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CARNOT ET LA GÉNÉRALE RANSONNET

Un jour se présenta chez le Directeur, vêtue de deuil, la V(Hive d'un général de brigade qui venait de mourir à l'armée des Alpes : elle donnait la main à un jeune homme en costume d'élève de l'école de Mars. M"'^ Ransonnet venait solliciter une pension, qu'elle croyait bien due aux services de son mari, et qui était nécessaire à ses quatre enfants.

Carnot Taccueillit avec bonté, examina lui-même son dossier, et reconnut avec chagrin que le général, né à LiègC; n'avait pas, figuré assez longtemps sur les états militaires français pour constituer la situation légale de sa veuve. 11 déclara donc tristement à celle-ci que le& bureaux de la guerre ne pourraient pas faire droit à sa demande. Puis il interrogea le jeune Joseph sur ses études, se montra fort satisfait de la vivacité et de l'intelligence de ses réponses, fct engagea M™^ Ransonnet à présenter son fils à l'école Polytechnique promettant de l'y suivre de son patronage.

La pauvre dame quitta le Directeur affectée de son in-

ANECItOTES

succès, mais heureuse du bon accueil qu'elle avait reçu.

A peine rentrée chez les amis qui lui donnaient asile à Paris, on lui apporta une dépêche du Ministère de la Guerre, que Carnot était allé sur-le-champ faire expédier : c'était un secours extraordinaire provisoire, la seule chose qui légalement put lui être accordée, mais équivaleut à la pension militaire qu'elle avait réclamée, et qui allait lui permettre d'entretenir son fils à Paris jusqu'à l'entier achèvement de ses études.

Deux autres fils plus jeunes furent admis, sur la recommandation de Carnot, à l'école de Liancourt (1).

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