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GARNOT ET DANTON

Garnot n'éprouvait aucune sympathie pour Danton, Jioœnie violent et théâtral^ ni surtout pour son entourage.

Mais quand l'arrestation du grand tribun fut proposée au Gomilé de Salut public, il combattit avec Robert Lin- (let celle mesure imprudente. L^ancien ministre Pache, qu'on avait appelé pour le consulter, parla aussi on faveur de Danton. Quant aux paroles de Garnot que nous allons citer, elles ont été conservées peir Garnot lui-même.

« Vous accusez Danton de trahison et vous n'avez pas une preuve contre lui. Nul n'est à l'abri de soupçons calomnieux, et je n'entends alléguer ici que des soupçons. N'élevons pas de querelles sanglantes entre les hommes qui ont travaillé ensemble à fonder la République. Ges proscriptions sont plus dangereuses pour elle que les conspirations mêmes que l'on prétend punir. Songez-y bien, une tète comme celle de Danton en entraîne, beaucoup d'autres. Sans doute vous êtes assez puissants pour envoyer à la mort celui qu'il vous plaira de désigner. Mais si vous frayez le chemin de l'échafaud aux représentants du peuple, nous passerons tous successivement par ce même chemin. »

Tout en tenant tête à Robespierre dans les Conseils, au risque de sa vie, Garnot s'opposa longtemps à ce que la querelle dégénérât en combat meurtrier (1).

(I) Hippolyte Camot, t. i, p. 375,

ANECDOTES ±'i\

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