‹ Pourquoi les retraites fermées sont-elles nécessaires au Canada? [microforme]Chapitre 6 sur 25 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Les Retraites fermées collectives

Les Exercices de saint Ignace sont très souvent à la base même des retraites pastorales et des retraites ps.oissiales. De pieux fidèles, placés dans l'impossibilité de faire davantage, les suivent parfois pendant huit ou quinze jours chez eux et sans interrompre leurs occupations ordinaires, en se livrant, chaque jour, à la méditation des principales vérités théoriques et pratiques que renferme ce livre d'or. Mais, il faut bien l'avouer, ce n'est pas là précisément la retraite que demande saint Ignace à ceux qui veulent opérer la réforme totale de leur vie. Les Exercices ont besoin pour produire la plénitude de leurs fruits, d'être faits dans la solitude et le parfait recueillement de toutes les facultés de l'âme: ils requièrent la présence d'un guide expérimenté qui les explique et les applique sagement à la condition de chacun, à ses besoins spirituels, à son ‘état d'âme. De là la raison d'être des retraites fermées.

Les retraites fermées sont de deux sortes: les unes Sont privées et individuelles: les autres sont

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des retraites collectives, réunissant par groupes distincts les diverses classes sociales. Les premières sont connues de tous ; depuis très longtemps elles sont en usage dans notre pays. Que de prêtres, de religieux, de pieux fidèles y ont trouvé la vraie source d'une haute perfection, le secret de la fécondité de leurs œuvres!

Je ne parlerai donc ici que des retraites fermées collectives, « moyen par excellence d'affermir les âmes dans la pratique du bien, »!

œuvre qui occupe à juste titre le premier rang parmi les œuvres sociales, »? « instrument Puissant de la sanctification des individus et d'utilité générale pour la société. » :

Historique des retraites fermées

Les Jésuites firent des retraites fermées, dès les premières années de leur fondation, l'un de leurs principaux moyens d'apostolat, l'une de leurs armes les plus terribles contre les abus alors existants dans l'Église et contre les erreurs envahissantes de la réforme protestante. Rome ne les vit cependant éclore dans son sein qu'au XVIIe siècle. Elles se détachèrent, comme un fruit mûr, de l'arbre fécond des congrégations de la Très Sainte Vierge.

1. Card. Goussens. 2. Mar l'évêque de Bruges. 3. Lettre de Léon XIII au P. Martin, S.J.. 8 février 1900.

Ces retraites fermées coliectives, bénies et encouragées par les souverains pontifes, se répandirent bientôt dans toute l'Italie; de là elles passèrent en Allemagne et en France, enserrant dans leurs anneaux bienfaisants tous les enfants de l'Église sans distinction d'âge ni de caste. Les fils du peuple y trouvaient, non moins que les plus hauts Personnages de la hiérarchie reli- . gieuse ou civile, la paix du cœur et la véritable direction de leur vie.

La révolution de 1789 vit, non sans raison, dans ces maisons de retraite un obstacle énorme à la diffusion de ses idées subversives de l'ordre, à son travail monstrueux de déchristianisation. Elle les supprima donc en France. Quelques-unes d'entre elles seulement échappèrent, en Bretagne et en Vendée, aux perquisitions du gouvernement révolutionnaire.

Il y a trente ans environ, des cœurs d'apôtres formèrent le généreux dessein de rouvrir en France les établissements des retraites fermées. Dieu eut pour agréables leurs efforts; il daigna les couronner d'un plein succès. A l'heure 'présente, l'œuvre compte des maisons dans un grand nombre de départements français. En Belgique, les retraites fermées collectives sont, depuis 1890, en pleine floraison. La classe ouvrière leur doit en grande partie sa régénération, sa foi robuste, son inviolable attachement, nonobstant les efforts du socialisme pour la perdre, aux ordres et aux directions du Saint-Siège apostolique. Des mil-

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liers et des milliers d'âmes appar! nant au clergé, à l'état religieux, à la noblesse, à la politique, à l'armée, à la magistrature, aux professions libérales, au commerce, à l'industrie, à l’agriculture, au monde qui travaille et qui peine, sont venues, depuis trente ans, demander à ces maisons bénies le calme et la paix dont elles avaient soif, la réforme depuis longtemps désirée de leur vie désorientée, le courage qui leur manquait peutêtre pour être de vrais soldats, de véritables apôtres de Jésus-Christ: « Nul, s'il n'en a fait l'expérience, ne sait ce que valent trois jours ainsi passés dans la méditation, arrachés au bruit, à l'agitation, au souci des affaires, donnés à la réflexion et à l'examen loyal de soi-même.

J'ose affirmer qu'il n'y a pas pour la vie privée comme pour la vie publique, pour les devoirs de la famille comme pour les fonctions sociales, pour les hommes d'État comme pour les simples particuliers, de plus salutaire Préparation. » !

Retraites fermées et retraites paroissiales

Loin de moi cependant la pensée de vouloir substituer les retraites fermées aux retraites pa-roissiales. (Ces dernières sont nécessaires à læ conservation de l'esprit de foi et de piété, au maintien de la morale chrétienne. L'influence qu'elles exercent pour le bien est considérable. Aussi

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