‹ Pourquoi?, comédie-vaudeville en un acteChapitre 13 sur 23 · GIRAUDEAU, LOUISE · texte numérisé non relu

GIRAUDEAU, LOUISE

GIRAUDEAU

Est-il heureux!... il m'aurait fallu, à moi, pour emmener madame Giraudeau, un quart-d'heure de prières, et encore

n'en serais-je pas venu à bout. C'est qu'elle est entêtée!... Au fait, madame Carpentier avait raison... elle paraît affligée...

LOUISE

Ces choses-là n'arrivent qu'à moi !

GIRAUDEAU

A qui la faute, madame ?

LOUISE

Savais-je qu'on me comprendrait si mal?

Vos actions sont si peu réfléchies!... vous mettez tant de légèreté dans vos paroles. . .

LOUISE

Eh bien ! oui... j'ai peut-être eu tort... j'en suis assez punie... tout à l'heure j'étais au désespoir. (Marie reparaît.) Marie, madame Carpentier a-t-elle reçu le Journal des Modes que lui envoie tous les jours la tanle de monsieur de Ferrière ?

MARIE

Non, madame.

LOUISE

Dès qu'il arrivera, apportez -le -moi. Je dois l'avoir la première... elle me l'a promis. La première, entendez-vous? ( Marie sort. )

GIRAUDEAU

A merveille, madame! Il paraît que votre chagrin ne sera ni bien long ni bien dangereux.

LOUISE

Madame Carpentier s'est chargée de tout arranger.

GIRAUDEAU

Madame Carpentier a eu tort, et la tâche qu'elle s'est imposée est peut-être plus difficile qu'elle ne le pense.

LOUISE

Oh! mon Dieu non! rien n'est plus aisé... avec un coup de ciseaux...

GIRAUDEAU

Hein?... qu'est-ce que vous dites ?...

Eh! oui, sur le côté.

GIRAUDEAU

Un coup de ciseaux... à qui ?...

LOUISE

A ma robe que j'avais bien recommandé de laisser ouverte , j'en suis sûre, comme celle que j'ai vue au dernier bal de madame Deschamps. C'est si joli avec une guirlande...

GIRAUDEAU

Une guirlande!... une... ïmbécile qui pensais être pour quelque chose dans cette tristesse!...

LOUISE

Toi!... et pourquoi ?

GIRAUDEAU

Vous le demandez, après votre scandaleuse conduite de tantôt?

LOUISE

Ah! tu ne m'en veux plus, n'est-ce pas? le danger était passé, et malgré moi... ( Elle sourit.) Ne parlons plus de cela, je t'en prie... pardon... là!... je te demande pardon...

GIRAUDEAU

Non,., non... riez encore, vous en avez envie: ne vous

j contraignez pas, madame; mais moi, qui ne vois rien de plai-

£X] sant dans cette aventure ^ je me permettrai dorénavant de ne

v5 pas céder si facilement à vos fantaisies; je sais ce qu'il en

S coûte.

S« M ., lowst-

$ Mon ami!...

Pj *j3 GIRAUDEAU.

Et, comme je ne suis pas aujourd'hui dans une veine de bon- 00 Ji heur, qu'il pourrait encore m'arriver quelque accident, vous ^ trouverez bon, madame, que nous n'allions pas ce soir au bal.

LOUISE

Y penses-tu ?

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