Le comte de Mun, Ma vocation sociale, p
qu'elles sont à plaindre les localités où, par négligence, par apathie, par lésinerie peut-être, ces retraites ne se donnent Presque jamais, ou bien n'ont lieu qu'à de trop rares intervalles! Quel terrible compte à rendre un jour au souverain Juge de tant d'âmes perdues parce qu'on leur a refusé l'occasion de se Convertir sincèrement à Dieu et de briser leurs Chaînes sous l'action victorieuse d'une bonne et sainte retraite!
Mais, sachons le reconnaître loyalement, le prédicateur, : lors des retraites paroissiales, s'adresse à la masse: forcément il ne parle que des obligations les plus graves de la vie chrétienne. S'il touche aux devoirs d'état, ce n'est que d'une manière générale, sans entrer dans les détails, sans pouvoir pénétrer jusqu'aux profondeurs des âmes de ses auditeurs qu'il ne connaît pas, dont il ignore les habitudes, les situations particulières et les besoins propres à chacune d'elles. Les moyens de préservation ou d'amendement qu'il indique ne sont que des moyens d'ensemble. De plus, il est évident que dans les retraites paroissiales la prière est moins intense, la réfléxion moins profonde, le recueillement moins complet qu'on le voudrait. Les occasions du péché demeurent, ou ne sont pas suffisamment écartées: les occupations journalières et la vie du foyer détournent l'âme de !’idée de la retraite, l'arrêtent dans sa marche vers Dieu à qui elle ne se livre qu'à demi.
I est donc évident que les retre''es parois-
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siales, suffisantes pour la foule, ne répondent pas assez aux aspirations élevées de certaines âmes choisies, avides de <ueillement, de prière et de pénitence. Elles forment de bons chrétiens, mais non, généralement du moins, une classe d'élite, des ouvriers actifs et bien entraînés au service de Dieu et de l'Église, des hommes d'œuvres sociales catholiques, en un mot, des apôtres en qui « Dieu parle et agit, les enfantant aux généreux desseins, aux énergiques -entreprises. » C'est pourquoi les retraites paroissiales « appellent comme compiément indispensable les retraites fermées. Il les faut pour exercer sur les catholiques pratiquants une action plus puissante et plus directe.. La maison de retraite est une école supérieure de guerre d'où doivent sortir les militants et les chefs de l'armée catholique. » !
Forration de l’élite
Un libre penseur a compris ce trait caractéristique des retraites fermées: « Elles sont avant tout des écoles d'apostolat…. De l'aveu même de leurs promoteurs, elles sont destinées à faire: surgir des catholiques militants. Bien qu'elles revêtent l'apparence d'exercices de méditation et de foi, elles sont des œuvres ce combat. » ?
Son Excellence Mgr Radini-Tedeschi a mis