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LA CRISE DE MONNAIE A ANVERS EN

A Anvers, "le défaut de numéraire se faisait sentir et gênait considérablement les échanges. Carnot prit une mesure dont l'histoire des sièges raconte quelques exemples. Il fit frapper une monnaie spéciale et temporaire.

Voici les arrêtés rendus à cette occasion, en date des 10 et 16 mars 1814 :

« Vu la difficulté qu'éprouve le commerce de détail dans la place d'Anvers, par le défaut d'une suffisante quantité de monnaie circulante, et la nécessité de pourvoir au service journalier de la garnison ;

« Le général de division, gouverneur, arrête qu'il sera fabriqué, sans délai, une monnaie obsidionale, qui aura cours à Anvers jusqu'à ce que l'état de siège soit levé.

« Cette monnaie sera composée de pièces de cuivre, vaant intrinsèquement à peu près cinq centimes, lesquelles

({) Hippolyte Carnot, t. ii, p. 313

seront données et reçues en payement par les caisses publiques et dans les transactions particulières, pour la même valeur de cinq centimes.

« Cette monnaie portera pour timbres, d'un côté, en exergue, ces mots : Monnaie obsidionale, et au milieu, o centimes; de l'autre côté, en exergue : Anvers, 1814, et au milieu, la lettre majuscule N entourée d'une couronne de laurier.

« Pour accélérer autant que possible la fabrication et l'émission de la monnaie obsidionale créée par l'ordre du jour du 10 courant, le général de division, gouverneur, nrrète : qu'en outre des pièces de cinq centimes, il en sera fabriqué de dix centimes, absolument au même type ; quarante de ces pièces pèseront le kilogramme, et par conséquent quatre-vingts de celles de cinq centimes pèseront également le kilogramme ! »

M. Wolschot, fondeur de la marine, fut d'abord exclusivement chargé de la fabrication de cette monnaie Mais quelque temps après, « considérant que ses établissements ne pouvaient suffire à toute la main-d'œuvre, et qu'il était convenable d e faire servir le bénéfice à donner des à-comptes sur leurs salaires aux ouvriers de Tarsenal, au lieu de laisser ce bénéfice à de nouveaux entrepreneurs, le gouverneur arrêta ce qui suit :

« M. le préfet maritime fera fabriquer de la monnaie obsidionale dans l'arsenal de la marine. »

On n'en mit pas d'ailleurs en circulation une quantité considérable, mais seulement ce qu'il fallait pour faciliter les transactions.

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Le soin qu'avait eu Garnot de donner à sa monnaie une valeur intrinsèque pareille à la valeur nominale la fit survivre aux circonstances.

Pendant bien des années les pièces obsidionales d'Anvers eurent cours en Belgique et en France (1).

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