AU LECTEUR
« Pour vaincre ». ['/>, opinions et pensées de Lazare Car^op, l'oi'ijanisateur de la Virloiri% suivies de quelques anecdotes.
C'est le titre du livre. 11 synthétise et notre but, et le plan que nous avons adopté.
Notre but, c'est de montrei- cuinmcuL l'homme de jit' nii', ([iii prit sous la (Jonvenlioii la direction de la guerre el la conserva sous le Direcloire, sut concevoir, commander, se l'aire obéir et organiser la victoire, prenant la responsabilité de ses ordres et veillant à ce (juils fussent l'xé'cutés.
Notre but, c'est de taire revivi-e l'exemple agissant de ce que peut faire une volonté [énei'giquement tendue dans la ))ensép unique de ^iiiiver in b'raace pur f,i victoire.
Notre but, c'est de témoigner qu'en d'autres heures, plus trouJDlées que celles que nous traversons, les hommes politiques ont eu le respect de celui qui avait assumé sur ses épaules le poids écrasant de l'organisation de l'armée et de la défense, le respect de son travail, le respect de ses veilles, le respect de son temps si utilement rempli. '^
Notre but est, dans une modeste sphère, d'aider à l'organisation des forces morales qui contribuent au succès.
Le plan de ce livre est aussi tout entier dans le titre.
Première partie. — La vie de Carnot. — Entendons par là la narration détaillée de sa vie militaire, agrémentée d^esquisses rapides de l'homme politique, du philosophe, du penseur et du savant.
Nous avons à dessein laissé dans l'ombre certaines phases de son existence : son premier exil après le 18 fructidor, sa retraite studieuse sous l'Empire (1804 à 1814) consacrée à de beaux travaux de mathématiques (géométrie, calcul infinitésimal et mécanique), son second exil après la restauration des Bourbons (1815 à 1823) oii il fut accompagné jusqu'à la fm de sa vie par son plus jeune fils Hippolyte Carnot.
Nous aurions pu mettre en relief le contraste entre, d'une part, les deux chefs des émigrés Louis XVllI et son frère le comte d'Artois, le futur Charles X, et d'autre part le grand patriote^ qui, resté à Técart pendant la période triomphante de l'Empire, revint mettre son épée et son expérience au service de la France en danger, quand l'astre de Napoléon subit l'éclipsé.
AL' LECTELR XVII
Nous aurions pu montrer Timportance qu'eurent en J814 et en 181 o le « Mémoire au roi "» et « l Exposé de la conduite yolitique du lieutenant-général Carnot de juillet iSJ4 à juillet JSi5. »
A dessein, nous ne l'avons pas fait, ne voulant pas distraire l'attention du lecteur de ce qui faisait l'objet même de notre étude : la mise en lumière de la figure militaire de Lazare Carnot.
Deuxième partie. — Opinions et pensées. — Il nous a paru utile de grouper sous des paragraphes, ayant entre eux un lien de parenté, les pensées et opinions du savant, du philosophe, du militaire, de l'homme politique.
Nous sommes convaincus d'apporter ici une contribution très intéressante à la divulgation des idées du grand Carnot.
Troisième partie. — Quelques anecdotes. — Nous les avons empruntées, ainsi qu'un grand nombre des Tf'cits et des appréciations aux « Mémoires sur Carnot, par son fils » .
Hippolyte Carnot, qui avait été le confident de son père pendant toute la durée de sa proscription et qui fut, plus tard, député depuis i'839, Ministre de l'Instruction publique en 1848, membre de l'Assemblée Nationale en 1871 et ensuite Sénateur et membre de rinstitut, ne cessa d'occuper les loisirs d'une existance bien remplie, à l'étude approfondie de la Révolution française, dont il écrivit l'histoire, et des hommes qui y avaient joué un rôle important.
Empreint de la plus haute élévation d'esprit, son ouvrage porte la marque d'une recherche constante de la
XVIIl POUn A'AINC.ISE
vérité et d'une équité remarquable dans Tappréciation des faits et des hommes.
Il Ta, dans une admirable préface, écrite en 1859, dédiée à ses deux fils, alors simultanément élèves de l'Ecole Polytechnique : l'ainé Sadi, qui fut Président de la République de 1887 à 1894 et qui arrivait au terme de ses fonctions lorsqu'il tomba sous le poignard d'un sectaire ; et le cadet Adolphe, savant ingénieur des mines et chimiste, membre de l'Institut à qui nous dédions à notre tour cet ouvrage, résumé de l'œuvre immortelle de son aïeul, Lazare Carnot, l'Organisateur de la Victoire.
(Jmarlios Matiiiot.
Pari^ ce /^'' juin 1916.