Revue du Clergé
les voyez-vous au Sortir de leurs maisons de retraite, s'avancer calmes et résolus, sans jamais reculer, et montrant à tous l'étendard de la Croix. »
Le fonctionnement des retraites
suite, les mêmes intérêts immédiats à Sauvegarder, les mêmes difficultés à vaincre, les mêmes luttes à soutenir, et possédant les mêmes moyens d'agir sur le milieu dans lequel ils vivent.
hiérarchiques de l'Église.
La retraite fermée donne, dans la personne de
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son directeur, un guide expérimenté. En ami sincère, ce conducteur d'âmes indique avec bonté à chacun la plaie qu'il faut guérir, les réformes à faire, la voie à suivre, les moyens particuliers nécessaires pour persévérer, les armes spéciales dont il est indispensable de se revêtir si on veut lutter et lutter victorieusement. I! découvre parfois dans certaines âmes d'élite les instruments dont Dieu veut se servir pour le triomphe de telle ou telle cause; qu'il est heureux alors de les préparer à une si haute mission! D'autres fois, le retraitant, après avoir versé dans le cœur de son guide spirituel ses pensées les plus intimes, lui avoir fait connaître l'histoire entière de sa vie, les phases troublées par lesquelles il a passé, est tout surpris de l'entendre lui dire, au nom de Dieu, qu'il doit donner à son existence une autre orientation, briser avec le monde, devenir prêtre ou religieux.
Enfin la retraite fermée collective fournit aux personnes du mêr 1e groupe social, d'une même ville, d'une même peoisse, l'occasion de se parler à Cœur ouvert des choses de la religion, de s'aider mutuellement par de sages conseils, de voir ensemble aux mesures les plus efficaces pour exercer de concert, de retour dans leurs foyers, une salutaire influence sur leurs concitoyens, les entraîner, à leur suite, à travailler au règne social de Notre Seigneur. « Il faut que je vous dise, déclarait en 1896, au Congrès de Landerneau, l'orateur catholique que j'ai cité plus haut, M. le comte Albert de Mun, il faut que je vous dise
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où s'allume ce foyer qui ne s'éteint jamais; c'est dans nos retraites annuelles. Là, pendant trois jours, devant Dieu, sous la direction d'un prêtre rompu à la manœuvre des âmes, nous nous rassemblons, nous prions, nous méditons, nous essayons de fouler aux pieds les difficultés, les obstacles semés sur la route, d'arracher les épines, compagnes inséparables du travail hu- . main; puis, nous échangeons nos idées, nos craintes et nos espérances, nous disons les résultats obtenus, les échecs essuyés, nous apaisons nos cœurs, s'il le faut, nous fortifions nos âmes, nous renouvelons nos serments à Jésus crucifié, et nous sortons de là plus forts, plus joyeux, plus résolus; nous en sortons aussi nous aimant davantage, et, par ce temps de luttes stériles, et de tristes discordes, il n‘y a pas pour le cœur de plus douce et de plus salutaire émotion. »