‹ Pourquoi les paysans ont peur du socialisme ? Parce qu'on les a trompés ! brochure de propagande agraireChapitre 2 sur 2 · la ICI le, la retn e nourricière · texte numérisé non relu

la ICI le, la retn e nourricière

l-i '®® temps, par le vent

<■ J uic, le iioid ou le soleil, sa peau s’était ridpp eoimne un vieux cuir ; de toujours être pencfié sur

ef son [ronr^ courbé

et son iiont ne se redressait pas vers le soleil ré

chauffant ; ses yeux n’avaient plus les lueurs briî" antes, reflets de l’immense horizon, mais ils resliUont ternes toujours attachés à cette terre que tan fl

peTi{ faU?p®nnée‘'’'‘ pouvait redresser un

îie^m y®™ s’anim'aient, ses bras

t'eri e tcçuiblement de bonheur : « Cette

telle, elle est a moi, a moi, c’est ma propriété uersonne ne pourra me l'èter; non personne! qu’ils’vdennent donc y voir, les socialistes, les partageux! »

J^e pere Jérôme avait entendu parler des socialistes comme des croquemitaines, mangeant tout crus les enfants, les lemmes et les propriétés.

Cependant le père Jérome avait été obligé d'emprunter sur sa terre pour améliorer la culture pour acheter des instruments aratoires, et il comptait sur ses récoltés pour rendre cet argent au plus tôt.

Les récoltes fiu-ent in'auvaises ou pas très bonnes, les blés, les foins ne se vendirent pas, la vigne devint malade, une épizootie ravagea son étable et lui tua plusieurs bêtes de labeui*: toutes malechances qui tombent souvent sur les paysans, les petits propriétaires et les vouent à la misère commune, comme les crises industrielles et le chômage font aussi tomber dans la misère la plus complète les travailleurs des villes.

Contre tous ces ennuis, le père Jérôme se démena comme un homme d’énergie et de courage, il contracta d'autres emprunts pour payer une partie des premiers et tenir tête à ses créanciers devenus exigeants. Mais les intérêts à payer augjuentèrent sa dette; puis les contributions, le fisc qu'il fallait payer aussi. Jérôme ne voulait pas vendre sa terre; il l’engagea, prit hypothèque sur elle, sur la maison : les intérêts devinrent de plus en plus lourds, les huissiers envoyèrent des actes, assignations, jugements, saisies, significations, etc., tous les papiers visqueux si chers et si coûteux des gripeminauds et chats-fourrés qui savent si bien dévorer les ])ropriétés des malheureux.

Si bien qu’un tinste et gris matin, des hommes de la ville : huissiers, avoués et juges, vinrent instrumenter contre le père Jérôme et le chasser, lui, sa femme et ses enfants, de sa terre, le mettre par force hors de la maison où il avait grandi et aimé, où ses enfants étaient nés.

Expulsés, lui et sa famille, mis dehors sans vêtement, sans meubles — tout était saisi par autorité de justice, les vieilles hardes et les nouveaux bonnets, les souvenirs de la mère et les robes des enfants, les petites culottes, les tabliers et les bérets, tout, tout (1) — le travailleur qui, pendant quarante ans, avait donné sa force, sa vie, à cette terre qu’il avait fécondée par sa sueur, par son sang, le propriétaire qui l’avait fait produelive et belle par la force de son amour, cette terre que tant il aimait, il en était chassé comme un vagabond, comme un miséreux... Ah! ce n’étaient pas les socialistes, les partageux, qui lui prenaient sa terre, c’étaient les bourgeois, les juges, la loi, la légalité qui l'expropriaient de tout, le dépouillaient, les jetaient, lui et les siens,

(l) J'ai vu ce trisle speclaclc. en 1895, à Eslivoreilics (Loire).

pauvres et nus dans le froid, dans la boue, sur la route terreuse et toute noire...

Le père Jérôme ne put supporter une pareille douleur. Affolé, les yeux hagards, il se redressa par un suprême effort de ses nerfs surexcités et poussant un grand cri :

« Ma terre! ma terre! non, jamais, jamais, on ne me Ta crachera... Puis, étendant ses bras largement comme pour enserj'or plus d’espace, il tomba lourdement disant avec un dernier spasme : «je l’aime, moi, la terre, je la veux... » Il s’écrasa la face contre la terre et mourut en la mordant furieusement, comme pour avoir quelque chose d’elle en lui, alors qu’il allait être tout entier absorbé par elle.

Oui, mes amis, les bons bourgeois que vous avez eu le malheur de nommer députés pour défendre l’intérêt de l’agriculture, ' ne vous ronvez qjas étonnés de voir qu’ils n’aient rien tenté pour améliorer votre' sort, leur intérêt personnel le leur défend.

Après avoir passé quelques mois de repos à la Chambre des députés, après avoir vécu de la grande ■vie parisienne, ou tout était à la disposition du fabricant de lois : landau attelé de deux pur sang, pour promener la personne de Monsieur le Représentant, cigare fourni par la questure de la Chambre, et, pas à 5 centimes comm(‘ il nous arrive quelquefois le dimanche de q)Ouvoir en savourer un par hasard, mais, à 40 ou 50 centimes pièce. Pour l’homme qui vous avait tant ])romis des réformes, et qui, après avmir brûlé ce 'formidable londrès, vient s’humecter la bouche avec un bon verre de champagne à la buvette de la Chambre, alors que vous, pauvres paysans, vous êtes condamnés à boire de l’eau; femme du grand monde à volonté ou danseuse que ces messieurs trouvent dans les coulisses de l’Opéra; enfin tous les plaisirs. Après toutes ces débauches, ils viennent dans nos campagnes parler du Parti socialiste, de'Ceux qu'ils ont eux-mêmes baptisés les partageux, ils viennent vous dire que les socialistes veulent partager vos terres, s’emparer de vos bestiaux, de vos instruments de travail, en un mot do tout ce que vous pouvez posséder.

Mes bons amis, ne croyez pas ces mensonges inventés pour la circonstance. Les socialistes ne veulent pas de partage; ils savent que cela est impossible, et il serait facile de démontrer que tout ce

cjue ces parasites de haute marque viennent vous raconter sur les partageux, n’est qu’un prétexte pour que vous les renommiez la prochaine fois; ils ont ])eur que vous vous soldez aperçus qu’ils n’ont agi qu en paresseux pendant ces quatre années de législature, que vous vous soyiez fâchés, et que vous choisissiez des paysans comme vous tous pour les remplacer : voilà ce qu’ils craignent.

Le Parti socialiste ne veut pas de partage. Admettons pour un instant, que nous soyons tous égaux, avec chacun treize hectares de terre, de prairie ou de vigne :

Voyons mes amis, est-ce que nous sommes tous dans la môme voie? Avons-nous tous le meme tempérament? Non, n’cst-ce pas? Celui qui travaillerait consciencieusement ses treize hectares de terre vivrait tranquillement, au lieu que celui qui no voudrait rien faire, serait obligé de vendre sa portion, c’est-à-dire ses treize liectares de terre. Vous voyez qu’il n’y aurait déjà plus égalité, et vous pouvez juger les mensonges de ces soi-disant républicains, les défenseurs du peuple à coups de fusils (témoins : Fourmie, .Narbonne, Raon-TEtape, Dravei.l, Yilleneuve-Saint-Georges, Cluses, »etc.).

Le INarti socialiste veut le bien-être de tous, aussi bien pour le vieillard que pour l’enfant; il veut que le pauvre paysan puisse faire instruire son lils comme monsieur l'e gros capitaliste fait instruire le sien; il veut que nos enfants puissent aller dans les collèges qui, jusqu’à ce jour, leur ont été fermés.

Nous voulons que le vieillard puisse, après avoir usé ses forces pendant une période de sa vie, jouir d’un repos bien mérité. Nous voulons que son existence lui soit assurée par la commune, le département ou l’Etat, dans le lieu qu’il aurait lui-meme choisi.

Nous voulons la justice gratuite pour tous, et les juges nommés par le suffrage universel.

Nous voulons la suppression des Compagnies d’assurances, et que les communes, le département ou l’Etat soient le véritable assureur ; au moins nous n’aurions pas de faillite à redouter.

Nous voulons la suppression des armées permanentes, et l’armement du peuple, car il est inadmissible qu’un père de famille, après avoir élevé ses enfants, avoir peiné pour les amener jusqu’à l’âge de

vingt ans, après avoir lutté (‘outre les privations^ les maladies, (r't réussi à fairt^ de son lils un jeune homme en qui il a mis tout son espoir, tout son amour paternel, se le voie brutalement arracher un beau jour pour -être enfermé dans une caserne, réserve de chair à canon, au moment oii, déjà vieux, use par le travail, le pauvre i)ère aui’ait tant besoin de l’aide, de raffection de son enfant.

Voilà ce que veut le Parti socialiste. Vous voyez, mes amis, qu’il n’est question que de protéger et éduquer la jeunesse et d’assurer à la vieillesse un repos et un bien-iître mérités, et qu'il ne s’agit nullement de vous dépouiller de vos produits et de vos propriétés, selon la^formule et le langage de vos représentants bourgeois.

Vos représentants* et les miens, malheureusement, vont me demander où on trouvera l’argent néce saire pour accomplir toutes ces réformes. C’est bien simple : ])ar la suppression des monopoles, et leur transformation en services publics, des mines, des chemins de fer, des canaux. Au lieu de voir 50 ou 100 individus empocher tous les bénéfices de ces exploitations, il me semble que tous ces millions seraient bien, mieux dans les caisses de l’Etat, et '"oyez certain qu'on trouverait là facilement les quelques centaines de millions nécessaires pour faire instruire nos enfants, et mettre à l’abri de la misère nos pauvres vieillards et nos invalides du travail, aussi bien des campagnes que des villes, sans compter le milliard que la suppression du budget de la guerre laisserait disponible du fait de la suppression de l'armée permanente.

Vous voyez, ÏMessieurs les administrateurs de la chose publique, que le programme du Parti socialiste est réalisable, mais je suis convaincu que vous ne le ferez ^jamais, parce 'que ce serait toucher à vosprivilèges, et vous n’êtes pas des hommes à vous donner des verges pour vous fouetter.

On sait bien que cette manière de voir ne plait pas à tous nos politiciens, il y a longtemps qu’ils accusent les défenseurs des cultivateurs de trahir la République, de fomenter la discorde, d’insulter les députés fainéants; bref, on traite le Parti socialiste de farceur.

Raisonnons un peu, s’il vous piaît, citoyens de la politique; on ne vous craint pas, il y a encore des gendarmes.

Nous trahissons la République!

Expliquez-vous.

Nous réclamons aide et protection pour vingt millions de travailleurs! Est-ce là trahir la République?

Nous disons qu’avec un travail acharné le cultivateur a de la peine à gagner sa vie, et à nouridr les siens. Est-ce là trahir la République?

Nous ajoutons qu'il est urgent de chercher un remède à ces niaiseries. Est-ce là trahir la République ?

C’est donc trahir la République que de dire la vérité et de plaider la cause de l’agriculture ? La vôtre, c’est possible, mais pas la nôtre; voulez-vous la connaître, notre République ? iNotre République fait tout ce qu’elle peut pour le bien de tout le monde : elle -doit assurer l'existence et la vie à ceux qui crèvent de faim ; elle ne fait pas de dépenses folles parce que dépenser plus que ses revenus, c’est se ruiner, et un gouvernement qui se ruine, ruine ses gouvernés. Notre République veut que les grands principes de 1789, Liberté, Egalité, Fraternité, deviennent une réalité pour tout le monde. Est-ce là fomenter la guerre civile ?

Vous savez bien que ce n’est pas l’agriculteur qui fait la guerre civile, c'est le pauvre paysan qui la supporte, et trop souvent bêtement. La guerre civile est organisée par vous, représentants élus pour <conserver vos privilèges.

Une fois députés, on rit un peu de la naïveté de ses électeurs ; on tire son traitement ; et nos terribles blagueurs regardent d’un air malin gémir le pauvre peu[)le, ils contemplent malicieusement, le cœur léger, leur misère ; quand les malheureux crient trop haut et réclament une place au banquet de la vie, on leur jette quelques os à rongjer, et ces os sont le plus souvent les amis et les vrais défenseurs des. malheureux. Il y a là double malice, double plaisir pour nos maîtres.

Mais avant de jeter ces os aux pauvres diables, on les arrose d’une bonne dose de phrases ronflantes, afin de les rendre appétissants ; c’est là l’office des cuisiniers, des journaux opportunistes et radicaux, veux-je dire ; il faut voir comme ils remplissent leur mission de bon cœur ! la besogne Ueur va ; s’ils hésitent, les fonds secrets calment leurs scrupules.

Quant aux pauvres victimes, elles cherchent à se défendre. Halte 1 halte ! il leur est permis de se laisser nïanger sans protester.

On. dit encore que l’impôt ne pèse guère que sur les riches, que les pauvres ayant [leu de biens ne donnent presque rien au Trésor; encore un mensonge de nos dirigeants, et nous allons leur démontrer que ce sont justement les pauvres diables qui ])aient une grande partie des impôts indirects. Tout ce que nous achetons, tout ce que nous consommons, tout est imposé ; au lieu de payer un produit cinquante centimes, nous le payons soixante, soixantequinze centimes et môme un franc avec l’impôt. Le i*iche boit les vins fins de champagne et autres, qui ne sont frappés à leur entrée dans la cave du gros rentier que des mômes droits que les mauvais vins qu’un ouvrier à peu près aisé peut faire entrer chez lui ; ainsi voilà du vin qui coûte 200 francs la pièce de 220 litres, il ne paie pas plus que celui qui coûte (30 francs ; voilà comment, mes amis, les impôts pèsent surtout sur la classe des travailleurs, voilà comment les bourgeois comprennent l’égalité. Nos représentants s’en moquent pas mal ; ils se disent seulement : soyons renommés, et puis nous ferons encore nos petites affaires. Gela durera encore de longues années ; une fois notre gousset bien garni, si les électeurs veulent nous débarquer, nous choisirons une trésorerie générale ou le gouvernement d’une colonie quelconque,

Tout dernièrement, je lisais Hans un journal la nomenclature des impôts ; celui qui m’a le plus frappé, c’est l’impôt sur les sels. Ainsi, quoi qu’on dise, on ne peut se passer de sel, soit pour la salaison des animaux que vous abattez pour vous servir de pitance toute une longue année, soit pour conserver tous vos produits, et aussi pour donner, dans certains moments, de l’appétit à vos animaux vivants. Je dis que cet impôt doit être supprimé, car le sel est d’une trop grande utilité pour nos campagnes.

Je "conclus donc, citoyens paysans, et je crois vous avoir suffisamment démontré toutes les misères que vous fait supporter la bourgeoisie, les lourdes charges que vous avez à payer au Trésor. Que vous soyez ouvriers, on vous exploite en ne vous payant pas le prix de votre travail ; si vous ôtes fermiers, on vous exploite en vous louant des terres qui n’ont pas de

c‘t qui. |)Oiir ôtP(‘ rendues productives exig(‘raient une i‘oia*e de travail triple de celle que le gros châtelain vous avait annoncée le jour d(‘ la location.

Le petit propriétaire, lui, est exploité par le préteur d argent, qui ])rend hypothèque sui* ses biens ; je vous ai démontré comment on avait chassé le père Jérome de sa terre. Il y a encore une autre (^^ploitation qui n’a l’air de presque ri(‘n, et qui, pourtant, pèse assez lourdement sui* vous tous : j(‘ veux parler des intei-médiaires. Lorsque vous men(‘z vos produits dans l(‘s marchés, une bande d’accapareurs qui, eux, ne sont pas comme vous, qui ne se jalousent i)as, qui sont syndiqués cd sont tous d’ac(*ord ])our vous payer vos ])roduits le moins chei* possible pom* de là aller les revendre dans une autre vill(‘ à des i)rix bien souvent doubles comme bénéfice. Et dire qu(‘ tous vos produits sont à leur merci, jusqu’à votre grain, matière de preinière nécessité. Tl y a quatorze ou quinze ans vos représentants avaient voté une loi établissant un impôt de sept francs par cent kilos sur les blés étrangers. Eh bien, mes amis, avez-vous vendu vos blés plus cher depuis cette époque ? Non, n’est-c(‘ pas ? pourquoi ? parce que racca])reur ne veut pas Vous les payer davantage, car il a empli les magasins généraux, et il est le roi de la hausse et de la baisse. Cette taxe sur les blés n’a eu qu’un seul résultat : c’est que vos camai*ades des villes ont i)ayé de cinq à^ dix centimes plus cher le pain de quatre livres. Yoil'à ce qu’ont fait vos ^représentants pour vouS' et vos frères des villes. Voyons ensemble, citoyens paysans, s’il n’y aurait lias moyen de supprimer ces intermédiaires et ces accapareurs. J(‘ vous ai dit qu’ils étaient syndiqués ; eh bien, ne ])Ourj*iez-vous pas en faire autant ? Ecoutez la voix du Parti socialiste qui vous crie :« Paysans, groupez-vous, oi’ganisez-vous en syndicats agricoles, en coopérativoîs, éléments nécessaires à la transfoianation sociale. )> Une fois chez vous, votre cooi)érative supprimera tous,les aigrefins intermédiaires, car elle vendra directement au Magasin de Gros de toutes les coopératives, et vos produits auront, d(' c(‘ fait, leur valeur réelle, et vous aurez aboli votJ*e exploitation. Certes, cela n(‘ signifie pas que nous voyons dans le syndicalisuK' et la coopération les éléments de la trarisfoi*mation sociale, mais il n’en est j)as moins vrai que nous considérons ces organism(‘S ouvriers 'comme

nécessaires pour nos combats et nos conquêtes futurs en vue de la transformation sociale. Oui, camarades des campagnes, venez avec nous, venez avec le Parti socialiste*qui veut votre bien-être et non vous voler, comme vous le racontent les bourgeois, ceux qui vous volent tous les jours, vous exploitent et vous exproprient, et qui ont vite fait de vous jeter sur la route, sans la moindre pitié.

Oui, le socialisme est le seul parti qui puisse, d'une façon complète, vous libérer de tous vos maux, et, pour vous faire voir que de tous les partis politiques seul le Parti socialiste s’occupe de vos revendications, et pour vous le démontrer, je mets sous vos yeux les délibérations de son S'* Congrès national, tenu à Toulouse les 15, 16, 17 et 18 octobre 1908 :

Le o'" Congrès du Parti Socialiste (Section Française de l’Internationale Ouvrière) tenu, à Toulouse, les 15, 16, 17 et 1S O est oh re 1908 ;

Considérant que les salariés de la Terre, expropriés de leur instrument de production, sont aussi prolétaires que les salariés de la mine, du rail, de Vusinc et des grands magasins ;

Qiie les salaires de famine font d'eux des soushommes, dans toute Vacception du mot ;

Considérant que les fermiers et métayers non prujsriétaires son\t jyressurés au même titre que les ouvriers de la culture, par les gros propriétaires terriens qui, leur louant des fermes ou leur donnant^des inélairies à mi-fruit, les exploitent honteusement ;

Considérant que les petits propriétaires travaillant eux-mêmes leurs terres, sont loin d’être les maîtres absolus de leurs biens hypothéqués ; qu’ils sont rançonnés par les prêteurs d'argent et par les intermédiaires capitalistes ; condamnés, par là, à se tuer à la peine, faisant deux jours dans un, s’exploitant plus férocement qu’un patron ne les exploiterait, en attendant qu’ils succombent sous la concurrence de la grande propriété terrienne ;

Considérant enfin que les travailleurs de la terre, depuis le salarié jusqu'aux petits propriétaires, en passant par les métayers et les fermiers dépossédés, ont tout intérêt à voir se réaliser la transformation sociale, poursuivie par le Parti Socialiste (S. F, 1, O.) ;

Décide de mener une action 'incessante par la

pressei la brochure, la conférence, este., auprès des dépossédés de la terre, salariés, fermiers et métayers, et auprès des petits propriétaires, pour les inviter à entrer dans le Parti Socialiste, pour hâter l’expropriation 'politique de la bourgeoisie — condition sine qua non de son émancipation économique — afin de socialiser tous les moyens de production, d’échange et de transport capitalistes et pour leur faire comprendre ensuite, qu’ils doivent se grouper : les premiers, en Syndicats assez riches 'et assez puissants pour contraindre leurs maîtres et propriétaires à faire droit à leurs revendicatins et, les seconds, en Coopératives d’achat, de vente et de production, préparant ainsi la transformation de leurs propriétés individuelles en propriétés collectives, par la voie de la coopération ;

Le Congrès décide, en outre, de donner mandat à la C. A. P. du Parti de dresser un cahier de revendications paysanes, où seraient consignées les réformes que l’on peut réaliser immédiatement, afin de soulager le monde paijsan courbé sous la domination des propriétaires capitalistes, tout en proclamant le plus énergiquement possible que seule la Propriété collective ou sociale, permettra d’extraire du sol le inaxvmum de rendement sur un minimum d’efforts.

Après avoir lu cet exposé, j’ai la ferme conviction que vous n’aurez plus peur des socialistes, et, qu’au contraire, vous les considérerez comme des frères et que, sans hésiter, vous viendrez avec ceux qui vous défendent ; vous adhérerez au programme du Parti socialiste, car ce programme est le vôtre. Si vous ne voulez plus être volés, exploités, venez en masse avec ceux, nombreux déjà, qui font la chasse aux voleurs et aux exploiteurs de toute nature, aussi bien à la ville qu’à la campagne ; venez au parti libérateur.

L’Emancipatrice, ' 5 , rue de Pondichéry. Paris. — 8420-4-10.

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