‹ Pourquoi les Germains seront vaincusChapitre 6 sur 29 · Voir Le Matin, 31 octobre 19U · texte numérisé non relu

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LA FORCE APPELLE LA FORCE

d'une puissance extraordinaire et construit d'après des principes d'une rigueur scientifique absolue. La révélation de leurs projets — révélation dont le cynisme dépasse toute imagination — devait, en effet, provoquer des inquiétudes très vives non seulement chez leurs voisins immédiats, mais aussi dans le monde entier. Il fallait, pour parler net, que les armées allemandes fussent assez nombreuses, assez fortement organisées et armées et assez habilement conduites pour défier celles de tous les autres peuples. Par là seulement auraient pu, sinon se justifier, du moins s'expliquer les prétentions de l'empire germanique à dominer le monde et à violer systématiquement toutes les règles de l'équité, de la bonne foi et de l'humanité. Or, la puissance militaire de l'Allemagne ne remplissait aucune de ces conditions.

L'empire germanique commit une première faute grave en n'appliquant pas dans toute son intégralité le régime de la nation armée inauguré par Frédéric P'', auquel Frédéric II dut tous ses succès militaires et qui a engendré l'esprit militariste des populations de la Prusse.

Dans le système adopté par Frédéric II, tous les Prussiens devaient le service militaire pendant vingt ans, restaient sous les drapeaux pendant dix-huit mois ou deux ans, lors de leur premier appel et, en temps de paix, pendant quelques semaines chaque année. L'instruction se faisait dans des camps où Frédéric luimême commandait souvent et où l'on n'apprenait ni mouvements inutiles de parade, ni maniements d'armes compliqués. « L'armée prussienne, dit un commentateur des mémoires de Frédéric II, était une véritable milice nationale.... Frédéric avait une armée de 200 000 combattants, tous les jours prête à marcher. » Jamais, ajoute le commandant François \ à qui j'em-

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