‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 120 sur 341 · CIL., X, 6095, 6575; VI · texte numérisé non relu

CIL., X, 6095, 6575; VI

5. Cf. ci-dessus le texte de Sénèque sur la flotte d'Alexandrie. Pour la poste maritime, Hirschfeld, op. cit., p. 202.

POUZZOLËS A l'époque ROMAINË

inscription nomme un coureur postal, tabellarius, de Fadministration impériale Des soldats de la flotte de Misène, classiarii, semblent aussi avoir été employés comme courriers entre Rome, Ostie et Pouzzoles 2.

Un sarcophage, retrouvé dans un tombeau de la voie Latine près de Rome, nous montre Pouzzoles associée à Ostie comme port de l'annone 3. Le milieu de ce sarcophage est occupé par la scène de mariage du défunt et de sa femme ; que le défunt ait été un fonctionnaire de l'annone, c'est ce qu'attestent son costume (celui d'un personnage de rang équestre) et les figures qui l'entourent. A droite deux femmes symbolisent les pays producteurs : d'abord la Sicile, couronnée d'un diadème, portant une corne d'abondance, et, dans un pli de son vêtement, des fruits et des céréales ; elle s'appuie sur un haut gouvernail devant lequel est un modius plein d'épis. Vêtue de même, à côté d'elle est l'Afrique, reconnaissable aux cornes d'éléphant qu'elle a sur la tête, tenant dans sa main droite des épis, et ayant près d'elle un modius semblable à celui de la Sicile. Sur le côté gauche du sarcophage sont représentés symétriquement les ports annonaires de l'Italie. Au coin du sarcophage est Ostie, tenant dans la main droite un phare à trois étages, et ayant à ses pieds une proue de navire ^. Des vagues sont dessinées entre elle et la ligure voisine. Celle-ci est une femme vêtue comme Ostie ; elle porte sur la tête une couronne de tours, dans la main gauche une longue rame ; elle se tourne vers Ostie qui la regarde, et lui montre une tablette qu'elle tient dans sa main droite levée. Cette femme représente, à mon avis, Pouz-

1. CIL., X, 1741. A côté des courriers publics, il y avait des porteurs de lettres au service des particuliers; on en connaît un à Pouzzoles, CIL., X, 1961. L'inscription CIL.,X, 238*, (cf. : praef. vehiculorum Puteolis, est fausse.

2. Suet., Ve.sp., 8 : classiarii « qui ab Ostia et Puteolis Romam pedibus per vices commeant », etc.. C'étaient des soldats détachés de la flotte de Misène qui, comme le croit Hirschfeld (op.cil., p. 228, n. 3), faisaient un service postal permanent entre Rome et ses deux ports, et peut-être étaient employés dans ce but par l'administration de l'annone.

3. Matz et Duhn, Anlike Bildwerke in Rom., II, p. 33i, n° 3095. Bull, corn., (1877) tav. XVIII; p. 150-156 (Aquari). BuU. delV Islit., (1878), p. 66, 67 (Lumbroso, Henzen).

i. Chaque figure était désignée par des inscriptions, malheureusement elï'acées, sauf deux, subsistant encore en partie. Au-dessus de la figure d'Ostie, on lit P. R {—p{ortus) r[omanus), sur celle de l'Afrique [A]F[RIG]A.

INDUSTRIE

zoles ; les tablettes sont les registres de l'annone où étaient inscrites les quantités de blé importé. Si cette identification, que j'essaie d'établir ici dans une note ^, est exacte, elle nous prouverait que, pendant tout l'empire, Pouzzoles demeura port annonaire (le sarcophage en etl'et date vaisemblablement de la première moitié du m'' siècle).

INDUSTRIE

Pouzzoles n'était pas seulement florissante par son commerce, mais aussi par un certain nombre d'industries.

Industrie minière. Produits naturels. — L'extraction des matières naturelles, comme le soufre des monts Leucogées,

1. Voici les raisons sur lesquelles je m'appuierais : ce sont surtout des raisons de symétrie. Le premier interprète, Aquari, voyait dans les diverses figures du sarcophage, à droite, en partant du groupe central, la Fortune maritime, et l'Annone; à gauche, la ville d'Alexandrie, et l'île du Phare devant Alexandrie. Lumbroso, Henzen et Helbig ont, avec raison, critique cette interprétation : là où Aquari voyait l'Annona, il faut voir l'Afrique ; d'autre part, l'inscription p{orlus) j-{omanus) prouve que la soi-disant île du Phare est le port du Tibre. — Il nous reste à identifier les deux autres figures ; celle qui se trouve immédiatement à droite du groupe central représente la Sicile. Helbig et Henzen seraient tentés de voir en elle l'Annone : assurément, rien dans les attributs de cette figure ne s'oppose à l'identification proposée par eux ; mais, s'il en est ainsi, il n'y a plus de symétrie dans le groupement des personnages, car il est visible que la figure à gauche du groupe central est une ville maritime. Je croirais donc volontiers, avec Matz et Duhn, que les deux femmes de gauche sont les ports italiens, importateurs de l'annone, et celles de droite les pays producteurs, cai^actérisés par le modius plein d'épis, à savoir la Sicile et l'Afrique, unies de même sur une peinture murale (Helbig, Wandgemalde, 1115).

La femme portant une rame et des tablettes serait alors Pouzzoles. Sans doute, on pourrait voir en elle non pas un port importateur, mais un port exportateur de l'annone ; en ce cas, elle ne serait du moins ni un port d'Afrique ni un port de Sicile, car ainsi serait répétée inutilement l'idée déjà exprimée par une des femmes de droite. Reste Alexandrie ; mais, l'Égypte étant un pays producteur, on ne comprend pas pourquoi on ne l'aurait pas représentée, comme la Sicile et l'Afrique, avec le modius et les épis.

Pour ces diverses raisons, et aussi parce que la flotte de l'annone, avant d'aller à Ostie, faisait escale à Pouzzoles et laissait dans les greniers de cette ville une partie de son chargement, il est plus naturel de voir dans la femme aux tablettes et à la rame Pouzzoles, port dans lequel on pesait et on enregistrait les quantités de blé importé, comme le fait supposer la présence d'employés, le dispensator a frumento et le proximus commentariorum, préposés à ces fonctions.

était une des principales. Ces collines, bien que voisines de Pouzzoles, firent partie, jusqu'au premier siècle de l'empire, des territoires de Naples et de Capoue ; la propriété du soufre appartenait peut-être à Capoue, comme celle de la creta; mais c'est sur le marché de Pouzzoles que le soufre était écoulé. De même que les gisements des monts Leucogées, ceux de la Solfatare devaient être connus des anciens; toute cette région, au dire de Pline, était pleine de « cuniculi », c'est-à-dire de galeries creusées pour l'exploitation ^ ; on n'en a pas retrouvé les traces. L'industrie soufrière à Pouzzoles semble avoir été, par son importance pour l'Italie antique, comparable à ce qu'est, pour l'Italie contemporaine, celle de certains districts siciliens. Aujourd'hui on n'extrait plus le soufre à Pouzzoles ; mais l'industrie s'y maintint au moyenâge et dans les temps modernes, jusqu'au siècle dernier ; la concurrence des soufres de Calabre, de Sicile, et du district d'Avellino la fit alors entièrement péricliter.

Les monts Leucogées et la Solfatare renferment les matières nécessaires à la fabrication de l'alun. A Bagnoli, près de Pouzzoles, on en prépare beaucoup cette industrie est connue dans le pays depuis le moyen-âge ; une portion du cratère de la Solfatare avait même reçu le nom d'Allumiera, parce qu'on y recueillait la terre pour la fabrication de l'alun Il est probable que les anciens Pouzzolans n'avaient pas manqué de tirer parti de cette richesse de leurs collines volcaniques.

La Solfatare et les hauteurs adjacentes fournissaient aussi une terre blanche, la creta, employée dans la préparation de l'alica ou farine de gruau campanienne ^. Cette matière, un sulfate de chaux abondant surtout dans la Solfatare et dans les collines voisines du lac d'Agnano, se rencontre tantôt en masses mamelonnées, tantôt en croûtes fibreuses, tantôt sous la forme de la terre blanchâtre, à laquelle Pline fait allusion Elle donnait à la farine sa couleur blanche et sa légèreté ; les Campaniens prétendaient qu'une bonne alica ne

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