‹ Pouvoir pathogène et localisations du bacille du rouget dans les différentes espèces animales: Reproduction expérimentale d'arthrites à bacilles du rouget chez le lapinChapitre 9 sur 12 · EXPÉRIENCES PERSONNELLES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES PERSONNELLES

1° /Inoculations intra-articulaires :

a) Le 17 février, un jeune lapin reçoit dans l’articulation fémoro-tibio- rotulienne 1/10 cc. d’une culture de 24 heures en bouillon, de bacilles du rouget. Dans les jours qui suivent on note une légère hypertrophie de la région inoculée par comparaison avec l’articulation opposée. Le 10 mars, soit environ un mois plus tard, l’animal meurt de maladie intercurrente. À l’autopsie on observe au niveau de l’articulation une augmentation notable du liquide articulaire et de discrètes lésions d’arthrite, manifestées

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par une hypertrophie des têtes articulaires et de la congestion de la synoviale.

Bien que ces lésions puissent être ramenées à l’action pathogène du bacille du rouget, il nous est impossible de mettre ce germe en évidence.

b) Le 17 février un lapin adulte reçoit dans l’articulation carpienne 1/10 c. c. de culture de 24 heures en bouillon de bacilles du rouget. On applique sur le membre au-dessus de l’articulation inoculée une ligature qu’on laisse en place pendant 48 heures. Par comparaison on ligature le membre opposé au même niveau pendant le même temps. L’animal meurt le 26 février de rouget. L’articulation en cause présente une hypertrophie considérable. L’ensemencement du liquide articulaire permet d’y déceler la présence de bacilles du rouget.

c) Le 28 mars, quatre jeunes lapins de trois semaines reçurent dans l’articulation fémoro-rotulienne 1/20 cc. d’une culture de bacilles du rouget. Les troubles fonctionnels furent assez accusés ; ces animaux présentèrent tous une boîterie assez nette avec diminution de l’appui et une position particulière du membre atteint avec courbature en dehors de son plan normal. L’attitude de la jointure est celle de la demi-flexion : elle répond au maximum de capacité articulaire et de relâchement ligamenteux. A la palpation on constate une sensibilité moyenne et une hypertrophie assez notable de l’articulation.

Le 20 mai, soit presque deux mois plus tard, nous sacrifions l’un d’eux. La ponction de larticulation

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nous procure un liquide abondant que nous ensemençons sur gélose et sur bouillon. Par contre la ponction de l’articulation saine ne nous permet pas de retirer la plus petite quantité de liquide articulaire. À l’ouverture de l’articulation nous remarquons une congestion assez intense de la synoviale et un liquide abondant, saigneux, grisâtre. Il n’y a pas de lésion des surfaces articulaires, mais des végétations molles, jaunâtres et rougeâtres. Les ensemencements fournissent une culture pure du bacille du rouget.

Le 17 juin nous sacrifions un second lapin et nous ponctionnons l'articulation à une troisième. Les cultures faites avec des prélèvements provenant de ces deux sujets ne nous permirent plus de mettre en évidence le bacille. Le 5 juillet une nouvelle ponction au troisième lapin se révèle négative. Nous le sacrifions ainsi que le quatrième. Les lésions observées sont assez discrètes et nous ne parvenons pas à mettre en évidence le bacille du rouget.

2° Inoculations sous-cutanées :

a) Le 28 mars nous inoculons sous la peau 1/20 cc. d’une culture de bacilles du rouget à trois lapins adultes au niveau de l’articulation fémoro-rotulienne pour le premier, huméro-cubitale pour le second et carpienne pour le troisième. On dispose au-dessus de chacune une ligature en caoutchouc que l’on supprime après 24 heures. Le 9 avril, le lapin inoculé au niveau du coude succombe. Son articulation est ankylosée et

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ne permet que des mouvements limités. L’ensemencement du sang du cœur met en évidence des bacilles du rouget. Les cultures sur bouillon du liquide de l’articulation décèlent également la présence du bacille du rouget.

Le 10 mai, le lapin inoculé dans la région carpienne présente une forte arthrite hypertrophique et ankylosante. La région est complètement insensible, à tel point de l’on peut y apposer un fer rougi au feu sans aucune réaction de défense de la part de l’animal. Lors d’une tentative faite pour constater l’ankylose l’exprémité de la patte se casse et se sépare complétement du reste du membre. Il s’écoule à ce moment un peu de sérosité jaunâtre et purulente que nous ensemençons sur bouillon et gélose. 48 heures après, les cultures nous révèlent la présence du bacille du rouget. La dissection de l’extrémité du membre détare, qui a pris un aspect fibro-lardacé. Les cartilages ché montre un épaississement de la gaine articulaisont ulcérés et cette ulcération a déterminé au sein de l’os une inflammation suppurative, s’accompagnant de nombreuses cavités dans le tissu osseux. L’articulation « témoin » correspondante ne manifeste aucun phénomène inflammatoire comparable. La fraction ne permet pas de découvrir le bacille spécifique.

La ponction de l'articulation fémoro-rotulienne du lapin inoculé par voie hypodermique à ce niveau permet d’effectuer des ensemencements où l’on décèle la présence de bacilles du rouget.

b) Le 18 octobre, un lapin reçoit 1/100 c. c. de culture de bacilles de rouget sous la peau, mais non plus au niveau d’une articulation. On applique le lendemain une ligature au niveau de l'articulation fémororotulienne droite et on la laisse en place pendant 24 heures. Le 20, on ièse l’articulation gauche au moyen de piqûre aseptiques et on exerce de légers traumatismes sur l’articulation du coude d’un côté en la contusionnant à l’aide d’un petit maillet. Dans les jours qui suivent l’arthrite s’annonce par un gonflement douloureux et chaud de la région affectée. Le liquide s’accumule dans la synoviale et en distend les points faibles, mais l’engorgement œdémateux périphérique masque ces distensions. Le sujet meurt le 24 octobre. L’autopsie révèle les synoviales articulaires d’une teinte rose violacée et une synovie abondante et trouble, à petits flocons blanchâtres distend la capsule articulaire. On ne note pas de lésion des surfaces articulaires, mais des végétations molles et jaunâtres. Les prélèvement faits au niveau des trois articulations se sont révélés tous positifs.

c) Un lapin reçoit le 18 octobre 2/100 cc. de culture sous la peau et subit la même préparation que le précédent, il meurt le 27 atteint d’un cachexie considérable et après avoir présenté des régions articulaires œdématisées et très endolories. Ses articulations sont tuméfiées et montrent une synovie peu abondante, mais très purulente, des surfaces articulaires hémorragiques et envahies par des végétations rougeâtres,

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