CIL., X
5. Hirschfeld,Aais Verw., p. 162. De Rossi, Bull. Christ., 1866, p. 6.
INDUSTRIE
eurent peut-être aussi celles de l'île d'Elbe. II est possible qu'il faille rapporter à cette situation la présence à Pouzzoles d'un fonctionnaire subalterne de l'administration des mines impériales, un actor ferrariarum
A ces industries métallurgiques ajoutons la fabrication de la litharg-e, ou protoxyde de plomb obtenu en chauifant le métal à l'air. D'après Dioscoride, la plus appréciée était la litharge attique ; ensuite venait l'espagnole ; il met au troisième rang celles de Pouzzoles et de Sicile ~. Ces différences n'étaient pas dues seulement à la coloration de la litharge, mais à la manière dont elle était préparée ou obtenue. La litharge attique provenait directement de la mine, celle d'Espagne du traitement des plombs argentifères, celle de Pouzzoles de la fusion des plombs proprement dits. La litharge trouvait à Pouzzoles une application immédiate ; comme elle entre dans la préparation des sels de plomb, les fabricants de céruse étaient les clients obligés des fabricants de litharge.
Il n'y avait pas de mines de plomb dans la région de Pouzzoles Ce métal, comme le fer, était importé à Pouzzoles. Comme les gisements étaient nombreux en Sardaigne et dans l'île d'Elbe, il est naturel de supposer que les négociants y allaient chercher le plomb en même temps que le fer. Des gisements existaient aussi en Sicile et, comme Dioscoride place en troisième ligne, et sans les séparer, les litharges de Pouzzoles et de la Sicile, il est possible que les litharges de Pouzzoles aient été fabriquées surtout avec les plombs siciliens.
Industrie des couleurs. — La préparation des couleurs occupait beaucoup d'industriels et d'ouvriers. La couleur bleue, le caeruleum, fut importée d'Alexandrie ^ par un industriel romain, Vestorius, qui, ayant étudié la méthode de fabrication des bleus égyptiens, fonda une officine à Pouzzoles ; dès lors les bleus de Pouzzoles rivalisèrent avec ceux d Alexandrie. Vestorius vivait dans les derniers temps de la République ;
1. CIL., X., 1913. Hirschfeld, l. c, pense qu'il était peut-être attaché à une mine privée.
2. Diosc., 101. Plin., Nat. Hist., XXXIII, 106 et suiv. : molybditis e plumbi ipsius fusura quae fit Puteolis, et inde habet nomeri.
3. Je n'en trouve pas l'indication pour la province de Naples dans la Rivisla del servizio minerario.
4. Vitr., VII, 11, 1 : caerulei temperationem Alexandriae primum sunt inventae.
POUZZOLES A l'époque ROaiAlNE
il était d'une génération un peu antérieure à celle de Vitruve K Peut-être est-ce le même que celui qui nous est connu par la correspondance de Gicéron, et qui était ami de l'orateur. La famille des Vestorii, qui était, semble-t-il, originaire de Gampanie, se maintint à l'époque impériale ; nous connaissons un T. Vestorius Zelotus, décurion, une Vestoria Elpis, un T. Vestorius Alexander, un T, Vestorius Pelops Un quartier de la ville, qui portait le nom des Vestorii, renfermait sans doute leurs fabriques.
Le bleu de Vestorius était très recherché. Vitruve indique la manière spéciale dont il était préparé, et qui lui donnait ses qualités particulières ; on écrasait du sable avec du natron, assez finement pour réduire ce mélange en une véritable farine ; on y ajoutait de la limaille de cuivre chypriote, et on en faisait une masse solide. Les boules, ainsi façonnées à la main, étaient mises à sécher, et, une fois sèches, placées dans des pots de terre, k l'intérieur d'un four. Par l'effet de la cuisson, le sable et le cuivre s'unissaient, et donnaient une belle couleur bleue 'K Outre le bleu, fabriqué comme l'indique Vitruve, Vestorius fournissait un lomentum très recherché ; le lomentum était fait avec du bleu lavé et pilé ; cette poudre se vendait plus cher que le caeruieum proprement dit : elle coûtait deux deniers de plus par livre, à savoir dix deniers. Les produits de Vestorius étaient renommés entre tous ; Pline distingue son lomentum, préparé avec les bleus d'Egypte, de celui qui était fait avec les bleus ordinaires de Pouzzoles ^.
Des fabriques de caeruleum existaient dans la partie orientale de la ville, non loin des ruines appelées u Pondéra ». On a retrouvé là en effet beaucoup de fragments céramiques colorés en bleu, et le sol avait, en certains points, une teinte complètement bleue Dans aucune autre partie du territoire