Mommsen, op. cit., XI, p
POUZZOLES A l'époque ROMAINE
un cimetière juif existait sans doute dans cette localité. Une autre inscription mentionne un rabbin. De Pouzzoles les Juifs passèrent dans l'intérieur de la Campanie ; on connaît à Gapoue un archonte, c'est-à-dire un membre du collège des anciens dont il était aussi le chef: Arcosynag-ogus ^ . Les Juifs mêmes de Pouzzoles et des environs devaient être fort nombreux. Ceux de Naples, au temps de Procope, l'étaient également ; or Naples, nous l'avons dit, avait recueilli en partie la population de Pouzzoles, ruinée et abandonnée, et les Juifs qui y habitaient alors n'étaient que les descendants de ceux qui, antérieurement, vivaient surtout à Pouzzoles.
Au début de l'Empire, la colonie juive de Pouzzoles était importante. Quand le faux Alexandre voulut se faire passer pour le fils d'Hérode, il commença, avant de se rendre à Rome, par se concilier la faveur de quelques-uns des groupes juifs les plus influents qu'il rencontra sur sa route : c'étaient ceux des Cyclades, de Crète, de Pouzzoles. A Pouzzoles particulièrement il intrigua ; il parvint à y tromper tous ses compatriotes, même ceux, dit Josèphe, qui avaient été unis au roi Hérode par les liens de l'hospitalité et de l'amitié ~. Ces mots nous prouvent que les Juifs de Pouzzoles comprenaient parmi eux des hommes d'une situation élevée ; ailleurs encore Josèphe parle de ceux qui avaient été les amis d'Hérode 3. L'historien nous les décrit comme riches : ils comblèrent de présents le faux Alexandre. Leur condition sociale n'était ni humble ni vile ; des relations les rattachaient à leur patrie, à leur souverain. Hérode avait beaucoup favorisé le développement des ressources naturelles et du commerce de la Palestine; il avait rebâti Césarée, qui demeura pendant tout l'Empire le grand entrepôt de la Palestine 4. Les habitants de Tibériade avaient à Rome une statio. Aussi est-on en droit de penser que les négociants juifs, nombreux à Pouzzoles, y faisaient bonne figure. Quelques-uns d'entre eux provenaient peut-être
1. CIL., X, 3905. Les Juifs sont, dès l'époque romaine, répandus dans toute l'Italie méridionale. Ascoli, Iscrizioni di sepolcri giiidaici del Napoletano (Turin, 1880). Entre le iv" et le vi° siècle, ils y eurent une véritable puissance. On les trouve en Apulie, en Calabre, à Venouse, où un cimetière juif a été découvert. Les lettres de Grégoire le Grand nous font connaître ceux de Vénafre (I, 68), de Terracine (I, 10) et de Naples (cf. ci-dessus, p. 82).