PAR
Urbain GOHIER
M. Déroulède et. Rothschild.
Dans la préface ‘du Réveil, j'ai dit que les. Rothschild, qui subventionnent tant de politiciens d'opinions diverses, avaient subventionné M. Déroulède.
Pendant toute la durée de l'affaire Dreyfus, — alors que M. Déroulède, entouré du Juif Arthur Meyer, du Juif Edmond Blanc et des dix-neuf Juifs du Gaulois, nous accüsait d’être vendus aux Juifs, — j'avais dit et répété la même chose.
M. Déroulède n'avait rien répondu.
Au second procès Zola, dans un incident violent qui occupa la suspension d'audience, devant quelques centaines de personnes, je criai aux oreilles de M. Déroulède ce que J'avais écrit tant de fois.
M. Déroulède n’entendit pas.
Treize ans ont passé.
L’allusion contenue dans le Réveil a ému de jeunes amis de M. Déroulède, qui ont réclamé des explications. Je les ai priés de ne pas substituer à leur chef.
M. Déroulède m’a alors adressé (17 novembre) MM. Gauthier de Clagny, Marcel Habert et Dumonteil, qui m’ont demandé si j'avais
personnellement une preuve de la contribu- - fion Rothschild.
J'ai répondu que non.
- M. Déroulède alfirme qu’il n’a rien reçu des Rothschild et que lé soupçon même en est - absurde.
Entendons-nous.
- Je n'ai jamais pensé ni écrit que M. Déroulède eûtreçu pour lui-même des subsides juifs. - Tout le monde sait que M. Déroulède a sacrifié - une partie de sa fortune à sa propagande. On l'envie d’avoir eu les moyens d’agir, c’est-àdire de vivre; on ne l’accuse pas d’avoir - exploité pécuniairement sa cause; on rend hommage à son désintéressement.
Mais M. Déroulède est un homme politique, un chef de parti ou de faction.
Et j'ai lu, comme tous les Français de ma
Génération, dans le Testament d'un Antisémile (Edition de-1891, p. 91..et suiv.)
- Lorsque M. Déroulède est venu fulminer contre » Les Juifs à Neuilly, prononcer un discours qui était = pius vioient que le mien, il savait à quoi s’en tenir Sur la question sémitique.…
... Quelques Semaines après le discours de Neuilly, Déroulède venait au Gros-Caillou déclarer, avéc ies mêmes gestes, les mêmes intonations, la même passion apparente, que l'antisémitisme était la honte de notre siècle, que les Juifs étaient le modèle de toutes les vertus, ét que ceux qui les attaquent tenaient un langage indigne d'une époque civilisée.
Que s’était-il donc passé?
Naquet avait entamé une de ces négociations
: É. louches dans lesquelles il est incopAFADIE , et » : Rothschild avait donné 200.000 francs aux Boulan-
. gistes pour les élections municipales, à là condi-
tion que les candidats ne se placeraient pas surle terrain antisémitique.
Sans doute Déroulède niera le fait...
Le fait des 200.000 francs versés parles Rothschild n’en est pas moins connu de tous dans la Ligue des® Patriotes. La-duchessé d'Uzès y a fait allusion dans w une interview. Un membre zélé de la Ligue de Déroulède, investi par le général, à été combattu # en dessous par le « Comité national + parce qu'il u se présentait neltement comme antisémite.
Je n'accuse pas Déroulède de s'être vendu; « d'avoir mis cet argent dans sa poche; chacun … sait qu’il. a sacrifié une partie de sa fortune à ses idées.
Seulement il lui est arrivé ce qui arrive à tous les hommes politiques : il a eu besoin d'argent pour continuer la lutte, et il a passé sous les fourches caudines des Juifs.
Dans une récente polémique, le Juif Naquet s’est hautement vanté d’avoir été imposé au Comité boulangiste par Israël, pour arrêter.
les velléités d’antisémitisme. Il a ainsi confirmé ce que révélait Drumont vingt ans plus tôt. .
Et la duchesse d’Uzès est toujours là comme témoin.
Que M. Déroulède ait reçu personnellément .
là sportule de Rothschild, personne ne Fx.
supposé. Mais le parti dirigé par M. Déroulède : a reçu de Rothschild 200.000 francs pour une campagne électorale, à condition d’abandonner l’antisémitisme : voilà le fait.
Or, à l’heure présente, c’est une question de vie ou de mort pour la nation française d’abattre la puissance juive. Et comment combattre la puissance juive, quand on a profité des sub-: sides de Rothschild?