‹ Pourquoi l'Alsace-Lorraine doit redevenir FrançaiseChapitre 3 sur 3 · PAS DE PLÉBISCITE EN ALSACE-LORRAINE · texte numérisé non relu

PAS DE PLÉBISCITE EN ALSACE-LORRAINE

Demande, — Le 4 juillet igiy, à la Fête de V Indépendance américaine j M. Ribot, président du Conseil, prononçait les paroles suivantes :

« S'agit-il de cette question d'Alsace-Lorraine qui tient si fort à notre cœur, les Etats-Unis ont compris qu'aucun sophisme ne pourra nous empêcher de revendiquer le bien qui nous a été ravi par un abus de la force et qu'il n'est besoin d'aucune consultation pour nous créer un titre à cette revendication. La protestation des représentants de ces provinces arrachées à la France résonne aujourd'hui avec la même force qu'il y a quarante-cinq ans. Volà un procès ju gé. »

Et alors, je vous pose cette question :

La France et les Alliés se proclament les champions de la liberté des peuples, du droit des nationalités. Dès lors, de deux choses Vune : ou V Alsace-Lorraine veut redevenir française et, consultée, elle le dira — ou elle veut rester soumise à V Allemagne, et, dans ce cas, comment les Français, s ils sont sincères, voudraient-ils la conquérir de force ?..,

Répon^. — C'est là, justement, qu'est le « sophisme » dénoncé par M. Ribot. « La protestation des représentants de ces provinces arrachées à la France résonne aujourd'hui avec la même force qu'il y a quarante-cinq ans », dit M. Ribot. Rappelons donc dans quelles circonstances elle fut formulée ;

rappelons-en les termes. Cette simple et rapide revue historique fera, mieux que tous les raisonnements, éclater le « sophisme » d'une consultation, d'un plébiscite en Alsace- Lorraine. .

Le 8 février 1871, sous la botte de l'envahisseur, la France -avait procédé aux élections à l'Assemblée nationale. Toute l'Alsace et toute la Lorraine, dans un superbe mouvement d'union sacrée, s'étaient dressées pour crier leur amour de la patrie souffrante. Tandis que le catholique Keller était nommé par le Haut-Rhin en tête de liste, Gambetta, dont le nom signifiait alors « guerre à outrance > , était élu par les quatre départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin, de la Moselle et de la Meurthe.

Dès le 16 février, à Bordeaux, les députés alsaciens et lorrains déposaient sur le bureau de l'Assemblée une « déclaration » dont voici les points essentiels :]

I S « 10) L'A /s ace et la Lorraine ne veulent pas être aliénées. Associées depuis plus de deux siècles à la France dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, ces deux provinces, sans cesse exposées aux coups de l'ennemi, se sont constamment sacrifiées pour la grandeur nationale; elles ont scellé de leur sang l'indissoluble pacte qui les rattache à l'unité française...

« 2») La France ne peut consentir ni signer la cession de l'Alsace et de la Lorraine...

« 30) L'Europe ne peut permettre ni ratifier l'abandon de l'Alsace et de la Lorraine...

« En foi de quoi nous prenons nos concitoyens de France, les gouvernements et les peuples du monde entier, à témoin que nous tenons d'avance pour nuls et non avenus tous actes et traités, vote ou PLÉBISCITE, qui consentiraient abandon, en faveur de l'étranger, de tout ou partie de nos provinces de l'Alsace et de la Lorraine.

« Nous proclamons, par les présentes, à jamais inviolable le droit des Alsaciens et des Lorrains de rester membres de la natiotï fran-

çaise, et nous jurons, tant pour nous que pour nos commettants, nos enfants et leurs descendants, de le revendiquer^ éternellement par toutes les voies envers eticontre tous usurpateurs. »

La Xhambre^ [des députés française, dans la séance du 4-6 juin 1917, quarante-six années plus tard, « contresignait cette protestation unanime » et « déclarait attendre de la guerre . . . JeTetour de l'Alsace-Lorraine à la mère-patrie... >

Le 1*^' mars 1871 , l'Assemblée nationale, la mort dans l'âme, ayant dû ratifier, par 546 voix contre 107, les préliminaires de paix qui prévoyaient la cession [à^[r Allemagne de l'Alsace] et d'une partie de la|Lorraine, les députés alsaciens et lorrains élevèrent une dernière protestation :

« Livrés, au mépris de toute justice, et par un odieux abus de la force, à la domination de l'étranger, nous avons un dernier devoir à remplir.

« Nous déclarons encore une fois nul et non avenu le pacte gui (dispose de nous sans notre consentement.

« La revendication de nos droits reste à jamais ouverte à tous et à chacun dans la forme et la mesure que notre conscience nous dictera. »

Tels étaient les sentiments de l'Alsace en 1871. Elle était violentée par la conquête allemande. Son territoire pouvait être foulé par le vainqueur; son âme restait à la France.

D. — Que firent dortc les Alsaciens?

R. — Ils pouvaient choisir entre deux solutions : déserter leur chère petite patrie pour ne pas subir la nationalité allemande; ou bien y demeurer pour y cultiver l'amour de la France.

D.:[ — A laquelle de ces^^deux solutions les Alsaciens ^'arrêtèrent-ils ?

R. — L'Alsace-Lorraine annexée comptait 1.517.490 habitants. 536.3l7 optèrent pour la France, c'est-à-dire qu'ils prenaient le douloureux parti de quitter le pays. En fait,. 428.277 seulement le quittèrent avant le délai fixé : 1®" octobre 1872. Les autres, soit un peu plus d'un million, ne quittèrent pas le pays, soit qu'ils considérassent comme leur devoir de Français d'y demeurer, soit qu'ils y fussent rattachés absolument par leurs familles ou leurs affaires. Ce n'étaient pas les moins bien inspirés, du point de vue français, puisqu'ils contribuaient à maintenir là-bas la mère patrie. De 1873 à la fin de 1895, 191. 000 Alsaciens-Lorrains vinrent encore s'établir en France, ce qui porte le chiffre des émigrants à quelque 600.OOO. Des immigrés allemands, bien entendu, vinrent prendre leur place.

D. — Quelle était la proportion de ces immigrés allemands sur la population totale de V Alsace-Lorraine?

R. — Le quart environ. A la veille de la guerre actuelle^ on comptait, en Alsace-Lorraine, SUr une population de 1.800.000 habitants, 450.000 immigrés allemands.

D, — La protestation des Alsaciens-Lorrains contre la domination allemande se maintint-elle après la guerre ?

R. — Elle s'est constamment maintenue depuis 1871. Voici des faits :

En 1874, les provinces annexées purent élire au suffrage universel quinze députés pour le Reichstag. Quinze « protestataires » furent élus, parmi lesquels les évêques de Metz et de Strasbourg et quatre prêtres. L'évêque de Metz, Mgr Dupont des Loges, s'était vu offrir la candidature par des protestants et des juifs aussi bien que par des catholiques.

Aussitôt le Reichstag réuni, M. Teutsch, au nom de la députation alsacienne, faisait au Reichstag une déclaration qui se terminait ainsi :

« En nous choisissant pour les représenter, nos électeurs ont voulu avant tout affirmer leur sympathie pour la patrie française et leur droit de disposer d'eux-mêmès. »

Et M. Teutsch déposait le projet de résolution suivant :

Mgr Dupont des Loges

« ... Plaise au Reichstag de décider que la population d'Alsace-

Lorraine qui, sans avoir été consultée, a été incorporée à l'Empire allemand par le traité de Francfort, soit appelée à faire connaître expressément son avis sur cette incorporation. »

Inutile de dire que le Reichstag refusa — et pour cause — de donner suite à ce projet.

D, — Les élections suivantes, en Alsace-Lorraine, donnèrent-elles les mêmes résultats ? '

R. — Aux élections de 1877, un groupe « autonomiste » se révéla : il eût accepté, pour l'Alsace, le rattachement à l'Empire, à condition qu'elle bénéficiât d'une certaine autonomie, c'est-à-dire qu'elle eût, dans l'Empire, la même situation que les Etats confédérés. Ainsi s'affirmait la volonté de l'Alsace, en dépit de son violent amour pour la France, de ne pas êtrje l'occasion d'une nouvelle guerre.

En 1881 , i5 « protestataires » furent encore élus. Il en fut -de même en 1 887, au lendemain de l'affaire du commissaire

français Schnaebelé, arrêté en territoire français par les policiers allemands, — machination avortée de TAllemagne pour amener une nouvelle guerre franco-allemande. Cette époque se signala, d'ailleurs, par une persécution au cours de laquelle l'Alsace fut soumise à une véritable terreur. L'Alsace ne faiblit pas : elle donna même 68.000 voix de plus à ses députés « protestataires ».

D. — Comment expliguez-zfotis que l'attitude de /plusieurs députés actuels de l'Alsace-Lorraine ne soit pas nettement protestataire ?

R. — C'est qu^ partir de 1893, des partis, politiques et non plus simplement nationaux, apparurent dans les luttes électorales : le parti du Centre Alsacien - Lorrain, de la nuance de Pabbé Wetterlé, député de Ribeauvillé; le parti démocratique, de la nuance de IVI. Blumenthal, député-maire de Golmar jusqu'en 1912; le parti SOCialiste de la nuance de IVI. Georges Weill, député de Metz, eurent leurs candidats. Ils pouvaient être divisés sur les questions politiques, sociales, religieuses; l'accord, au point de vue national, demeurait intact. Au reste, quand éclata la guerre, Tabbé

Wetterlé comme MIVI. Blumenthal et Georges Weill passèrent aussitôt en France.

Il n'en reste pas moins qu'à la faveur de ces divisions, les immigrés allemands ou leurs descendants purent souvent faire élire des candidats d'un caractère équivoque. Cette manœuvre réussit particulièrement bien aux dernières élections qui précédèrent la guerre, celles de 1911 et de 1912.

« Partout les voix des immigrés allemands, écrivait M. Blumenthal ancien maire de Colmar, dans le Petit Journal du 11 octobre 1914, leur ont fourni l'appoint nécessaire pour remporter la victoire. Ces députés ne représentent nullement l'opinion moyenne des populations d'Alsace-Lorraine quant à la question nationale. Sur les quinze sièges

du Reichstag attribués au Reichsland, cinq sont occupés par des socialistes, appartenant au parti de la sozial-démocratie de Berlin. Parmi ces cinq, il y a un Prussien, un Badois et un Saxon ; une circonscription a élu un démocrate allié aux Allemands ; les neuf autres, parmi lesquels un Prussien, forment le groupe alsacien-lorrain ; mais ce sont en très grande majorité des centristes germanisants. >>

Cependant, et malgré Finfluence certaine exercée par les immigrés allemands sur la campagne électorale, la défaite du nationalisme alsacien était plus apparente que réelle.

« A y regarder de bien près, remarquait à cet égard M. l'abbé Wetterlé, si quelques chefs du parti nationaliste avaient mordu la poussière, leurs idées avaient triomphé, car les candidats de tous les partis leur avaient, pour les vaincre, emprunté tout leur programme. Jamais gouvernement ne fut critiqué, bafoué, renié aussi universellement que celui de l'Alsace-Lorraine au cours des élections de 1911 et de 1912. » {Ce quêtait V Alsace- Lorraine et ce quelle sera, p. 162.)

D. — Soit. Mais il s agit là de luttes politiques, toujours ardentes. Dans la vie courante, les relations entre Alsaciens et Allemands n étaient-elles pas plus apaisées?

R. — Un grave incident qui éclata en Alsace-Lorraine moins d'un an avant la guerre, en novembre I9l3, devait mettre en pleine lumière la méthode de gouvernement de l'Allemagne en Alsace-Lorraine et l'état d'âme des Alsaciens- Lorrains vis-à-vis de leurs oppresseurs.

Un lieutenant du 93^ régiment d'infanterie prussienne, M. Forstner, en garnison à Saverne en Alsace, ayant appris qu'un de ses soldats — un Prussien — avait fait deux mois de prison pour avoir donné un coup de couteau à un Alsacien, lui dit :

« Ce rCest pas moi qui f aurais puni pour ce coup-là. Au contraire, pour chacun de ces sales « mackes » i^oyous) que tu abattras, je té donnerai 10 marks, ^

« Cochons de wackes » : c'est l'injure habituelle que le Prussien Forstner décochait aux Alsaciens.

Violente indignation dans tout Saverne. Manifestations dans la rue. Le colonel, von Reuter, ne punit pas le coupable; mais il songe à punir la population. Ce n'est que vingt jours plus tard que le vil insulteur est enfin blâmé. Les manifestations hostiles à l'officier prussien continuent. Répressions brutales.InterpellationsauReichstagleS décembre. Le ministre de la guerre couvre l'autorité militaire. Mais le Reichstag vote un blâme par 298 voix contre 54. Malgré cela, bien entendu, le chancelier est maintenu à son poste par le Kaiser. Enfin, traduit en conseil de guerre en janvier 1914, IVI. Forstner est acquitté, aux applaudissements des pangermanistes.

Ainsi, jusqu'à la veille même de la guerre, après quarante ans d'occupation, le divorce s'affirmait complet, brutal entre J'Alsace-Lorraine et l'Allemagne. Le traité de Francfort, plus

que jamais, révoltait l'âme alsacienne.

D. — Mais le traité de Francfort ne porte-t-il pas la signature de la France comme celle de V Allemagne? Et est-ce qu'un député alsacien, Vévêque de Strasbourg^ n invogua pas cet argument en i8']4 pour s opposer à la « mise en guestiony du traité de Francfort?

R. — Il est vrai que, seul de [toute la députation alsacienne, le D"" Raess, en 1874, invoqua cet argument qui souleva contre lui l'indignation de toute l'Alsace-Lorraine, à commencer par ses ''électeurs qui, ^même, [le sommèrent de démissionner.

Argument détestable, en tout cas, parce que, en 1871, les coutumes et les mœurs n'autorisaient déjà plus les gouvernements à se transmettre, comme jadis, des populations, telles de simples marchandises, suivant leur bon plaisir, ou les exigences de leur politique, ou les hasards de la guerre. Le

xix^ siècle avait vu triompher ce principe dans le Droit que

les populations ont des aspirations et des volontés qui doivent

être respectées. Or, les aspirations et les volontés de TAlsace- Lorraine furent odieusement bafouées.

Mais admettons que la signature donnée par la France le couteau sur la gorge, en un temps où la conscience publique s'insurgeait contre de semblables cessions de peuples, eût force de loi, — ce que nous nions, — l'argument se retourne contre l'Allemagne. Ce n'est pas la France, en effet» qui déclara la guerre à l'Allemagne et qui, par conséquent, rompit le traité de Francfort, c'est TAllemagne et l'Allemagne seule.

D. — Vous concluez donc contre le plébiscite ?

R. — Oui, parce que la stricte justice s'oppose à ce que le retour de l'Alsace-Lorraine à la France soit précédé d'un plébiscite.

Il ne doit pas l'être, car l'Alsace-Lorraine a été arrachée à la France par la force des armes, contre sa volonté, clairement, nettement et constamment exprimée. Un plébiscite

serait aussi injurieux pour la France — dont il semblerait suspecter le bon droit, — que pour PAIsace-Lorraine — dont il paraîtrait mettre en doute les aspirations.

Il ne peut pas l'être, car, pour présenter une garantie de loyauté, de sincérité, la consultation devrait être limitée naturellement aux seuls Alsaciens d'origine française et à leurs descendants, qu'ils soient demeurés en Alsace ou qu'ils aient émigré en France, — et l'on en conçoit, dès lors, la difficulté pratique, pour ne pas dire l'impossibilité.

Y admettre les immigrés allemands :

Ce serait appeler, en quelque façon, les bénéficiaires du coup de force à se prononcer sur celui-ci ;

Ce serait consacrer, une fois de plus, le dépouillement de la victime par l'oppresseur, en donnant une voix à l'Allemand

indûment installé dans sa conquête et en la refusant au légitime occupant chassé par l'envahisseur ;

Ce serait vicier par avance le résultat du scrutin, comme furent viciées, de la même façon et pour les mêmes raisons, les élections qui, en Alsace-Lorraine, précédèrent immédiatement la guerre de 1914.

D. — Cependant, la cession de la Savoie et du Comté de Nice à la France par l'Italie, en 1860, ne f ut- elle pas précédée d'un plébiscite ?

R. — La Savoie et Nice n'avaient jamais été ravis à la France, comme TAlsace-Lorraine, au mépris de la justice. Les gouvernements étaient d'accord sur la cession. Les populations, consultées, ratifièrent cet accord : en Savoie par i3o.OOO voix contre 2.000; à Nice par 25.000 voix contre 160 : cette consultation était logique et juste.

Çe n'est pas la France, ce n'est pas V Alsace =Lor raine qui ont déchaîné cette guerre, qui ont déchiré le traité de Francfort, qui ont reposé sur les champs de bataille le problème d' Alsace- Lorraine, C*est l'Allemagne. Qu'elle en supporte tamtes les conséquences !

La principale doit être, pour nous, le retour à la France de VAlsace-'Lor raine :

= de l'Alsace-Lorraine, de Vieille souche gauloise, que les xviio ef ^vui^ siècles rendirent à la France à la grande joie de ses habitants :

~ de l'Alsace-Lor raine qui, depuis lors, ne cessa jamais -d'affirmer son union indissoluble aVec la mère-patrie ;

= de V Alsace = Lorraine qui, depuis 1871, protesta cons' tamment, braVant les pires persécutions, de son amour de ta France ;

= de l'Alsace " Lorraine, qui, en 1914, aVait donné à la France 171 généraux, et dont tous les fils qui purent franchir la frontière, au péril de leur Vie — ils sont 20.000 — Vinrent s'engager dans l'armée française :

= de l'Alsace^Lorraine qui, par la Voix des siens réfugiés en Suisse en si grand nombre, proclamait encore les 11 et 12 mai 1918, en pleine guerre, sa Volonté :

« Les Alsaciens-Lorrains réunis à *Baden les 11 et 12 mai expriment unanimement le Vœu que /'AIsace=L,orraine soit purement et simplement unie de nouveau à la France.

« Après aVoir pris connaissance du travail accompli par la Commission d'études du Comité pour l'Indépendance de I'Alsace=Lorraine, les délégués constatent aVec satisfaction que les travaux de cette commission l'ont conduite au même résultat et qu'elle s'est prononcée également pour le retour pur et simple de rAlsace=Lorraine à la France... »

Nûiis devons à l'obligeance des dessinateurs Hansi et A bel Faivre et de M. Floury, éditeur, d'avoir pu reproduire plusieurs des dessins qui illustrent ce tract.

820 — Imprimerie Artistique « Lux », 131, boulevard Saint-Michel, Paris

Le. lieutenant Forstner allant acheter son chocolat à Saverne I dessin de Hansi) •

BLOUD & GAY, Editeurs, 3, rue Garancière, Paris (6") Prix de l'unité : 0 fr. 50. — Conditions spéciales par quantités

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