendait. Quelle charmante destinée pour une nouvelle débarcjuéel que de choses curieuses j'allais voir et entendre ! Le valet de pied ouvre la portière, et nous partons.
Mais, au milieu de la cour, ma maîtresse se penche pour donner un ordre, et me voilà tombée, oui, tombée entre deux pavés de la vaste cour. Il y avait là un grand mouvement d'allants et venants, et, autant que je pus le deviner, de vastes bureaux où travaillaient de nombreux commis recevant et payant de l'argent, car tous ceux qui entraient portaient de grands sacs d'écus ou des portefeuilles qui paraissaient bien garnis.
Ma tête était restée sur le bord du pavé et je pus voir et observer un jeune homme au maintien modeste, à l'air doux et grave, qui venait d'entrer dans la cour, puis parut réfléchir, puis fit quelques pas en arriére, puis enfm reprit son courage