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L'ALLEMAGNE A-Ï-ELLE DES DROITS

SUR L'ALSACE-LORRAiNE?

Demande. — J'admets tout ce que vous venez de dire. Mais les Allemands prétendent avoir des droits sur V Alsace- Lorraine. La social-démocratie allemande les expose ainsi dans sa réponse au questionnaire du Conseil des ouvriers et soldats russes à propos des buts de guerre, publiée par les journaux du i8 juin igij.

« En ce qui concerne TAlsace-Lorraine, il faut tout d'abord déclarer qu'elle ne peut pas être considérée comme un Etat national indépendant ni, d'aucune façon, comme ayant une nationalité distincte. Ethnographiquement, les neuf dixièmes de ses habitants sont d'origine allemande. Seulement un demi pour cent de sa population fait usage de la langue française. En outre, il faut remarquer que FAlsace- Lorraine n'a pas changé de mains au cours de la guerre. A l'exception d'une très petite région, elle est restée sous la domination allemande. Appartenant d'abord à l'Allemagne, ethnographiquement et politiquement, les territoires de l' Alsace-Lorraine ont, au cours des âges, été séparés de l'Allemagne par la France au moyen d'une annexion forcée. A Francfort, en 1871, ils firent de nouveau retour à l'AOemagoe. Il est donc absolument injuste de parler du droit historique de la France. Le retour de TAlsace-Lorraine à la France équivaudrait à une annexion de la part de cette dernière nation, et elle doit, en conséquence, être repoussée conformément au principe de ia paix sans annexions. »

Voilà r objection allemande.

Réponse. — En somme, les sociaux démocrates allemands essaient de retourner contre nous, en faveur de Tannexion allemande de l'Alsace, les arguments que nous invoquons contre eux pour justifier la réintégration de l'Alsace dans le patrimoine français.

Nous leur disons :

— L'Alsace doit redevenir française par la guerre actuelle, parce que vous l'avez annexée par la force en 1871 contre le vœu formel de ses habitants.

Ils essaient de répliquer :

— L'Alsace devait ^redevenir allemande par la guerre de 1871, parce que vous l'aviez annexée au dix-septième siècle par la force.

D. — Cest cela. Mais voulez-vous réjyondre point par point à leurs affirmations?... Voici la première : « V Alsace- Lorraine ne peut être considérée comme un État national indépendant, ayant une nationalité distincte. »

R. — iGertes, ni politiquement, ni économiquement, l'Alsace-Lorraine ne réunit toutes les conditions pour former un État indépendant. IVIals l'Alsace et la Lorraine possèdent un esprit traditionnel, une culture locale qui s'apparentent étrôT

tement à l'esprit français, aussi étroitement que la culture bretonne ou provençale. Et cela est vrai au point que l'esprit alsacien, la culture alsacienne apparaissent comme l'un des éléments constitutifs de la culture française, si une sous la variété et la richesse de ses aspects. Et c'est pourquoi, ni l'Alsace-Lorraine, ni la France ne demandent la constitution d'un État indépendant alsacien-lorrain . Maintenant que, sans crainte de déchaîner la guerre, puisque l'Allemas^ne

Ta elle-même déchaînée, elles peuvent proclamer leurs aspirations dans toute leur étendue, elles demandent d'être rendues Tune à lautre.

D. — Deuxième objection : « Ethjiographiguement, r Alsace-Lorraine est presque toute d'origine allemande : à preuve la langue que Von y parle, » \

R. — Il n'y a plus guère que les « savai;ts » allemands pour soutenir qu'une même nation: doit englober, sans se soucier de leurs aspirations et de leurs volontés, tous les fils de la même race. L'argument, surprenant en tout état de cause, l'est plus encore sous la plume de socialistes qui font profession, à les entendre, de défendre la liberté des peuples.

Mais, d'abord, qu'est-ce j'^que la race?... L'allure physique?... Peut-être bien, puisque des « savants» allemands ont prétendu, par exemple, reconnaître des frères de race dans tout homme qui a les cheveux blonds et les yeux bleus. Avec de pareilles théories, basées sur une pseudo-science universellement discréditée, ils^pourraient arriver à démontrer bientôt que toute l'Europe est de race allemande. C'est absurde. Mais — soit! — admettons un instant que la nationalité doive être déterminée d'après la race, et la race d'après l'allure physique. En quoi, je vous le demande, le type alsacien est-il essentiellement différent du type français, c'est-à-dire du type parisien, provençal, breton, picard ou gascon ? En quoi surtout le type alsacien est-il si parent du type allemand? A l'examiner de près, on voit, au contraire, tout ce que le type alsacien présente de caractères communs avec le type français et tout ce qui le distingue profondément du type allemand.

D. — Mais il y a la langue: les Alsaciens parlent un jdialecte alémanique.

R. — Ce dialecte n'est d'ailleurs pas la vraie langue allemande. Mais quelle théorie encore que celle-ci : telle langue, telle nation î En l'invoquant, la France pourrait revendiquer la Belgique w^allonne et la Suisse française, puisqu'on y parle le français, — et l'Allemagne la Belgique flamande — ce qu'elle ose faire — et la Suisse almanique. Un Suisse, M. Karl Ringer, le remarquait, lin décembre 1917, dans une lettre adressée à l'un de ses compatriotes germanophiles :

« Ce même argument, écrivait-il, n'est-il pas toujours avancé par les pangermanistes qui voudraient aussi revendiquer — théoriquement pour le quart d'heure — notre Suisse alémanique, comme faisant partie de la Grande Allemagne pangermaine ? Pensez-vous l'appliquer à la Suisse comme à l'Alsace ? »

Ils ont fait mieux. N'ont-ils pas prétendu annexer Dante, Le Tasse, Diderot, Gounod et jusqu'à Racine dont le nom — le nom simplement, et non plus le langage — dénoterait, d'après eux, l'origine germanique?...

Quant à Jeanne d'Arc, dans sa brochure éditée en 1887 et rééditée en 1912 : Vous voulez V Alsace-Lorraine? ... Nous vous prendrons toute la Lorraine et encore plus j), le junker Kurd von Strantz écrit qu'elle « ne parlait pas français mais allemand, car le patois w^elche de Lorraine est de souche allemande et que, au surplus, si la Pucelle d'Orléans a embrassé le parti du roi de France, ce ne fut aucunement par patriotisme national ».

Faut-il s'indigner?... Haussons plutôt lesépaules.

La vérité, c'est que la persistance en Alsace, sous le régime français, du vieux dialecte alsacien, comme, d'ailleurs, de tous les dialectes de nos provinces, est tout à l'honneur de la France. Si la domination française en Alsace-Lorraine fut, en effet, si facilement acceptée, réclamée même comme une protection, c'est qu'elle était toute faite de tolérance, de bonté, de

tact, — toutes vertus dont les Allemands, de 1871 à 1914, se sont montrés si totalement dépourvus. C'est ainsi, écrivent MM. C. Pfister, professeur à la Sorbonne, et Hinzelin, qu'« aucune mesure de rigueur n'était prise, même pour propager la langue française en Alsace et dans les régions de Lorraine où Ton parlait allemand. Aujourd'hui l'Allemagne voudrait se faire un titre de propriété de ce qui est, pour la France, un titre d'honneur ». (^La France et les Alsaciens-Lorrains , 19^. P- 4 )

Celle qu'un Strantz veut annexer

D. — Troisième objection des socialistes allemands r « V Alsace-Lorraine n'a pas changé de mains au cours de la guerre, » c est-à-dire qu'elle n'est que partiellement encore occupée par les armées françaises,

^ R. — Encore un argument étrange sous la plume de socialistes, pour lesquels, croyions-nous, le droit de conquêten existait pas, pour lesquels seul valait le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Quand on admet le droit de conquête, on doit admettre évidemment qu'il faut occuper militairement, un pays pour le posséder. Mais, pour nous, il n'y a pas de droit de conquête ; il y a le droit des nations à ne pas être opprimées par des nations plus fortes; il y a le droit de l'Alsace comme il y a celui de nos départements du Nord envahi, même occupés par les armées allemandes, à secouer le joug de l'Allemagne, dont ils ne veulent pas, dont ils n'ont jamais voulu.

D. — Dernière objection : « Les territoires de V Alsace- Lorraine ont, au cours des âges, été séparés de V Allemagne par la France au moyen d'une annexion forcée. »

R. — Non, — et nous allons le prouver. Ce qu'il ne faut pas oublier, en tout cas, c'est que l'Alsace-Lorraine est de vieille souche gauloise. L'Alsace-Lorraine faisait partie de la Gaule, première ébauche de la France. Dans ses Commentaires sur la guerre gauloise. César (l'an 69 avant Jésus-Christ) constate que les Gaulois sont « voisins des Germains qui habitent au delà du Rhin » et que « le pays habité par les Gaulois... va jusqu'au Rhin ». Donc, dès avant l'ère chrétienne, on considérait que PAIsace-Lorraine était gauloise et non germanique.

Sous la domination romaine, les Alsaciens durent subir l'assaut des hordes germaines. A la chute de l'Empire romain, la région de la rive gauche du Rhin fit partie des états soumis aux Mérovingiens, puis aux Carolingiens.

Le traité de Verdun, en 843, qui partageait l'hérilage de Louis le Débonnaire entre ses trois fils, passe à bon droit pour l'origine des états modernes de France, d'Allemagne et d'Italie. Il est à remarquer que le royaume de Germanie ne comprenait que les pays à l'est d'une ligne qui partait de l'embouchure du Weser, suivait le cours inférieur de l'Ems et gagnait ensuite la rive droite du Rhin, jusqu'au dessus de Bâle. Le royaume de Lothaire, ou Lotharingie, représentait entre la France et la Germanie, une zone disputée et qui de fait n'a jamais cessé de l'être, bien qu'au commencement du XI® siècle la Lorraine et ses dépendances soient entrées dans la mouvance du Saint Empire romain germanique, aussi imposant par le nom qu'il l'était peu par son influence et par sa force réelle.

D. — N'est-ce pas de cette situation que l Allema gne tire argument ?

R. — Oui, mais le Saint-Empire germanique n'était en rien semblable à l'Allemagne actuelle. Il n'existait pas alors, à proprement parler, de nation allemande. Et l'Alsace était toute peuplée de seigneuries et de villes libres, petites* républiques fort jalouses de leur autonomie. Souvent ces petits Etats, lors de la guerre de Trente ans par exemple, firent cause commune avec la France : c'est ainsi que catholiques ou protestants, les Alsaciens, dans cette guerre, firent appel à la France pour les défendre soit contre l'empereur d'Allemagne, soit contre la Suède. Aussi le traité de Westphalie qui, en^l648, réunit officiellement l'Alsace à la France ne fît-il que donner une consécration de principe à une situation de fait. Voici, d'ailleurs, comment s'exprimaient les rédacteurs du traité :

« Le suprême domaine et tous les autres droits sur les évêchés de Metz, Toul et Verdun, et sur les villes de même nom et leur finage, nommément sur Moienvic, lesquels appartenaient ci-devant à l'Empire

appartiendront à V avenir à la couronne de France, et lui devront être incorporés, à perpétuité, irrévocablement...

«... L'Empereur... comme aussi l'Empire cèdent tous les droits... qui jusqu'ici ont appartenu tant à lui qu'à l'Empire et à la famille d'Autriche, sur la ville de Brisack, le Landgra^^at de la Haute et Basse- Alsace... les transportent tous et chacun d'iceux au Roi Très Chrétien et au royaume de France.

«... Tous les droits, régales et appartenances, sans réserve aucune, appartiendront au Roi Très Chrétien et seront incorporés à perpétuité à la Couronne de France, avec toute sorte de juridiction et souveraineté, sans que l'Empereur, l'Empire, la maison d'Autriche, ni aucun autre y puisse apporter aucune contradiction. De manière qu'aucun Empereur, ni aucun Prince de la Maison d'Autriche, ne pourra, ni ne devra jamais usurper, ni même prétendre aucun droit et puissance sur les dits pays, tant au delà qu'au deçà du Rhin. »

C'est ainsi que l'Alsace, née gauloise, redevint officiellement française.

D. — Et la Lorraine ?

R. — Englobée d'abord, comme F Alsace, dans le Saint- Empire germanique, elle S'en évada dès l'année 1542. Charles- Ouint reconnut l'indépendance absolue du duc de Lorraine, qui cessa d'être son vassal. En 1737, le beau-père du roi de France Louis XV devint duc de Lorraine, et, à sa mort, en 1766, la Lorraine, elle aussi, redevînt oiïiciellement française.

D. — Mais après ce séjour plus ou inoins long dans le Saint -Empire, F Alsace-Lorraine ne souffrit-elle pas de son retour à la France?

R. — L'histoire vous répondra. Soixante ans après le traité de Westphalie, vingt-huit ans après l'entrée des Français à Strasbourg, dès 1709, l'ambassadeur prussien Schmettau écrivait :

« Nous ne pouvons pas reprendre F Alsace, parce quil est

notoire que ses habitants sont plus Français encore que les Parisiens. II faut donc laisser les Alsaciens à la France qu'ils adorent, ou lui en ôter seulement les biens et les revenus, car on ne pourra ôter les cœurs d'autre manière que par une chaîne de deu!x: cents ans. Même conquise, la terre d'Alsace couzfera un brasier d'amour pour la France. »

En eflfet, TAlsace-Lorraine était déjà préparée, — par son esprit et sa culture propres, qu'elle avait su défendre, grâce à l'autonomie dont jouissaient ses seigneuries et ses villes libres, contre les influences du germanisme, — à devenir une province française : l'union, la fusion, se fit donc sans heurt ni crise, naturellement. Et, à partir de ce moment, toutes les grandes dates de notre histoire nationale furent, pour l'Alsace, autant d'occasions, spontanément saisies par elle, de s'associer aux grandeurs de la patrie, d'affirmer sa volonté, sa fierté, sa fidélité françaises.

Louis XIV se plaisait à dire d'un de ses officiers alsaciens

« Sa famille, à elle seule, me fournit plus d'officiers que toute la Basse-Bretagne. »

Avant même d'être réunie à la France, on l'a vu, l'Alsace nous avait déjà maintes fois apporté un concours militaire précieux. Mais depuis leur réunion à la France, notamment dans les guerres de la Révolution et de l'Empire, l'Alsace et la Lorraine furent parmi les provinces qui donnèrent à la „ France le plus de soldats — véritables soldats d'élite — et de généraux: par exemple, Rapp, KlébePj Kellermann et Ney, Elles nous donnent aujourd'hui : IVIaud'huy, d'Urbal, IWi-

cheler, Dubail, Hirschauer, et combien d'autres.

Lors de la Révolution française, les manifestations de

loyalisme français furent, en Alsace, aussi nombreuses qu'enthousiastes,

« Rien ne saurait dépeindre, écrit l'artiste alsacien Hansî, la joie universelle qui salua le nouveau régime, où le pauvre comme le riche

le paysan comme le seigneur, étaient déclarés libres et égaux en droits. On accrocha, pour commencer, au beau milieu du pont de Kehl, un écriteau immense où les Badois, ébahis, pouvaient lire : Ici commence le pays de la Iibertél)>. \

A la séance du 5 août 1789 de l'Assemblée nationale! âloTs que les privilèges féodaux viennent d'être supprimés, les députés de l'Alsace déclarent :

Le pont de Kehl (par Hansi)

« Renoncer en ce moment aux privilèges de sa province est un acte où il y a bien peu de mérite, car c'est devenir plus Français encore, et le nom de Français est aujourd'hui le plus beau nom qu'on puisse porter sur la terre. »

Le 12 octobre 1789, à l'Assemblée nationale encore, lecture est donnée des dons patriotiques faits librement par les villesou les provinces. Ici, ouvrons le compte rendu officiel de la séance :

« On Ht la feuille des dons patriotiques ; il en a été offert par'un grand nombre de Communautés d'Alsace qui déclarent vouloir rester pour toujours unies a'Ja France. »

ÎI^Le i3 juin 1790, à Strasbourg, se déroulait ^la fete religieuse et^ civique de la Fédération du Rhin : « A la face du Dieu de # fïïni vers », les Strasbourgeois juraient fidélité à la nation française; et ils renouvelaient ce serment solennel un mois plus tard, à Paris, à la Fête de la Fédération, en promettant « de demeurer unis à tous les Français par les liens de la plus indissoluble fraternité ».

V N'est-ce pas encore à Strasbourg que, le 25 avril 1792, naquit l'hymne national français, la IVIarseillaise, — d'abord nommé le Chant de l*Armée du Rhin ? C'est, en effet, pour conduire à la bataille contre la Prusse les jeunes volontaires du Bas- Rhin qu'à la demande de Dietrich, maire de Strasbourg, le capitaine ^u génie Rouget de Liste composa le chant fameux.

^L'année 1798 [fut témoin d'une nouvelle manifestation,, émouvante entre toutes, de l'attachement de l'Alsace à la France. En cette année, la ville de IVIulhouse sollicita Thonnëur d'être réunie à la France. Un traité fut préparé, dont voici les premiers mots : « La Répviblique française accepte le vœu des citoyens de Mulhouse. » Le i5 mars 1798, les Français se présentèrent devant Mulhouse. « Avancez, bons Français, leur dirent les Mulhousîens ; la victoire vous précède ; la paix vous suit. » Et le drapeau de Mulhouse fut enveloppé dans un étui tricolore sur lequel ces mots étaient tracés : « La République de Mulhouse repose dans le sein de la République française ».

En 1815, au Congrès de Vienne, quand la Prusse émit la prétention de jeter son dévolu sur nos provinces de l'est, ce fut, dans toute l'Alsace, une explosion d'unanime indignation.

En 1848, aux fêtes du 200« anniversaire de la réunion de l'Alsace à la France, le maire de Strasbourg déclara :

« Nous sommes venus"^ ici en foule, à deux pas de la frontière, à deux pas de l'étranger qui nous entend, pour nous féliciter, à ce moment solennel, d'être compris au sein de la grande famille française, * d'être comptés parmi les enfants de la jeune République, et nous nous retrouverions tous ici, si le tocsin du danger sonnait pour la France, si la France faisait un appel à nos bras, à notre dévouement. »

Ainsi parlait le maire de Strasbourg il ^ a soixante^dix ans. Il exprimait le Vœu permanent de l'Alsace depuis deux siècles. Mais il exprimait aussi, par avance, le Vœu de l'Alsace annexée, opprimée de 1871 à 1914, et que la guerre actuelle doit, au nom même du droit des nationalités, rendre à la mèrC'^atrie.

L'ALSACE-LORRAlNli

On ne choisit pas sa mère. Dessin d'Abel Faf^Te dans YEcho Je 'Paris)

ni

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