Pourquoi les paysans ont peur du socialisme ? Parce qu'on les a trompés ! brochure de propagande agraire
— Oui mes amis, vous etes tout, vous produisez', tout, vous faites sortir des entrailles de la terre," après de longues fatigues, les matières de première nécessité, utiles à ralimentation du peuple. Oui, j’ai vu par moi-môme, examiné, compulsé vos fatigues et vos souffrances. Quoique, j’ai longtemps habité les grandes cités industrielles, je suis comme vous originaire des campagnes, je sais que le paysan se lève tous les jours très matin aussi bien l’hiver que l’été, (*ar, quoi qu’on en dise, il y a toujours à faire, lorsque le pauvre diable veut faire vivre la maisonnée; il n'est pas question de mettre quelque argent de côté, cela est matériellement impossible; lorsque l’on a passé partout, on doit se trouver bien heureux s’il ne reste pas quelque jietite dette à liquider.
Oui, messieurs les bourgeois des villes, les. bras de ces pauvres agriculteurs s’arrêtent de travailler très tard le soir, ce qui leur fait de très longues journées d’un travail opiniâtre et ingrat, toujours courbés la face vers la terre, à piocher, bêcher, faucher, moissonner, labourer, pour faire germer le grain de blé que sa main a abandonné à la nature, travail ingrat je le répète, car, pour faire pousser ce grain de blé et le rendre propre à faire le pain qui doit alimenter nos grands centres industriels, que de peines! que de fatigues le pauvre agriculteur n’a pas endurées 1 Après toutes ces lassitudes, alors qu’il se croit tranquille^ arrive une terrible gelée qui engloutit, dans une nuit, le fruit du travail et des fatigues du pauvre diable.
Si le paysan a le bonheur de ne pas avoir de gelée, tout n’est pas terminé pour lui: il peut arriver un fort nuage où la grêle remplacera la machine à battre
OU k‘ fléau, oli ; jo sais, que vos bons députés, ceux que vous avez envoyé siéger à la Chambre, pour défendre vos intérêts, vont tous s’écrier: « Mais à ces maux que votre collègue des campagnes vous signale, il y a un remède, pour vous guérir de toutes vos peines, ce sont les Compagnies d’assurances contre la grêle ou la gelée ». Je vais vous répondre, messieurs nos représentants. Ces associations imancières sont des sociétés louches, dont pas mal de i*eprésentants de nos Assemiblées délibérantes font partie ou sont les premiers actionnaires, et ils ne devraient pas tenir ce langage, car il me semble que l’agriculture fournit une somme assez ronde au budget, annuellemient, pour que le Gouvernement do la République française assure à ces pauvres diables le produit de leur travail, sans les obliger à passer par les Compagnies d'assurances.
Pour démontrer à nos députés, qui ont presque Pair de l’ignorer, ce qu'ont produit pendant un siècle les. sacriDces des agriculteurs, je mets sous leurs yeux le tableau que j’ai relevé dans VAlmanach Socialiste de Maurice Charnay, avocat, édition 1895.
Millions de francs.
Total.
186 1/2 loi
Années.
Principal
Plus
conunT‘lo<! tableau, et que l’on on
hnr.Ji' •• Ion se trouve étonné que nos
les enflndiv^'i' f tous les jours, crient à qui veut
tentent fassent et ne
lAniiciiL lien pour lu l'ek'ver.
.Aies cliers amis des campagnes, ce n'est nas fonf fourni des millions poui’ le ironcmn- non h' .‘11'''’"'' '‘H'ooubles sont grevés de îoVu’cles olicuges qui pescmt sur eux, telles que- di-oits d’en-
twes‘"’T"u ‘’T'' 'P®,acquisitions, timbres de quittances droits d(' mutation [«/• suite de décès de
rmur h’ ‘nais ils supportent encore
ment; "ni'ôts qui les grèvent double¬
ts,A.uf‘’-'■'ë'n'’';nns paient non seulement un impôt territorial pour le sol de leurs vignes, mai” ils
Atns?'le’nent’e’t”l '■®'^'0‘tes en vin.
J I k ^ le grand iiroprietaire de bois liaient
X; '‘’nrs forêts,
tombent les droits nn^r^]T ®nr les bois à brûler, sur les bois
sur les f l'ntJSsiers, les chaufourniers,
SU! les Jtois de construction. Les propriétaires de
rlrnnôt W /'’^erbages, paient non-seulement
1 impôt teiritorial. mais encore c’est à leur dommaa-e que I on perçoit l'impôt à l’entrée sur les viande^s
hens'^^'i'''^ J''® la volaille, les jam¬
bons, es saucissons, car toutes ces choses sont le prociiiu du sol.
Que d(‘ millions ! que de millions ces pauvi*es a^^’ci- ^Iteurs .sont obligés, après bien des sacriliws.® de fournir a la société.
Que leur dorme-t-on en échange de ces millions? Des iiorsecutions et des tracasseries.
‘ 1 ’°^".' f ^1’^' ''®'' souvent
eloignee des bourgades de ü. 7 ou 8 et même tO kilométrés. pour aller vendre vos |iroduits que l'ai ' cites [dus haut, vous êtes obligés de prendre un véhiculé quelconque; malheur à vous si vous vous attai’doz trop a fairiï las commissions qui doivent vous ravitailliM* pendant uni' quizaine de jours vous et votre familh- mallnuir à vous dis-je, si'vous avez oublie la lant(‘i*ne d(' la voiture, la plaque qui doit laire connaître votre nom au gendarme qui vou< guette au tournant de la route pour vous dresseï* proces-v(‘rbal |»our (*ontravention à la polic(‘ de
roulage; et lant «d’autres taquineries que je ne veux pas citer, mais que vous connaissez tous aussi bien que moi..
Et dire que vous endurez vos souiTrances avec résignation!
Tenez, mes amis, il m’est arrivé quelquefois d’assister à une séance de la Chambre des députés et de voir comment nos bons bourgeois s’occuj^ent de notre sort. Je vous avoue que j’en suis sorti écœuré, de voir de pareils crocodiles. Lorsqu’un député du parti socialiste proposait une petite réforme en faveur des campagnes, immédiatement des hurlements de bêtes fauves lui répondaient,' et les élus des partis bourgeois criaient à l’orateur des déshérités, assez! assez! les paysans nont besoin de rien, nous les connaissons mieux que vous!
Et pour vous donner un aperçu de ce qu’ils font pour nous, je vais vous mettre sous les^ yeux une proposition déposée à la Chambre des députés, par un député socialiste dans la séance du 10 avril 1895:
« Le crédit de deux millions inscrit au chapitre 13 du budget du ministère du commerce et de l'industrie est provisoirement affecté au service d’assistance des vieillards et des invalides du travail, la Chambre prenant rengagement de résoudre au plus tôt la question d'une retraite pour tous les travailleurs des champs des villes par la contribution obligatoire des grands propriétaires terriens et du patronat industriel et commercial. »
Tl y a eu pour voter cette proposition humanitaire 89 députés, et 362 qui ne veulent rien faire pour les malheureux.
Dans la meme séance, M. Goblet déposait la proposition suivante;
« A titre transitoire, et pendant dix années à partir de 1895, une pension de 100 francs, au minimum, sera accordé'e à tous les citoyens français sans ressources ayant plus de soixante-dix ans. »
Tl s’est trouvé 220 députés qui ont dit oui, et 280 qui ont déclaré par leur vote que les travailleurs des champs n’avaient besoin de rien.
Et tout récemment, notre ami Compère-Morel, dans la séance de la Chambre des députés du 6 décembre 1909, exposait les misères que vous endurez, la mau-
vaisc nourriture que Ton vous impose, le courhaa-e dans les ecuries et sur de la paille où pullulent tous les microbes qui engendrent les maladies les plus affreuses. Seul le |iarti socialiste à la Chambre a soutenu vos si Justes revendications. A vous de 1uaer VOS élus. °
\ 030 ns ■maintenant le Sénat. Dans la séance du mardi / décembre 1909, M. Godet, sénateur de la Haute-Vienne, déposait un amendement tendant à taire bénéficier des l'etraites les fermiers et les métayor.s. Cette proposition, si Juste, a été repoussée par Cri VOIX contre 137. Vous voyez, mes amis, que Ion vient ni plus ni moins de vous exclure de cette nouvelle loi des retraites ouvrières.
A vous, camarades des camji)agnes, de bien faire attention lorsque vous êtes appelés à élire vos représentants, ne confiez pas vos intérêts à des riches propriétaires, à des médecins sans clients ou à des rentiers, des avocats qui ne savent pas les misères que vous endurez, les peines que vous supportez, les ennuis et les lassitudes qui vous minent; yjrenez un homme de votre classe, un pa 3 '’san, travailleur comme vous; qu’importe qu'il ne soit pas si beau parleur que le rentier, le. gros propriétaire, l'avocat ou le médecin, pourvu qu il sache défendre vos intérêts contre les hauts barons de la finance. Rappelez-vous, mes amis, que rémancipation des travailleurs ne sera Tœuvre que des travailleurs eux-mêmes.
Car, pauvres agriculteurs, vous êtes appelés presque tous les jours à lutter contre les hauts barons de la linance : qu’il arrive que vous fassiez une mauvaise récolte dans votre petite px^opriété qui, en temps normal, suflit à peine à vous faire vivre, vous voilà obligés'de vous adresser au gros linancier pour qu’il vous prête quelques pistoles pour pouvoir élever votre famille et en même temps pour acheter de la semence pour l’année suivante; si une vache vient à se casser une jambe ou à être victime de tout autre accident ; si les moutons subissent le même sort ; toujours le même chemin à prendre : la misère. L’usurier, celui qui ne produit rien et qui jouit de tous les plaisii^s est là, qui vous attend. Oh, il va sans dire qu'il ne refuse pas de vous obliger, si toutefois votre petite propriété n’est pas trop liy'pothéquée, il vous prête une petite somme moyennant un intérêt de dix pour cent et avec gai^antie^
hypothécaires. Je vous dis qu'il vous l'aut payer un intérêt de dix pour cent ; en voici la preuve :
Pour tous les emprunts contractés avec pranties hypothécaires qui sont d'une somme moindre de mille francs l'argent revient à l'imiprunteur au moins à la somme que je vous ai citée :
Cinq pour cent d’intérêts, ci .. . . 5 »
Un franc dix centimes pour cent pour l'en-
registrement . t 10
Honoraires du notaire, un franc pour cent 1 »
Grosse en quatre rôles, un franc vingt cen-
tim-es pour cent. 1 20
Quittance loi’sque l’emprunteur se libère,
cinquante-cinq centimes du cent . » 55
Expédition de la quittance en deux l'ôles, soixant centimes du cent. » 00
Honoraires du notaire, soixante centimes
du cent . , . 00
Frais de radiation d’inscriptions, vingt centimes du cent . » 20
Total pour le pauvre paysan... 10 25
Tl n'y a ])as la moindre exagération dans ce tableau, on peut consulter à ce sujet tous les praticiens.
On voit donc, d’après cet exposé, que ce nouveau genre d'impôts va grossir les centaines de millions cjue le paysan a déjà fourni à l’Etat.
Paysans mes am'is, vous qui aimez tant cette petite propriété, ce petit coin de terre qui vous a vu naître, il ne vous appartiendra bientôt plus, et certes ce ne sera pas le Parti socialiste, comme le dit avec juste raison la citoyenne Paule Mink dans l’Almanach de Maurice Charnay, qui vous en aura expropriés. Je vous prie d’être'attentifs à ce que je vais vous raconter, car c'est l’exacte vérité.
Oh, comme il l’aimait sa terre, le pè]*e Jérôme ! comme il l’aimait, cette propriété, i)etite d’abord, devenue peu à peu plus grande par suite de son travail acharné, et dans laquelle il pensait mourir après lui avoir donné le meilleur de son sang, de sa vie. Il en était fier et jaloux tout à la fois, ayant pour elle passion ombrageuse de propriétaire et d’amant (pu veut bien ciue chacun admire celle qu’il possédé, mais qui se montre féroce dès que d un regard ou d’un effleurement on semble en prendre un peu sa part de possession.
■Elle lui ;i|)i)artenait, sa teire ’
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.-uiusc 11 avau lait la, lui si raisonnable cenenrhnt
n lui avait fallu bûcher plus dur. trimer
encore. Aussi maintenant, à cinquante ans sèT e^
& la''tén'rh?èth'‘ continuer à travail-