Breislak, Topografia délia Campagna, p
INDUSTRIE
pouvait être confectionnée sans la terre des monts Leucogées. La leur était la plus renommée : l'excellente qualité des céréales de Gapoue et le mélange de la terre de Pouzzoles faisaient son prix.
Les gisements de la Solfatare appartenaient à Pouzzoles, mais ceux situés vers le lac d'Agnano étaient compris, depuis Aug-uste, dans le territoire de Gapoue. Auparavant, ils appartenaient à Naples; quand Auguste les donna à Gapoue, il ordonna de payer chaque année aux Napolitains, comme dédommagement, une somme de 20.000 sesterces, sur sa cassette particulière. Plus tard, quand le territoire méridional de Gapoue passa à Pouzzoles, les Pouzzolans eurent peut-être le monopole de l'exploitation de la creta.
La terre de la Solfatare servait probablement aussi pour la fabrication des couleurs, industrie très florissante à Pouzzoles. Dépouillée, au moyen de lavages, des scories volcaniques et des principes sulfureux, on en use pour obtenir la couleur blanche, connue sous le nom de Biancho ou Bianchetto di Pozzuoli.
La pouzzolane, terre volcanique dont les anciens firent un grand usage dans les constructions h^^drauliques, quais, jetées, ponts, citernes, aqueducs, était une des richesses de Pouzzoles. Son nom même est significatif. Elle se rencontre d'ailleurs non seulement à Pouzzoles, mais un peu partout dans les anciens Ghamps Phlégréens ; Vitruve déclare d'une façon générale que, lorsqu'on bâtit un môle, il faut faire venir la terre qu'on trouve depuis Gumes jusqu'au promontoire de Minerve (Punta Gampanella, près de Sorrente) ^. D'autres gisements de la même terre existaient en Italie, par exemple dans la campagne romaine; mais la pouzzolane des Ghamps Phlégréens, était, comme aujourd'hui encore, la plus appréciée. Pouzzoles l'expédiait dans toutes les parties du monde.
Les produits agricoles de la Gampanie ne semblent pas avoir été articles d'exportation. L'Italie non seulement consommait ce qu'elle produisait, mais demandait encore aux autres pays de la nourrir. Gertains articles de luxe entraient cependant dans le commerce général, par exemple les vins. Geux du mont Gaurus étaient très prisés ; ils rivalisaient avec le Mas-
1. Vitr., II, 6, 1. Plin., Nat. Hist., XVI, 202; XXV, 166 ; XXXVI, 70. Scn., Quaesl. Nat., III, 20, 3. Strab., 245,
POUZZOLES A l'époque ROMAINE
sique et la plupart des écrivains, depuis Gicéron jusqu'à Athénée et Ausone, y font allusion. Les négociants de Pouzzoles exportaient aussi les vins des autres crus campaniens, les vina Trifolina, les vins de Caulo près de Capoue, de Trebelliciprès de Naples, Tolvoç OjX6avoç, récolté près de Gumes ~. Une inscription nous fait connaître un négociant en vins.
Céramique. — Les fragments de terre -cuite, vases, lampes, objets divers provenant de Pouzzoles, ont tous été dispersés sans profit pour l'archéologie. La ville était le centre d'une fabrication importante ; le grand nombre de débris qu'on y a retrouvés prouve que les officines étaient très actives. Les industries céramiques étaient en honneur chez les Cumains depuis les temps les plus reculés ; une des raisons pour lesquelles ils se fixèrent d'abord à Ischia était la présence dans cette île de gisements de terre glaise, facilement exploitables Cette terre d'Ischia fut utilisée aussi par les potiers de Pouzzoles ; on ne trouve à Pouzzoles ni la terre qui servait pour les matrices, ni celle qu'on employait pour fabriquer les vases rouges; on allait la chercher dans l'île voisine, qui la fournissait et qui la fournit pendant des siècles en abondance, puisque, au commencement du xix** siècle, on en faisait encore un commerce de 30.000 ducats par an, et que, jusqu'en 1883, date de la catastrophe de Casamicciola, l'argile d'Ischia était exportée sur toutes les côtes campaniennes, de Gaète jusqu'à Naples et à Salerne. Les officines très anciennes de Gumes '', celles plus récentes de Pouzzoles, s'alimentaient principalement à cette source.
C'est dans des ruines, situées au nord-ouest de l'amphi-
1. P\in.,Nai.mst., XIV, 38; XIV, 64. Stat., Silv., III, 1, 147; IV, 3, 64.
2. Les vina Trifolina sont connus par des textes de Martial, XIII, 114, d'Athénée, I, 26 a, et de Galen., Antidot., I, 3. Ils tiraient leur nom d'une colline située près de Naples (Èv toï; Tîepî NEaîroÀtv, etc.. Galen.), qui est peutêtre la colline de Tritoli, entre Pouzzoles et Baia (remarquer que, dans le lan- }j:af?c populaire on trouve parfois la forme Trefolc pour Tritoli ; cf. un exemple dans Ruj^f-iero, Scavi nelle provincie napolel.me, p. 242). — Vin do Caulo : Plin., Nul. Hisl., XIV, 69. — Vin de Trebellici près de Naples ; Plin., l. c, Atlien., I, 27 c. — Le vin d'Oulba était récolté près de Gumes, Athen., I, 29 f. — Aujourd'hui encore, le district de Pouzzoles est renommé pour ses vins, et la culture de la vig-ne y est développée.
3. Plin., Nal. Hist., III, 82. Pais, Per la sloria d'Ischia, nelV antichità, pp. 9-10.
4. Martial, XIV, 114; Stat., Silv., IV, 9, 43. — Sorrente était aussi, en Gampanie, un centre important d'industries céramiques, Mart., XIV, 102.
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théâtre qu'ont été retrouvés les fragments qui nous font connaître les potiers de Pouzzoles. Ces fragments formaient un dépôt long de 100 mètres environ et large de 1 mètre à 4 mètres. Il y avait là comme une espèce de fossé, où l'on avait jeté des débris de toute sorte, vases noirs en petit nombre, vases rouges de fabrication locale, vases d'Arretium, matrices. On a recueilli plus de 300 morceaux de matrices et plus de mille morceaux de vases, décorés de figures et d'ornements K
Grâce à ces fragments, on connaît le nom d'un potier, Numerius Naevius Ilarus ~, dans la fabrique duquel travaillaient les esclaves Agathemerus, Atticus, Cocco, Favor, Félix, Hermiscus, Primus, Speclator, Tertius, Valens et Vitulus. Ceux-ci gravaient sur les vases tantôt le nom de leur maître, tantôt le leur, et ces noms, avec les symboles qui les accompagnent, permettent de reconnaître, comme ayant été fabriqués à Pouzzoles et transportés par le commerce, des vases retrouvés en Espagne et dans la Gaide Narbonnaise 3. D'autres potiers s'appelaient Q. Pompeius Serenus, Q. Ennius Suavis, L. Valerius Titus ^ ; les fragments marqués au nom de ce dernier sont très nombreux.
On a recueilli aussi des fragments dont le style supérieur dénoterait à lui seul une autre origine ; ils portent les noms des potiers d'Arretium. Peut-être ceux-ci avaient-ils des succursales à Pouzzoles; peut-être les potiers de Pouzzoles vendaient-ils, outre leurs produits, ceux très recherchés d'Arretium ; ils essayaient d'ailleurs de les imiter et de leur faire concurrence, et ils arrivèrent à une vraie maîtrise. Parmi les noms des potiers d'Arretium, on lit ceux de M. Perennius, de
1. p. Luigi Bruzza dans le Buii. delV Istit. (1875), pp. 242-256 (Scoperta di fiquline in Pozzuoli).
2 CIL X 8056 ^'^9 ■ ^<', 9*, 1"'', "^"i ^^''i
3. Un vase de Q. Pompeius Serenus a été trouvé à Nîmes (CIL., XII, 5686 Dillerents fragments de vases de Pouzzoles ont été trouvés en Gaule, et jusqu'à Neuss (Déchelette, Les Vases céramiques ornés de la Gaule romaine, I, p. 15).
Divers fragments retrouvés à Tarragone portent les noms des esclaves du potier Numerius Naevius Ilarus : celui d'Eros inscrit dans un cercle ou dans une couronne comme sur les fragments de Pouzzoles [CIL., Il, i970 ''»), et ceux de Félix, de Primus, d'Hermiscus {id., 4970 221;^ lao^ ior.). On lit aussi à Tarragone les noms des potiers Q. Pompeius Serenus et Titus {id., 4970 »2;'). L'exportation des vases de Pouzzoles à Tarragone devait donc être fort 3cti vc .