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Aït. I.—Dans l'Ancien Testament
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L'amour de Dieu pour l’homme. Quel sujet ignoré par un grand nombre, incompris par plusieurs. Aimer, dit saint Thomas, c’est vouloir du bien à quelqu'un (1a 2, q. 26, a. 4) ; par conséquent, dire que Dieu ë nous aime c’est affirmer qu’il nous veut du bien.
4 Et en effet. A-t-on réfléchi que la création est le premier acte d'amour de Dieu pour l’homme ? Ceci est déjà vrai au point de vue philosophique : car l'être bon ne pouvait créer l’homme que pour lui communiquer un bien, lui donner le bonheur. (
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(1) C’est l'effet d’une incompréhensible puissance que de tirer l’homme des profondeurs innommées du néant ; mais il y entre plus de bonté encore que de puissance. Si la puissance — c’est la bonté qui l'a mise à l'œuvre et qui la soutient. Rien, en effet, n’obligeait ni ne solli-
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Cependant, au point de vue surnaturel cette vérité s’éclaire d’une nouvelle lumière. Laissé dans l’ordre naturel, l’homme n’aurait jamais pu s'approcher très près de son créateur ; il ne l’aurait connu que dans la demi-clarté des analogies. Mais voilà qu’au moment même où l’homme était créé, Dieu l’élévait à une fin surnaturelle et baignait l'essence de son âme de la grâce, principe déifique qui le rendait participant de l’essence divine : « Pour vous rendre par ces grâces participant: de la nature divine (II Petr., 1, 4), l’établissant, dès icibas, dans une union très intime avec son créateur, et lui permettant d’aspirer à consommer cette union de la manière parfaite qui fut l’objet de la suprême prière de Jésus sur la route de Gethsémani : « Afin que tous ensemble ils soient un, comme vous, mon Père, vous êtes en moi, et moi en vous; qu’ils soient de même un en nous (Joan., XVII, 21). L'amour tend à l’union, et c’est pour cela que Jésus demande à son Père que l’homme lui soit uni d’une manière tel-
citait Dieu de créer : ni en lui-même où il trouve toute plénitude, toute satisfaction, et à qui la création de milliers de mondes plus parfaits les uns que les autres ne peut rien apporter quil n’ait déjà suréminemment. Aucune voix ne monte du néant pour l'appeler, aucun attrait ne s'y peint qui l'y attire : le néant n'a pas de voix ni d’attraits : il n'est pas ; on ne le conçoit que comme la négation de tout être, comme la nuit totale, le silence, le vide absolu de tout ce qui peut avoir une forme quelconque. C'est néanmoins jusque-là que Dieu est descendu, débordant hors de lui-même avec les flots de son trop grand amour. Il a jeté un regard sur ce néant et il lui a donné une forme sensible. Cette forme, il l’a conçue non d'après ua type qui fût en dehors de lui, mais d’après sa propre nature. (TESNIÈRE, Nature et effets de la communion, t. I,
lement parfaite, que l’unité de nature divine qui existe entre eux est le modèle de celle que nous devons avoir avec lui par la grâce et la charité.
Hélas, cette union d'amour que Dieu avait établie ‘entre lui et sa créature au moment de la création, ne fut pas de longue durée.
Quand l’homme se fut séparé violemment de Dieu, quand il eut brisé les communications divines de son âme avec son créateur, quand il eut rompu l’union vitale qui le rattachait à son principe, Dieu, cette vérité est profonde, ne voulut pas consentir à demeurer éternellement séparé de lui.
Avec un art et un amour sublimes il prépara, après la chute, le genre humain à recevoir pardon et miséricorde de la part de l’amour blessé mais ne pouvant oublier.
Dieu rappelle souvent à son peuple qu’il l’aime toujours, éternellement : « Zn caritate perpetua dilexi te (Jer., 31, 3); qu'il l’aime jusqu’à faire ses délices de vivre avec lui : Deliciae meae esse cum filiis hominum, je fais mes délices de vivre avec les enfants des hommes (Prov. vit, 31).
Et pendant 4,000 ans il fait chanter sa miséricorde par ses prophètes, afin de soutenir l’espérance de l’homme et le préparer au profond mystère de la rédemption, abime de miséricorde. Nul mieux que le Cardinal Pie n’a exposé le caractère de l’amour de Dieu se manisfestant par la misérieorde pendant les siècles d'attente. Lisons-le.
« Prenez le texte sacré, la sainte Bible ; infailliblement, à livre ouvert, vous tom-
berez sur le mot de miséricorde. Y a-t-il dans l’ancien testament un livre, une poge qui ne parle de la miséricorde de Dieu ?
C'est une redonnance, une synonymie perpétuelle, pour redire de mille manières la même chose, à savoir que Dieu est miséricordieux, que sa grandeur, que son bonheur, c'est de pardonner. Si Moïse, dans un cantique célèbre, énumère et glorifie les mervuilles du Tout-puissant la terminaison de chaque strophe, la reprise +: comme le refrain de l'hymne, c’est que Dieu est bon, qu’il est miséricordieux, et que sa miséricorde est éternelle. Que de Moïse on passe à David, les mêmes traits abondent. Par exemple : Misericors et miserator et longanimis et multum misericors. (Ps. 102). Le Seigneur est miséricordieux ; et qu’est-il donc encore ? il est encore miséricordieux :
Misericors e miserator ; puis qu’est-il ? il est longanimité et miséricorde ; sa miséricorde est de longue haleine : Misericors et miserator et longanimis ; et qu’est-il enfin ? il est beaucoup miséricordieux : Et multum misericors.
« Mais Dieu n’est il pas juste aussi et sa nature ne lui commande-t-elle pas d'infliger quelquefois le châtiment ? A la bonne heure : mais comprenez la parole du psalmiste : Misericors et miserator ét justus Dominus (Ps. 116). Dieu est deux fois miséricordieux et une fois juste : deux parts, deux mesures de miséricorde contre une de justice. Est-ce assez? Et quand l’heure de la justice à sonné, est-ce pour tou-
jours ? Laissons encore parler le roi prophète : Misericors Dominus et justus, et Deus noster miseretur (Ps. 116). Dieu est miséricordieux, et il est juste, puis il est encore miséricordieux, c’est-à-dire qu'il commence par la miséricorde, par beaucoup de miséricorde, et que, s’il est forcé de donner quelque chose à la justice, c'est pour revenir bientôt à la miséricorde. En telle sorte que la justice de Dieu ne se produit qu'avec une double escorte de pardon ; elle ne marche, dit saint Ambroise, expliquant ce verset du psaume, qu'enfermée et comme resserrée entre deux haies de miséricorde :
Gemino septo interclusa misericordieæ.
« Mais il est encore un autre mot que les interprètes se sont plu à commenter ; c’est celui ci: Quoniam multus est ad ignoscendum (Ps. 57) : « Dieu (la traduction est difficile) Dieu est multiple, il est plusiei.« pour pardonner. » Qu'est-ce à dire? N'’estce point le premier enseignement et le point le plus élémentaire de la religion qu’il n’y a qu’un seul Dieu ?
Oui, sans doute Mais pour caractériser... certains hommes dont l'unique occupation est de faire du bien à leurs semblables, n'est-ce pas une façon de dire usitée qu’ils savent se multiplier, ou, s’il m’est permis de citer une locution plus familière, qu’ils se mettent en quatre, en dix, en cent, pour rendre service? Eh bien, acceptez cette même figure de langage ennoblie par l’Esprit-Saint, et comprenez comment Dieu, qui est nécessairement un dans sa nature et
dans son être, se multiple en quelque sorte et devient plusieurs quand il s'agit de pardonner : Quoniam multus est ad ignoscendum...
« Voyez vous cet enfant qui, retombant souvent dans les mêmes fautes et craignant de tarir l’indulgence s’il va toujours la puiser à la même source, s'adresse successivement à son père, à sa mème, à ses différents maîtres, afin d'obtenir plus sûrement par cette industrie des pardons réitérés. Je vous dirai de même, à hommes fragiles et pécheurs, ne craignez point d'importuner, de lasser la miséricorde divine à la suite de vos rechutes multipliées ; présentezvous toujours avec confiance. S'il n’y a qu’un Dieu pour tout le reste, en matière de pardon c’est comme s'il y en avait plusieurs. Le Dieu qui vous pardonne aujourd’hui ne veut point être considéré comme le même qui vous a pardonné hier, comme celui qui vous pardonnera demain : Quoniam multus est ad ignoscendum.»
Et pour faire mieux comprendre à l’homme cette bonté miséricordieuse, il a recours aux comparaisons les plus tendres. Représentez-vous une mère abandonnée par sa fils ingrat ; depuis de longi°s années elle pleure l’absent qui a oublié son amour et sa tendresse’; sa pensée est continuellement occupée par son souvenir et malgré l'ingratitude qui l’a fait tant pleurer, elle veut aimer toujours son fils, elle ne sera heureuse que le jour où elle le verra revenir à elle et où elle aura le bonheur de lui pardonner
ses égarements. C’est à cette mère que Dieu se compare en s’adressant à l’homme pécheur qu’il veut se réconcilier. Obviabit illi quasi mater, j'irai au-devant de vous comme une mère (Eccl., XV, 2). Comme une mère caresse son petit enfant, ainsi je vous consolerai, et vous trouverez votre paix dans Jérusalem. Quomodo si cui mater blandiatur, ita ego consolabo vos (Isaie 66, 13). Mais une mère peut oublier son enfant, peut aller jusqu’à hair le fruit de ses entrailles, mais moi, votre Dieu, je vous aimerai toujours, car mon amour pour vous est plus fort que celui de la mère. Numquia oblivisci potest mulier infantem suum, ut non misereatur filio uteri sui et si illa oblita fuerit, ego tamen non obliviscor tui (Isaie, 49, 13). Une mère peut-elle oublier son enfant, et n’avoir point de compassion du fils qu’elle a porté dans ses entrailles ? Mais quand même elle l’oublierait, pour moi, je ne vous oublirai jamais. J'aurai compassion de vous plus qu’une mère. Et miserebitur tui magis quam mater (Eccl. IV, II).
Article II.—Dans le nouveau testament.
Nous pouvons dire que les pages du Nouveau Testament sont débordantes de l’amour de Dieu pour l’homme.
Voyant l’impuissance dans lequelle s’était plongé l’homme orgueilleux, Dieu fit les premières dénarches pour ramener l’ingrat qui l’avait abandonné. Semblable au vieillard de nos Livres saints, qui, pleurant depuis longtemps le départ de son plus
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