‹ Pourquoi je me suis fait congréganiste? [microforme]Chapitre 25 sur 35 · OBJECTION · texte numérisé non relu

OBJECTION

Le péché mortel et lu mort subite.

—<" Je suis congréganiste de la sainte Vierge,

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et je m'’efforce de rester fidèle à mes promesses. Pourtant, malgré ma bonne volonté, il peut m'arriver, comme à tout homme, de tomber dans quelque faute grave. Si done j'étais frappé ‘en cet Ctat par une mort subite, je n’en per- * drais pas moins mon âme.

Voilà, je crois, l’objection dans toute sa force, Donnons maintenant les raisons qui doivent nous la faire écarter.

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Réponse à l'objection.

L'heure de la mort, comme celle de la naissance, dépend absolument de la volonté de Jésus : la foi nous l’enseigne. Seul, il est le maître de la vie et l’Ange de la mort ne frappe jamais qu'avec sa permission et sur son ordre.

Quand un homme tombe dans un péché grave, Jésus aurait, il est vrai, le droit de le frapper immédiatement de mort subite. La Justice même, si elle était seule à parler, réclamerait cette punition ; mais la miséricords élève la voix et arrête le châtiment du coupable. Le désir ardent qu'il a de sauver les hommes, lui fait snivre ordinairement vis-à-vis des pécheurs, une conduite qui tient bien plus de la bonté d’un père, que de la sévérité d’un juge.

Il les attend avec patience, il les invite par ses

urâces à revenir à Lui ; il prolonge leur vie

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durant de longues années afin de leur permettre de se repentir. Ce n'est, sembie-t-il, qu'après avoir essayé en vain tous les moyens de salut que Jésus donne enfin à la mort, l’ordre d’amener les pécheurs devant son tribunal.

Ne serait-ce donc pas faire à Dieu une insulte cruelle, de nous le représenter comme épiant, pour ainsi dire, le temps où un homme tombe en péché mortel, pour le frapper aussitôt et le damner ? Ÿ a-t-il rien de plus opposé à la marche ordinaire de sa providence ? J’en appelle à votre expérience.

Rappelez vos souvenirs.

Cent fois, mille fois peut-être dans votre vie passée, vous lui avez fourni par vos fautes mortelles, cette occasion de vous damner justement, s’il l’eût voulu. Au lieu d’en profiter, il vous a attendu, et par sa grâce, il vous a enfin sérieusement converti.

Et aujourd’hui que votre vie est habituellement bonne, aujourd'hui que, membre de la Congrégation, vous lui donnez des preuves évidentes d'affection et de bonne volonté, Notre Seigneur se hâterait de saisir le moment où, par défaillance temporaire, vous seriez tombé dans une faute grave, pour vous frapper et vous perdre !

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ses enfants ? Or Jésus est meilleur que le meilleur des pères. Ayez donc confiance. Il vous laissera le temps de vous repentir et de vous re'ever. D'ailleurs, ne l’oubliez pas, vous avez Marie comme avocate et comme protectrice, et, nous le verrons plus loin, son honneur l'engage à ne pas laisser périr un seul de ses enfants.

La vision de sainte Gertrude.

Lors même que la mort frapperait soudainement un congréganiste, il peut toujours compter sur une assistance spéciale de N.-$. à ce moment décisif, à cause des bonnes œuvres qu’il fit comme membre de la Congrégation.

Rappelons nous les consolantes paroles de NS. à sainte Melcthilde:

‘O0 ma fille, lui dit-il, quel est le pilote qui, ‘ayant conduit jusqu’au port, un navire chargé * de précieuses valeurs, les jette à la mer le jour “ de son arrivée? Pouvez-vous croire qu'après ‘avoir accordé tant de faveurs à cette Âme, dans ‘le cours de la vie, je vienne à l’abandonner ‘ lorsqu'elle est parvenue au terme ? ”

‘* Ma fille, disait-il encore à sainte Gertrude qui “ s’'inquiétait du sort éternel des âmes frappées par une mort subite, ma fille, sache bien une “ chose. Lorsque je verrai dans l’agonie, ceux ‘qui se sont souvenus de moi avec plaisir, et

‘ qui auront fait quelques œuvres qui mériteront

‘ récompense, je leur apparaîtrai à l'heure de la ‘ mort, avec un visage si plein d'amour et de ‘* miséricorde, qu’ils se repentiront du plus pro- ‘* fond de leur cœur de m'avoir offensé pendant ‘‘ Ja vie et qu’ils se sauveront par ce repentir.” (Vie de la sainte, Liv. ITI, ch. 2.)

Bannissons donc toutes craintes qui pourraient jeter le trouble dans nos âmes et paralyser notre borne volonté. Soyons circonspects pour éviter les occasions de péché, maïs ayons dans la bonté et la miséricorde de N.-$., une confiance entière.

Qui donc a plus de motifs sérieux d’avoir cette confiance que le congréganiste, l’homme de bonne volonté ?

Ne connaît-il pas, d’ailleurs, la valeur de l'acte de contrition parfaite, pour se remettre en grâce avec Dieu, quand, après un péché mortel commis, il ne peut pas se confesser aussitôt? Ne fera-t-11 pas facilement cet acte, lui qui, habituellement fidèle à Ja loi de Dieu, n’est tombé que par faiblesse ou imprudence et non pas par malice.

Dès que Ia raison et la foi retrouveront leur équilibre, le congréganiste, confus de sa faute, en demandera pardon à Dieu, et ce pardon, il l’obtiendra.

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LA CONGRÉGATION ET LE SALUT.— Suite.

Marie et ses Congréganistes.

Le congréganiste prend Marie pour Avocate et pour Mère. Il lui confie les intérêts de son âme. Elle est donc tenue en justice et en honneur à à justifier cette confiance. [Il n’est pas question, bien entendu, de justice proprement dite, entre Marie et l’homme, mais, de même que les prières des clients, leur assiduité, leurs espérances, créent pour l’avocat une sorte d'obligation morale de répondre à pareille attente, de même aussi, Marie se trouve engagée vis-à-vis ses clients de la terre.

L'acte de consécration qu’ils prononcent, l’office qu'ils récitent en son honneur, les preuves d'amour qu'ils lui prodiguent, leur donnent des droits certains à sa bienveillance et à sa protec-

tion.

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Toujours, dans tous les sièc'es, l'Eglise a considéré la dévotion à la sainte Vierge, comme un gage assuré de salut.

Or, le congréganiste pratique envers Marie :

1o Une dévotion véritable qui, non contente d’affections pieuses, y joint les œuvres et les sacrifices, preuves incontestables d’un amour sincère.

20. Une dévotion constante. qui, ne se borne pas à quelques actes passagers, à quelques communions de piété, maïs lui fait accomplir des actes positifs et permanents: la prière quotidienne—la récitation de l'office le dimanche—]a confession et la communion du mois.

30. Enfin le congréganiste pratique envers Marie une dévotion publique, en présence de sa famille et de ses concitoyens, il la prend pour sa Souveraine et sa Mère.

Marie ne doit-elle pas, en justice, justifier la confiance de son serviteur? N’est-elle pas tenue de remplir sa part du contrat ? Si elle le veut, elle peut sauver cet homme, parce que son pouvoir de supplication, auprès de son divin Fils est illimité.

Le congréganiste pourra donc, en toute assurance, compter sur sa protection toute-puissante. Avec une telle avocate et une telle mère, il ne saura-il périr.

‘O Marie! s’écriait saint Anselme, il est im- ‘* possible qu’un homme qui se tourne vers vous.

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“et que vous daïignez regarder, périsse éternelle- “ment Un homme, pour qui Marie aura “ daigné s'intéresser une seule fois ne saurait ‘être éterneilement malheureux.”

Grande consolation pour le congréganiste !

Peut-1l douter, en effet, que la sainte Vierge n'aie porté sur lui des regards de tendresse et de miséricorde, non jas une fois seulement, mais chaque fois qu'il est venu chanter ses louanges et communier en son honneur ?

Grande assurance pour lheure de la mort!

—Avez-vous peur de mourir, demandait un prêtre à un congréganiste mourant ?

—$i j'ai peur de mourir? oh non! mon Père.

Tenez, regardez à la muraille mon diplôme de Congrégation. Voilà 40 ans que je suis enfant de la sainte Vierge. Autant qu’il m’a été possible, je suis allé chaque dimanche réciter son office et lui recommander mon âme. Aujourd’hui je compte sur elle. N’est-elle pas mon Avocate et ma Mère ?

Non, je n’ai pas du tout peur de mourir.

Cet nomme avait raison. Tous les Directeurs de Congrégation, tous les prêtres qui ont eu a préparer des congréganistes à la mort, savent avec quel calme et quelle confiance absolue, ils entrent dans l’éternité,.

La propre gloire de Marie l'oblige à sauver ses Congréganistes.

Non seulement la justice demande à Marie de sauver ses enfants; mais les intérêts mêmes de sa propre gloire lui en font un devoir d'honneur, | auquel elle ne saurait se soustraire.

L'Eglise en approuvant les Congrégations de la sainte Vierge, en les enrichissant de nombreuses indulgences, invite fortement les fidèles à y entrer. Elle leur promet, au nom de Marie, protection spéciale et toute puissante pour opérer leur salut.

Encouragés par ses promesses, nous nous sommes faits congréganistes et nous avons à cœur de rester toujours fidèles à nos engagements. Marie n'est-elle donc pas obligée en honneur, à tenir la promesse que l'Eglise nous fit en son nom ?

Ne pouvons-nous pas à bon droit, nous servir des raisons par lesquelles le V. P. de la Colombière prouvait aux confrères du Saint-Scapulaire, qu'entre les mains de Marie, leur âme ne pouvait périr.

Si les chrétiens du monde voyaient mourir de mauvaise mort un congréganiste, habituellement fidèle à ses devoirs, leur croyance à l'efficacité

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des Congrégations n'en serait-elle pas sérieusement ébranlée ?

Auraïient-ils ensuite la même confiance dans les affirmations si souvent repétées des saints : # Que jamais personne n’invoqua Marie, sans en être exaucé ? ”?

L’honneur de Marie n’en recevrait-il pas une atteinte regrettable ?

Eh quoi! Klle qui a déclaré ‘‘ que quiconque “ mourra avec le scapulaire, cette marque de ‘son amour, n’éprouvera pas les feux éternels * de l’enfer ” refuserait-elle de sauver un homme qui la priait souvent, qui portait son saint habit, qui récitait l’office en son honneur et l'avait prise, au jour de sa consécration, pour Avocate et pour Mère ?

Mais s’il en était ainsi, le démon n’aurait-il pas le droit de dire avec arrogance:

‘Pendant dix ans. vingt ans, cet homme vous “ honora comme sa Souveraine; il célébra vos * louanges, il proclama votre puissance; pour- ‘* tant, tout cela lui a été inutile.

‘* Cet homme vous prit pour son Avocate, et sa “ cause est perdue.

“Il vous choisit pour sa Mère, et, moi, je l’em- “ porte sur vous! Mes tentations furent plus

‘ fortes que votre protection. Ce congréganiste !

‘qui, si longtemps, fut votre enfant sur la terre, ‘‘ sera l’une de mes victimes en enfer. Il m'ap- ‘ partiendra désormais pour l'éternité.

Et Marie, la reine du ciel, la mère de Jésus et la mère des hommes, essuierait pareil affront, à Ja face du ciel et de la terre!

Elle subirait pareïlle défaite de la part du serpent infernal dont elle écrasa jadis la tête maudite !

Elle verrait tomber dans les enfers, en poussant un cri de désespoir l’homme qui, au jour de sa consécration la prit pour Souveraine, pour Avocate et pour Mère!

Non, non, mille fois non!

Jamais Marie ne subira une telle humiliation! Jamais elle ne permettra un pareil échec à sa gloire ! Son honneur de mère de Dieu et de mère des hommes, l’oblige à remporter toujours la victoire sur son ennemi et le nôtre.

Elle-mêne introduira triomphant dans la patrie, le cong:éganiste qui lui confia le salut de son âme.

‘Celui qui porte la marque distinctive des en- ‘* fants de Marie dit saint Bonaventure, sera écrit ‘ dans le livre de vie... celui qui acquiert la fa- ‘“veur de Marie sera reconnu un jour par Îles ‘habitants du paradis.”

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Soyons donc pleins de confiance dans la protection de celle que nous avons choisie pour être

4 notre Souveraine, notre Avocate, notre Mère.

Demeurons fidèles à nos engagements de eungréganistes jusqu'à la mort, et restons bien assurés qu'après avoir fait partie de la famille privilégiée de Marie sur la terre, nous serons aussi admis dans sa famille glorieuse au ciel.

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