Pline, Nat. Hist., XXXVI
POUZZOLES A l'époque ROMAINE
dant certains produits, par exemple le fer. Celui de l'île d'Elbe, très recherché, était travaillé à Pouzzoles. « Des négociants, écrit Diodore de Sicile \ achètent le fer de l'île d'Elbe, et le transportent à Dicaearchia et dans les autres places de commerce. D'autres (à savoir des entrepreneurs et des industriels) achètent cette marchandise, la font travailler par une foule d'artisans forgerons qui sont à leur service, et fabriquent ainsi toutes sortes d'objets. Des marchands les exportent ensuite dans toutes les parties du monde ». Ces derniers étaient apparemment les Orientaux qui, ayant apporté à Pouzzoles les produits de leurs pays, rapportaient d'Italie les objets dont ils avaient besoin. Les premiers, ceux qui allaient chercher le fer dans l'île d'Elbe et le revendaient aux fabricants de Pouzzoles, constituaient une classe spéciale de gens s'adonnant particulièrement à ce trafic et en vivant. Quant aux industriels de Pouzzoles, avant de tirer du métal les objets manufacturés, ils devaient en opérer la fonte, car on ne lui avait fait subir, dans l'île même, qu'une simple torréfaction préliminaire. D'après les informations dé Varron et de Strabon, une grande partie du fer de l'île d'Elbe était transportée dans la ville voisine de Populonia, sur la côte étrusque, où avait lieu l'opération de la fonte dans les hauts fourneaux Le fer était donc amené à Pouzzoles soit directement du lieu d'extraction, presque brut, soit de Populonia où il avait déjà passé par la fonderie ^.
Un texte épigraphique nous a transmis le nom d'un certain P. Caulius Coeranus, qui faisait le commerce du fer, et qui, en même temps, était négociant en vins, negotiator ferrariarum et vinarariae ^. Cet homme ingénieux apportait probablement dans les pays méditerranéens les vins de la Campanie, et s'en retournait à Pouzzoles avec ses navires chargés du fer de l'île d'Elbe, et peut-être aussi de la Sardaigne et de la Corse.
Le fer était jeté sur le marché de Pouzzoles non seulement par le négoce privé, mais aussi par les mines impériales. Les empereurs possédaient des mines en Sardaigne ; quand presque toutes les mines passèrent en leur possession, ils