CARNOT SAUVE MONTALEMBERT ET D\\R(;ON
Carnot s'était aussi donné pour collaborateurs, en les abritant contre la tourmente révolutionnaire, plusieurs officiers de haut mérite, dont la réputation remontait à
l'ancien régime
Le marquis de Monlalembert, rinventeur de la fortification perpendiculaire : — Carnot obtint de la Convention un décret, et du Comité de Salut public un arrêté qui en-
ANECDOTES i'iî)
joignait à Marc-René Montalembert de continuer ses travaux relatifs à l'artillerie et aux fortifications.
D'Arçon, le célèbre ingénieur : — celui-ci porté comme noble sur la liste des suspects, en fut rayé par un innocent subterfuge. 11 était venu confier à Carnot ses inquiétudes : « N'avez-vous pas un autre nom moins aristocratique? lui demanda Carnot. — Je m'appelle Michaud. — Michaud I vous êtes sauvé. »
Carnot se rend au Comité, avec une liste de plusieurs personnes en faveur desquelles il demandait exception, comme lui étant nécessaires dans ses bureaux. La liste passe demain en main pour être signée. — « Michaud ! » dit Barère en riant, « voilà un nom de gentilhomme qui sent furieusement le vilain, » et tout en répétant le nom de Michaud, sa plume trace le nom de Michmid au lieu de la signature Barhe.
Tout satisfait de son stratagème, Carnot porte la bienheureuse feuille à d'Arçon, et ne s'aperçoit qu'en la dépliant de l'erreur commise. Il retourne sur-le-champ au Comité où l'on s'étonne de son ardeur pour le citoyen Michaud. Cependant la pièce est recopiée et signée de nouveau, cette fois régulièrement: la vie de d'Arçon était à couvert. Carnot le fit nommer l'année suivante professeur de Fortification à la nouvelle école des Travaux publics, où il ouvrit son cours par la lecture de ses belles « Co/^siflrration>i militaires et politiquPs{\), »
'1) Hippoli/te Carnoi. l. i, p. 431.
ioO POUR VAINCliE