‹ Pourquoi les retraites fermées sont-elles nécessaires au Canada? [microforme]Chapitre 10 sur 25 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Avons-nous besoin des retraites fermées collectives ?

Il me semble avoir suffisamment démontré la nécessité des retraites fermées collectives pour former une élite de laïcs profondément pénétrés de l'esprit même du catholicisme, pour organiser les forces catholiques et les entrainer, quand viennent les jours où il faut combattre les ennemis de notre Mère la Sainte Église Romaine. Je n'ai donc pas à établir de nouveau ces deux points importants, mais uniquement à examiner si, à l'heure présente, dans notre pays, il est opportun de créer une telle élite, s'il est nécessaire pour nous, Canadiens catholiques, de nous grouper, de resserrer nos rangs, de nous jeter dans la lice.

Le sens catholique

Poser une telle question, c'est demander où nous en sommes au point de vue de l'esprit catholique, du sens catholique. A-t-il besoin d'être réveillé parce qu'endormi, d'être aiguisé parce

ET Fer

que devenu moins Pénétrant, d'être défendu parce qu'attaqué? Le problème est délicat. Il est si facile, sans la lumière de Dieu, de verser soit dans le pessimisme, sait dans l'optimisme, lorsqu'on expose la situation religieuse d'un pays auquel on est attaché par toutes les fibres du cœur. La vraie solution devient plus ardue quand il s'agit d'une confédération comme la nôtre, où se heurtent constamment les Puissants intérêts de tant de races différentes, où le contact nécessaire, dans la vie privée et dans la vie publique, avec ceux qui ne voient pas, ne pensent pas, ne veulent pas comme nous en matière de religion, oblige à des ménagements continuels, à des concessions exigées par le bien de l'entente et de la paix; d'un pays où la glorieuse histoire d'un encore tout près de nous est tellement vivante en nos âmes qu'elle nous empêche peutêtre de bien saisir le Présent, de nous rendre exactement compte des éléments étrangers qui, depuis quelques années, ont pris place dans notre vie nationale et menacent de lui imprimer une orientation nouvelle: d'un Pays enfin où tous nous voulons travailler généreusement à l'affermissement de la foi et au maintien des belles traditions que nous ont léguées nos ancêtres, mais les uns avec des craintes exagérées sur l'efficace des ordres et des directions donnés par les

chefs, les autres avec une confiance outrée et de regrettables illusions.

Je prie donc le divin Maître de m'éclairer et de ne pas permettre que les pages suivantes soient en contradiction avec la prière chantée par le pontife consécrateur au jour de mon sacre: Humilitatem ac ;sritatem diligat, neque eam unquam deserat, aut laudibus, aut timore superatus. Non ponat lucem tenebras, nec tenebras lucem: non dicat maium bonum, nec bonum malum,. (Pontifical Rom.)

Le vrai cetholique croit fermement les vérités révélées ar Dieu et adhère d'esprit et de cœur aux enseignements de l'Église; saisissant jusqu'aux moindres nuances de chacune de ces vérités, de chacun de ces enseignements, il s'en fait comme une atmosphère lumineuse et sereine dans laquelle i! vit et il se meut.'

Le vrai catholique voit et honore Dieu dans les dépositaires de l'autorité religieuse, mais en même temps il a le sens de l'admirable hié: 1rchie des pouvoirs établis par le Législateur suprême: il sait rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. ?

Le vrai catholique est Pénétré jusqu'aux moëlles de la nécessité de la pénitence et du renoncement prêchés par le Maître; sa vie entière est conforme à sa croyance, il est le disciple de Jésus, non

seulement parce qu'il croit en lui, parce qu'il a la volonté d'observer ses préceptes, mais parce qu'il marche à sa suite et porte sa croix. ?

Nous pouvons donc, mettant de côté l'hérésie

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