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quences graves pour les Alliés. Le fait m'est confirmé par un membre éminent du corps consulaire de Montréal, qui dit savoir personnellement que bon nombre des interprètes actuellement en service au front n'ont qu'un léger frottement d’anglais (have a bare smattering of English).
Comment expliquer qu'un Canadien-Français instruit, en état de rendre, pour la correspondance autant que pour l'interprétation verbale, des services précieux, se trouve exclu par une entente intervenue entre les gouvernements anglais et français? Quant à moi, je servirais aussi bien dans l'infanterie, la cavalerie ou toute autre branche du service, si, à mon impatience d'aller au feu ‘immédiatement, ne s’ajoutait la conviction que c’est comme interprète que je serais le plus utile. Des centaines de Canadiens-Français instruits sont sans doute dans le même cas, qui pourraient devenir un des éléments les plus précieux des forces alliées, et qui en sont empêchés par l’absurdité de la loi impériale.
Ne croyez-vous pas que le gouvernement canadien devrait attirer sur cette absurdité l'attention des autorités britanniques?
Personnellement, je me ferais fort de trouver parmi mes amis et connaissances des dousaines de bons interprètes.
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Et dans ce passage d’une lettre du ler avril, de X. à M. Casgrain:
Je tiens à partir, et si je demande ce poste en particulier...
(Le poste, c'était maintenant une simple lieutenance à l’interprétariat, sous Cinq-Mars.)
...c'est parce que j'ai conscience de pouvoir y rendre des services, et que d’ailleurs je ne serais probablement pas accepté dans l'infanterie.
(Les conditions d'aptitude physique ont été modifiées depuis.)
Celui qui demanda ainsi pendant deux mois une place quelconque à l’interprétariat, qui même offrait de lever au besoin parmi les Canadiens-Français un corps d’intenprètes, et qui se tournait de ce côté pour la double raison qu’il croyait pouvoir y être plus utile et qu’à cette époque il n'aurait probablement pas été admis ailleurs, — celui-là, Mesdames et Messieurs, vous le devinez peut-être, c'était moi. Mes démarches échouèrent. J’eus beau faire ; je ne pus convaincre le ministère que mon cas n’était pas tout à fait . celui de la plupart des volontaires canadiens-français déjà enrôlés et parmi les-
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quels on prétendait pouvoir trouver autant d’interprètes qu'on en aurait besoin.
Ni capitaine, ni lieutenant, ni rien du tout. La lieutenance n'était pas comprise dans les cadres. Quant au capitaine Cinq- Mars, on en ‘parlait comme id’une espèce particulièrement heureuse d'embusqué ; un attaché de parade, tout au moins. On a changé d'opinion depuis. Il n'y a pas un mois, le sous-ministre de la Défense en personne me déclarait à Ottawa que Cing- Mars, avec sa connaissance parfaïte des deux langues, sa vivacité d’esprit naturelle, ses notions encyclopédiques de journaliste, était vite devenu un des officiers les plus utiles du corps expéditionnaire.
Il y a quatre mois arrivait d'Europe, couvert de gloire, mais résolu à en conquérir encore davantage, mon ami personnel, notre ami personnel à tous, Hercule Barré, alors major, aujourd’hui lieutenant-colonel du 150e Canadien-Français.
Dès cette époque il avait la noble ambition de lever un bataillon. Il est ici présent; vos acclamations témoignent que vous l'avez tout de suite reconnu. Serezvous surpris, Mesdames et Messieurs, s’il vous dit que l’un des premiers de sa race à demander la faveur et l'honneur de par-