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LES COMPTES DE DÉPENSES RELATIFS

A LA MISSION DE GAU.NOT, MINISTRE DE LA GUERRE A L'ARMÉE DÛ RHIN (18001

Ce compte a été rédigé par Garnot :

« Le lo floréal, an VIII, les Consuls me donnèrent Tordre de partir dans le jour pour l'armée du Rhin, mirent à ma disposition pour cet objet une somme de vingtquatre mille francs, et le Premier Consul manifesta l'intention que je donnasse à cette mission un certain éclat (1). « Je partis en conséquence dans la nuit du 15 au 16' accompagné d\in officier supérieur de l'Etat-Major (le citoyen Dupont), un capitaine du génie (le citoyen Allent), un commissaire des guerres (le citoyen Dauzeret), un élève commissaire (le citoyen Cardon), deux aides de camp (les citoyens Monistrol et Hubinet), deux courriers et un domestique ; en tout dix personnes.

« La durée du voyage a été de quatorze jours, et la route d'environ quatre cents lieues. La dépense aurait pu être rigoureusement bornée aux frais de poste et d'auberge ; mais j'ai cru qu'une certaine représentation dans les lieux [)rincipaux, tels que Genève et Dijon, entrait dans le but des ordres qui m'étaient donnés ; j'ai cru également que, pour imprimer à cette mission le caractère de générosité qui vous anime, je devais décerner à chacun de mes compagnons de voyage une légère gratification, tant comme indemnité que comme marque de satisfaction pour

M) Hippolyte Carnot, l, ii, p. 214.

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le zèle extrême avec lequel ils ont coopéré à la remplir.

« Le tout y compris la retenue de quatre cent quatrevingts francs pour les invalides, monte à treize mille huit cents francs : ainsi sur les vingt-quatre mille francs mis à ma disposition, il reste dix mille deux cents francs, que je fais remettre au Trésor public.

« J'étais porteur pour l'armée du Rhin de trois cent mille francs en traites et cent cinquante mille francs en numéraire, qui ont été déposés dans la caisse du payeur général à Bàle, suivant le procès-verbal dressé par le commissaire des guerres ûauzeret.

« Le Ministre de la Guerre :

« Carnoï. »

De pareilles remises de fonds étaient inusitées : la Trésorerie fut embarrassée pour inscrire sa recette inattendue ; il n'y avait pas de chapitre ouvert à cet effet.

Dans le compte détaillé des dépenses du voyage on trouve consignés jusqu'aux prix de chaque repas^ celui des réparations de voitures, les gratifications aux garçons elles pourboires des postillons.

Carnot, qui dans son intérieur était aussi généreux que ses modestes revenus le comportait, montrait autant d'économie que d'exactitude dès qu'il s'agissait des fonds publics.

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