‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 172 sur 341 · Labbe, V, p. 692 D · texte numérisé non relu

Labbe, V, p. 692 D

8. AA.SS., Février, I, Vita, auctoreSimeoneMetaphrasie, p. 27, c. 5. « ... Appel-

RELIGION

par Ughelli, d'après un manuscrit des archives épiscopales de Pouzzoles K Ces Actes sont l'œuvre d'un certain Petrus qui, sur l'ordre d'un évêque de Pouzzoles, Stephanus, refît, en les amplifiant et en les rendant plus élégants, d'anciens Actes de saint Artémas. Le texte actuel, postérieur au vin'' siècle, doit être rapporté peut-être au Il est d'ailleurs inintéressant, ne nous apprenant que le nom du saint, un jeune homme studieux et savant, qui appartenait à une bonne famille de Pouzzoles, et dont les parents étaient déjà chrétiens. Les Actes, silencieux sur le nom du fonctionnaire qui présida à l'interrog'atoire d' Artémas, ne nous révèlent pas davantag-e l'année où celui-ci souffrit le martyre ~. Le martyrologe hiéronymien mentionne Artémas le septième jour des kalendes do février 3.

litPuteolos. Hospitio autemexceptus simulcum mililibus ab iis,quiillic erant, fidelibus, cum eosquoque valere iussissct in Domino, venit Romam ». — Version un peu différente dans une autre vie du même saint {ibid., p. 30 B).

1. Vghelli, Italia suer a, VI, p. 273. —AA. SS., Janvier, III, p. 230-231.— Ces Actn Artemae commencent ainsi : « Venerabili Patri et sanctae Puteolanae Ecclesiae inclyto Praesuli et Domino Stephano Petrus. » L'auteur compare son œuvre à cel é du « Venerabilis Dominus Aripertus » qui « S. Fortunatae passionem clarifîcare studuit ». Or Aripertus, ou mieux Aupertus, dont nous possédons en effet une Vie de sainte Fortunée, vivait sous Stéphane II, évêque de Naples, à la fin du vni° siècle (années proposées par Capasso, Mon. Neap. duc, p. 203, note 2). Petrus, l'auteur des Actes de saint Artémas, est donc au moins contemporain d'Aupertus ; peut-être lui est-il postérieur. Serait-ce le Petrus Diaconus, qui vivait au commencement du x" siècle, vers le temps de Stéphane III, évêque de Naples? (cf. Capasso, op. cit., I, p. 154).

2. (I Artémas... inclyta prosapia exortus, ex civitate scilicet Puteolana,... et a parentibus christianis litterarum studiis Christicola traditus fuisset... » {AA. SS., l. c, ch. 2). La seule indication intéressante que nous donne la Vie d' Artémas est celle du lieu de la sépulture du saint, qu'on enterra de nuit « in loco illo qui ab accolis Campania dicitur... qui distat a praefatM urbe Puteolana quasi stadiis viginti quatuor, et a civitate Parthenopc miliai'iis novem ». Ce lieu appelé Campania était la partie du territoire de Pouzzoles qui s'étendait au nord de la ville et qui était traversée par la route allant à Capoue. C'est là, dans le voisinage du mont Campiglione, que des documents des x" et XI" siècles situent l'endroit appelé Campana {Cainpana at Campilione. Capasso, Mon. Neap. duc, Rej^., 2)3, II, 2i, 184). Aujourd'hui, on appelle encore Gampana cette partie du pays. La famille d Artémas avait-elle là son tombeau? Et même n'yaurait-il paseulàun cimetière chréticn?Noussavons par la Vie grecque de saint Janvier qu'un des cimetières chrétiens de Pouzzoles, celui qui est appelé dans ce document VArenaria, était situé près de la via Campana. Ce serait peut-être à ce cimetière qu'il faudrait rapporter l'indication des Acta Artemae, et celle du martyrologe hiéronymien : in Campania. La distance donnée par la Vie d'Artémas est de 24 stades de Pouzzoles (4 km. 1/2). Cela nous mène au Piano di Quarto, dans le voisinage de Vado di Serra.

3. In Campania : Arthematis et Armate (God. Bern.) ; — in Campania

OhiGiNES Chrétiennes

Les Actes, dignes de très peu de confiance, des frères Alfîus, Philadelphe et Girinus nous apprennent que ces trois personnages, instruits dans la religion chrétienne par un certain Onésime, furent, avecOnésime, un de leurs parents nommé Erasme, et quatorze autres chrétiens, conduits à Rome. De là les trois frères furent transférés en Sicile où ils souffrirent le martyre. Quant à Onésime et aux quatorze autres, c'est à Pouzzoles qu'ils auraient été conduits, jetés en prison, interrogés par le gouverneur de Campanie, Diomède, et martyrisés. Ces événements se seraient passés en 251 ap. J.-C. ^

Le martyrologe hiéronymien indique au Xlll'' jour des kalendes de novembre la célébration des martyrs Dasius, Zosimus, lanuarius, Dorothea ou Dorotheus, Sussimus, lanuaria. Mais le martyrologe est, pour les journées du 20 et du 21 octobre (Xlll, Xll kal. nov.) d'une telle confusion, tant pour les noms des martyrs que pour les données géographiques, qu'il est impossible d'en rien tirer de certain. 11 y a notamment une confusion visible entre des martyrs de Nicomédie et ceux qui sont attribués à Pouzzoles. Victor de Buck, dans les jicta Sanctoriim, pense qu'il faut distinguer les martyrs de Nicomédie, Dasius et Zoticus, des martyrs de Pouzzoles, Dasius et Zosimus. Mais l'examen des manuscrits du martyrologe hiéronymien rend extrêmement douteuse l'existence même de ces martyrs de Pouzzoles ~.

Poteolis Arihematis et Armate (Cod. Wiss.) ; Martyrologe hiéronymien, éd. Rossi-Duchesne, p. 13. — Les BoUandistes (.4 A. SS., Janvier, III, p. 230) joignent à Artémas les noms de quelques martyrs, connus par le martyrologe hiéronymien qui porte, au VIII" jour des kalendes de février: « Ravennae Poteolis : Antymasius, Sabinus, Leodotius, Theugenis. » On lit dans le man. Dungallensis : « Antimasius, Sabianus, Leodocius, Teogines, Arthcminus. » Les RoUandis'.es se demandent si cet Artheminus ne serait pas Artémas. Dans un manuscrit leur appartenant. Sabinus est, disent-ils, appelé Puteolanus. 11 y a là une confusion qu'il semble bien ditïicile de débrouiller. Ce qu'il faut remarquer, c'est que, dans le martyrologe hiéronymien, le culte d' Artémas est propre à Pouzzoles ; celui des autres saints lui est commun avec Ravenne.

1. AA. SS., Mai, t. II, p. 509 D. — Sur le peu d'autorité de ces Actes, confirmés seulement par un garant très douteux, le ménologe de Basile (Migne, Piitr. gr., CXVIl, p. ii7), cf. surtout AA. SS., l. c, p. 504. L'auteur des Actes de Saint Onésime, cvêque d'I'^phèse, confond ce saint avec Onésime de Pouzzoles. Cette confusion a passé ensuite dans les Menaça grecs (Actes de saint Onésime dans Surius, 1, p. 10 iO, § 7-8; AA. SS., Février, t. II, p. 859).

2. Telle est l'opinion de l'éditeur des Actes grecs des saints Dasius, Gaius et Zoticus, martyrs de Nicomédie, dans les Analecta Bollandiana {XX, 1901, p. 246). « Delenda sunt maximam partem quae de sanctis illis scripsit, cum

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Les plus célèbres de tous les martyrs de Pouzzoles sont l'évêque de Bénévent, saint Janvier, qui est devenu le patron de Naples, saint Proculus, le patron de Pouzzoles, et leurs compagnons. Outre les renseignements fournis par les marty-

ad dies 20 et 21 octobris laLei'culos hieroiiymianos excutcrel, dccessur noster V. do Biick, in eiusdem marlyrologii i'ontibus indajjandis cclcroquin e^ref^ie vcrsatus {A A. SS., Octobre, t. VII [, p. 829-30 : t. IX, p. 11-1 i). Censuit enini locorum hominumquc uominibus mirum in ini)diim pertiirbatis inleliciler deccptus. sanctos Dasiiim, Zoticum et Gaiuni Xicomedienses diversos esse a Dasio et Zosimo Puteolanis. Iluius nominis martyres Puteolis nunqiiam cxtitisse, coUatis codicibus, tani certum existimo, ut nihil amplius addendum videatiir. » Cf. les dillerents man. du martyrol. Iiieronj'm., (éd. Ilossi- Duchesnc), p. 13i. On lit au XII" jour des kalendes de novembre: Nicomedia Dasci (Cod. Bcrn.). Da si {Cod. Wiss.), Omelis, Zolici, Gai. — AuXIII°jour des kalendes, on lit : In Piileol. Civil. Dasi, Zosimi, Janiiarii, Dorothe. Sassiini, lanuarie. In Nicomedia Eiilici. Prnmaci. Liici. Marcellini. Bermiaci. it. Siissiini, il. lannarii (Cod. Bern.). Nicom. Ihiliri. Promaci, Luci. Marcel- Uni. Piileolis Zosimi, Dorotae, lanuariae, Bermiaci, Sisinni, it. lanuariae. Cod. Eptern.). — In Poiiolis civil. Dasi. Zosimi. lanuari, Dorolhe, Sussimi lanuariane. In Nicomedia Eulicis, Promaci, Luce, Marcellini, Bermiaci. — La comparaison des manuscrits prouve évidemment que le nom de Dasius n'est pas celui de deux personnages dillerents. C'est par erreur que s'est introduit dans la liste des martyrs de Pouzzoles le nom de Dasius qui est un martyr de Nicomédie, comme l'attestent les Actes grecs publiés dans les Anal. Boll., {l. c), le breviarium syriacum [Marlijrol. hieronym., LXII) et le synaxarium de Gonstantinople {AA. SS., l.c, IX, p. 13). Si donc l'on met de côté Dasius (et naturellement aussi Bermiacus dans le Cod. Ept.) , il reste pour Pouzzoles : lanuarius, Dorothea ou Dorotheus, Sussimus, lanuaria ou lanuariana. Il est probable que lanuarius n'est autre que saint Janvier, dont le nom réapparaît à Pouzzoles, dans le Martyrol. hieronym ., les jours précodant le 20 octobre (= XlIPjour des kalendes de novembre), à savoir le 18 et 19 octobre. Je dirai la même chose pour Sussimus (ou Sisiunus), qui me paraît être le compagnon de saint Janvier, Sosius, dont le nom est ici déliguré. Quant à Dorothea (peut-être Dorotheus) et lanuaria ou lanuariana, ils sont par ailleurs inconnus. — Quant à Zosimus, fl en serait de lui comme de Dasius, selon l'éditeur des Actes grecs de Dasius, Zoticus et (iaius. Le prétendu Zosimus de Pouzzoles ne serait autre que le Zoticus de Nicomédie. Ici encore il y aurait coni'usion. Assurément les deux mots se ressemblent fort, et le passage do Zoticus à Zosimus n'a rien d'impossible. Toutefois l'existence d'un Zosimus, martyr de Pouzzoles, n'est peut-être pas à rejeter. Le Cod.Ottohon. duiW;ir/i/rol. hieronym., qui fut composé pour le monastère du Monte Petroso en Ai)ulie, porte, au XVIIP jour des kal. de juillet: " lu monastcrio quod est in Monte Peti 'oso, depositio sancti Zosimi translati de Puteolo ». [Martyrol. hieronym., p. xxxni). On lit encore dans un martyrologe manuscrit de la Biblioth. des Saints Apôtres de Naples : « XII. Kal. Novembris Puteolis civitate natalis Zosimi episcopi, qui translatus est in monasterio dcMonte Petroso. » De vieux calendriers de Capoue l'appellent encore : Zosimus cpiscopus, Zosimus episcopus confesser. (AA. SS., Octobr., VIII, p. 829, 830). — Ce Zosimus, en admettant qu'il fût différent du Zoticus de Nicomédie, serait-il d'ailleurs l'évêque de Bénévent [A A. SS. Octobr., VIII. p. Si), saint Zosimus, appelé aussi saint Zenon ? C'est ce qu'il est dilficile de décider (V. de Buek, .1^4.88., distingue Zosimus de Pouzzoles de saint Zosime, é\ o([uo de Bénévent .

ORIGINES CHRÉTIENNES

rologes 1, nous avons des Actes assez importants, et une Vie grecque de saint Janvier, dite du moine Emmanuel.

Les Actes sont les Acta Puteolana qui semblent avoir été refaits a l'époque de Jean Diacre, et enrichis alors du prolog-ue et d'un certain nombre d'ornements, dans le genre de ceux qu'exig-eait le goût du temps ; mais les Actes primitifs dont ils sont une refonte pouvaient être contemporains des Acta Vaticana. Ceux-ci sont plus anciens; mais la part considérable de merveilleux qui entre et qui se retrouve aussi dans les Acta Puteolana, beaucoup de détails douteux ou invraisemblables imposent la plus extrême prudence dans l'emploi de ce document. Les Actes Bolonais méritent plus de créance ; ce sont ceux dont la rédaction est sans aucun doute la plus ancienne (commencement du v'' siècle ~). Quant à la Vie

1. (18 octobre) : Puteoli. lanuarii et Euticis; (19 octobre) : Neapoli. Sussi, lanuarii, P'esti, Desiderii. în Cimiterio Puteolis. Proculi, Eutici... ÎMarty- 7-oZ. /tteronj/m., p. 133) ; (21 octobre) : Neapoli. Fcsti... Campania. Proculi, Eutici [ibid., p. 131).

2. On trouvera la bibliographie complète relative à saint. Janvier etàsesconipagnonsdans la BihUotheca. Hagiocfraphica lalina des Bo iandistes, 1. 1, p. 613- 615. — Les Actes Bolonais, auxquels il faut donner la préférence sur tous les autres, ont été publiés par A. S. Mazzocchi : Actortun Bononensium S. lanuarii... vindiciae (Naples 1759), et étudiés aussi par lui dans l'ouvrage intitulé : Commentarii in velus marmoreum S. Neapolitanae ecclesiae Kalendarium, I, pp. 269-279. — Ils semblent être le produit d'une tradition postérieure d'une centaine d'années environ au martyre de saint Jan\ ier et de ses compagnons. Ce qui fait qu'ils méritent plus de créance que les autres Actes c'est la simplicité du récit, et aussi l'absence de certains détails peu vraisemblables ou fabuleux qui se sont introduits dans les autres Actes. 1° La circonstance miraculeuse des bêtes féroces épargnant saint Janvier et les autres chrétiens fait défaut. Tout ici est ramené à des proportions humaines. Les chrétiens n'ont pas été livrés aux bêtes, parce que le gouverneur n'a pu venir assister au spectacle. Sans aucune circonstance merveilleuse, la peine est commuée en la peine de mort. 2" Les antres Actes et la \^ie grecque, accumulant les événements, promènent saint Janvier de Pouzzoles à Noie, puis de nouveau de Noie à Pouzzoles. Le gouverneur de la Campanie, se trouvant à Noie, aurait entendu parler de Sosius et des autres chrétiens emprisonnés à Pouzzoles. On lui aurait aussi rapporté faussement certains, propos tenus par saint Janvier, et il aurait fait venir celui-ci de Pouzzoles, où il se trouvait alors, à Noie, l'aurait interrogé, et l'aurait ramené à Pouzzoles en le faisant traîner, chargé de chaînes, devant son char. Le récit des Acia Bouonensia est beaucoup plus simple. Tout se passe à Pouzzoles et dans les environs immédiats. Les soldats qui gardent la prison où est Sosius viennent rapporter au gou- ^•erneur le fait que lanuarius veut visiter le prisonnier. De là l'emprisonnement de saint Janvier. La chose a pu ou dû se passer ainsi. Le récit y gagne en simplicité, en vraisemblance. Il est très préférable à la tradition des autres Actes qui est celle, encore enjolivée, de la Vie grecque. — 3" On remarquera une autre différence. D'après la Vie grecque et d'après les Acta Puteolana et Vaticana, Sosius est d'abord emprisonné et, immédiatement

RËLiGlON

grecque de saint Janvier, dite du moine Emmanuel, publiée au xviTi" siècle, elle fut d'abord considérée comme un monument complètement apocryphe. 11 faut revenir sur cette opinion. Cette Vie, qui a été récemment publiée de nouveau, d'après un manuscrit du mont Cassin, est un document important. Sur bien des points, elle ne mérite assurément aucune confiance. Elle otîre des traces visibles de remaniements de différentes époques ; mais ces remaniements étant une fois constatés et la part étant faite des nombreux détails qui ont

après lui, ses amis Eutyches, Aculius et Proculus. Ceux-ci, d'après la Vie gi-ecque, auraient protesté contre l'emprisonnement de Sosius en termes outrageants pour le gouverneur : dans les Acta Puteolana, ils vont même jusqu'à se rendre chez le gouverneur et à l'outrager. Dans les Actes Bolonais au contraire, ils ne sont pas emprisonnés dès le début: mais Sosius et lanual'ius sont seuls menés au supplice. Proculus, Eutyches et Acutius, qui se trouvent là par hasard, demandent qiiid enim mali liomines isli feceriint, ul eos jiidex jiiberet occidi? La police les arrête à leur tour, et, reconnus pour être des chrétiens, ils sont suppliciés. Cette tradition est plus \ raisemblablc que la précédente qui semble ne s'être formée que pour mettre dès le début en relation les différents personnages du drame, et pour augmenter la sainteté héroïque des martyrs de Pouzzoles. Pour toutes ces raisons, il faut prél'ércr les Actes Bolonais. L'éloignement même du lieu où ils furent rédigés (Mazzocchi, op. cit., p. 269, croit, avec raison, semblc-t-il, qu'ils sont d'origine grecque) serait une garantie de leur véracité ; car la légende se forme plus sûrement et plus rapidement dans la patrie même des martyrs, où l'imagination se donne plus librement carrière, excitée par des causes locales, que dans des pays lointains, (f^es Actes Bolonais se réclament du récit d'un évéque, lequel, suivant une tradition parvenue Jusqu'à Jean Diacre, aurait été un évéque grec. La Vie grecque du moine Emmanuel parle également de cet évéque, nommé Théodose, et fait de lui un évéque de Thessaloni(|ue^ — La rédaction des Actes Bolonais peut être placée vera le début du v siècle sauf les deux derniers pai-agraphcs, adjonction postérieure ({ui semble avoir clé écrite en Italie. Mazzocchi, Ca/edc/. Vel.. I, p. 278). — I^es Actes Vaticans el la Vie de saint Janvier par le moine Emmanuel représentent la tradition italienne, beaucoup plus chargée de détails merveilleux. Les BoUandistes fonl i-emonter au v siècle la rédaction des Actes Vaticans. C'est peut-être leiu' attribuer une antiquité trop grande. En tout cas ils renferment bien des interpolations. — Quant à la Vie grecque de saint Janvier, dit du moine Emmanuel, publiée au xvin° siècle par Falcone dans sa Vie de saint Janvier, elle a été rééditée récemment dans la Bibliotheca. Casiaensis, 11, Floril., 227-251. Manuscr. Casin. 47. Elle a été étudiée surtout par Scherillo, dont la critique est beaucoup trop hative et exagérément confiante dans ce document Scherillo, Gli Alti del martirio di S" Gennaro, Naples, 1847. — Du même : Esame di un codice i/i-eco piihblicnlo nel lomo II" délia Biblioth. Casinensis, dans les Alli délia Renie Accademia di archeoloffia di Napoli. VIII, 1, Naples, 1877. — Tirage à part : Naples, 1876). — Scherillo la fait remonter au v" siècle. Je crois qu'il faut adopter sur la valeur de ce document l'opinion de Capasso {Mon. Neap. duc.. I, p. 161) : « Nam de huius Vitae sinceritate, et an ipsa, uti nunc legitur, a. 500 composita fuerit, cum plura in ea sint, quae illam vetustatcm minime sapiant, dubitare quis possit, tamen ratio certa et constans, qua facta paene omnia ibi traduntur, perspicue demonstrat vitam ipsani

ORIGINES CHRÉTIENNES

un caractère légendaire, son autorité demeure encore assez grande. L'opinion de B. Gapasso me semble devoir être adoptée. Il est très douteux que, dans l'état où nous la possédons, elle remonte, comme certains l'ont cru, au v'' siècle; beaucoup de détails indiquent des interpolations d'époques postérieures. 11 est probable cependant que la rédaction primitive a été faite dans la première moitié du vi" siècle, d'après des documents plus anciens.

Voici ce que ces documents nous permettent d'établir comme ayant une certitude ou une grande vraisemblance historique, relativement au martyre de saint Janvier et de ses compagnons.

C'est au mois d'avril de l'année 305 que le fait eut lieu. En ce qui concerne l'année, il n'y a pas de doute possible. Les Actes placent la persécution sous le cinquième consulat de Gonstantius Caesar et de Maximianus Caesar, c'est-à-dire en 305, et l'appellent la persécution de Dioclétien ; il s'agit ici de celle qui suivit le quatrième édit de persécution, qui fut publié en mars 304, et s'étendit à tout le monde romain. Le mois est plus difficile à déterminer ; ce fut probablement le mois d'avril. La date du 19 septembre, que l'on trouve pour saint Janvier dans les Actes et le calendrier de marbre napolitain, est vraisemblablement non celle du martyre, mais celle de la translation du corps [dies natalis dans les Actes, Natale dans le calendrier, mots qui ont simplement le sens de jour de fête consacré à un saint, à l'occasion de la translation ou de la découverte de ses reliques, ou encore pour d'autres motifs) ; de même, le 23 septembre semble être celle

supra antiquiores laterculos forte saeculo VI ineunte factam, postea a quodam Metaphraste aevo sequiore amplificatam. »

Outre les documents littéraires, il faut citer les monuments figurés. Aucun vestige de catacombes chrétiennes na été, jusqu'à présent, découvert à Pouzzoles. Aucune fresque, originaire de Pouzzolcs, représentant les martyrs pouzzolans Proculus, Eutycheset Acutius, n'est parvenue jusqu'à nous. Mais le culte de ces martyrs ne resta pas localisé à Pouzzoles ; associé à celui de saint Janvier, il se répandit de très bonne heure à Naples; dans une crypte des catacombes de saint Sévère, à Naples, des peintures, datant des iv et y" siècles, nous offrent des images de saints, parmi lesquelles celle de saint Eutyches, et probablement aussi celle de saint Acutius (cf. sur ces peintures, Garrucci, Storia delV arte christiana. Vol. II, pl. 105 A. — Bull, d'arch. christ, Ser. I, ann. V, p. 73 ; Ser. II, ann. II, p. 156-157). Des peintures des catacombes de San Gennaro, beaucoup plus récentes (viii= et ix' siècles), représentent les 7 martyrs de Pouzzoles (cf. Stornaiuolo, Richerche sulla sloria, e i monumenti deiSS. Eutichete ed Acuzio (Naples, 1874, pp. 93-106).

Ch. Dubois. — Pouzzoles. 12

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de la translation de saint Sosius, et un des jours du mois d'octobre (entre le 15 et le 20) celle de la translation de saint Proculus ^

Nous avons au contraire, pour placer en avril le martyre de saint Janvier et de ses compagnons, les indices suivants :

1° les ménologes grecs célèbrent saint Janvier à deux dates différentes, le 19 septembre et le 21 avril; mais le 21 avril est donné par les Grecs comme le jour du martyre ~.

2° Eusèbe déclare que la persécution cessa en Italie au mois de mai 305 3. Cela nous invite à ajouter foi à la tradition des Grecs rapportée ci-dessus, tradition que rien ne contredit dans les Actes ni dans les martyrologes, puisque les dates de septembre et d'octobre données par eux ont trait, semble-t-il, à d'autres événements que la mort des martyrs.

3" d'après la Vie grecque de saint Janvier, le jour du martyre fut le XlIP jour des kalendes d'octobre, c'est-à-dire le 19 septembre 4; mais cette même date, XllPjour des kalendes

1. Calendrier de marbre napolitain, au 19 septembre : Nat. S. lanuarii (Capasso, op. cit., I, p. 338). Dans les Actes : dies natalis. Cf. Martyrol. hieronym., éd. Duchesne, p. 123. — Les Natalitia sanctoriim ou martyrum sont, dans beaucoup de cas, le jour même de la mort des saints ou des martyrs ; toutefois le Natale désigne assez souvent aussi un jour de fête consacré à un saint, à l'occasion du transport ou de la découverte des reliques, etc.. Dans le calendrier napolitain, A'^aiaie a simplement le sens de jour de fête consacré à un saint par opposition à passio ou depositio {= jour de la mort du martyr ou du confesseur. Mazzocchi, Calend. vet., I, p. 279). De même, dans le martyrologe hiéronymien, il arrive que natalis a simplement le sens de dies festiviis, solemnis, jour de fête d'un saint ( cf. Wetzer et Welte, Kirchenlexicon, IX, pp. 34-36). — Ainsi donc, ou bien les rédacteurs des Actes et du calendrier savaient, en employant les mots Natale, dies natalis, que le 19 septembre n'était pas le jour de la mort de saint Janvier ; ou bien ils ont cru que c'était là le jour de la mort. Mais, dans ce cas, ils ont évidemment confondu avec une autre circonstance où on célébrait aussi saint Janvier, par exemple à l'occasion du transport de ses reliques. Une confusion semh)lable paraît avoir été faite par l'auteur de la Vie grecque (cf. ci-dessus, dans le texte). — Les Actes disent clairement que la translation de Sosius, de Pouzzoles à Misène, eut lieu le 23 septembre (Appendice des Actes Vaticans, AA.SS.,l. c.,p. 785. — Mazzocchi, op. cit., y». 279). Il est assez vraisemblable que le 19 septembre a été aussi le dies translationis de saint Janvier (cf. plus loin, p. 181, note 3. — Pour la translation du corps de Proculus, AA. SS., l. c, p. 785).

2. Textes cités dans les AA. SS., l. c, p. 764. Cf. aussi la p. 781, où sont cités les vers des Fastes métriques publiés dans les A A. SS., au 1" mai, p. XXIV : Triv lavvouapfou xatpriv eîxaBt jipwxT) (21 avril). — Voir aussi le Syn. Const., dans AA. SS., Propyl.-Novembr., 59^0 (19 sept.); 6162» (20 avril) ; 617f'3 21 avril) ; et les annotations de ce volume des AA. SS., p. 951.

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