Cf. ci-dessous, chap. II, p
i. Ausone, Ëpist., V, p. 227, v. 30 (ed. Peiper), XV, p. 250. Les « Baianae palae » (vel quae Baianis pendent fluitantia palis) sont vraisemblablement les bancs d'huîtres du lac Lucrin.
5. Manuscrit du médecin Giovanni (n" 1502 de la Bibliotheca Angelica de Rome), publié par M. Giacosa, Magislri Salernilani nondum editi, p. 335 : « Item lacus qui dicitur Ostrara habet balneum qui dicitur ïripergule ». Le mot populaire : ostrara, non compris par P. d'Eboli,a été transformé par lui en austialis (Est lacus australis, etc.. Epigr. sur le bain de Tripergule, dans Graevius, Thes. antiq., IX, 4, reproduisant le De Balneis Puteolanis Synopsis de Lombardi, ch. XXV, p. 26 E).
DOCUMENTS TOfOGRAtHIQUÈS ANtlQt'ÈS
Le palatium du vase de Piombino, figuré au-dessus des parcs d'huîtres et entre les deux stagna, doit être aussi placé dans le voisinage du Lucrin : comme la rive occidentale du lac allait jusqu'aux stufe di Tritoli, il pourrait être une construction impériale située en cet endroit, par exemple le palais et le stagnum d'Alexandre Sévère K Quelqu'un qui, étant à la Punta délia Bambinella, aurait regardé dans la direction des stufe di Tritoli, aurait aperçu en face de lui le palatium, occupant l'emplacement de la Regia Moffeta, et au pied de la colline les ostrearia (vers l'extrémité occidentale du Lucrin).
Il est alors naturel de penser avec M. Beloch que le phare est celui du Portus Baiarum. Le stagnum qui vient ensuite (stagnum Neronis) pouvait se trouver sur le rivage, entre le Portus Baiarum et le Lucrin. La baie actuelle de Baia n'existait pas dans l'antiquité; elle était occupée par des bancs de sable qui ont disparu, et qui se prolongeaient le long du rivage jusqu'à la Punta dell' Epitafïio ; c'est là qu'avait dû être aménagé le stagnum, qui succédait lui-même à une lagune naturelle Puis viennent entre ce stagnum et le Lucrin : le palais, les parcs d'huîtres et, un peu au delà, un second stagnum. Quant à la silva, c'est soit le bois de myrtes dont parle Celsus, soit un bosquet de la propriété impériale.
Mais, dira-t-on, que vient faire l'indication de Baiae à un endroit 011 on ne l'attend certes plus, au delà du Lucrin? A mon avis Baiae n'a pas la valeur d'une indication topographique ; ce mot doit être lu à part et en dehors des autres inscriptions ; il est à droie du vase, mais pourrait être à
1. Les dessins du vase liorgien illustrent d'une façon très suggestive le texte de Spartien : Palatium cuni stagno, etc... — Garrucci [Bull, nap., l. c.) croyait que le palatium pouvait être celui de Mammaea. Dans le même sens, Sogliano dans les Atli delVAccademia di Napoli, XVIII, part. I, n" 8. Un texte d'Ammien-Marcellin (XXVIII, 4, 18) nous fournit peut-être un indice sur l'emplacement de la villa de Mammaea; c'est un passage où l'historien nous parle, eu les mentionnant ensemble, d'un lavacrum Silvani et des eaux de Mammaea, près de Pouzzoles. Or des Aquae Silvianae, voisines des stufe di Tritoli, sont connues par des documents du moyen âge (P. d'Eboli, dans Graevius, l. c, p. 36. Cf. De Sariis, Thermoloyia Puteolana^ p. 1 13). Ces Aquae Silvianae seraient-elles l'antique lavacrum Silvani ? Et les eaux de Mammaea, citées par Ammien en même temps que ce lavacrum, auraientelles existé près des stufe di Tritoli"?
2. Gûnther, dans V Archaelogia^ LVIIÎ, p. 5 49-552, pense que l'endroit le plus approprié à l'emplacement d'un pareil stagnum était la superficie occupée maintenant par la baie de Baia. II y place le stagnum Neronis du vase de Piombino. Cf. le même auteur dans le Geographical Journal^ 1903, p. 277-
LE DESSIN DE BELLORI
gauche, sans qu'il y eût rien de changé dans la série des monuments. Le graveur nous avertit simplement qu'il nous offre une vue de la côte de Baia : phare, bassins, parcs d'huîtres se trouvent à Baia. Soit qu'on admette les localisations de M. Beloch, soit qu'on préfère celles que j'ai proposées, on n'a aucune raison d'intervertir l'ordre des édifices sur le vase Borgien. 11 faut chercher ailleurs des analogies en faveur de l'hypothèse d'un renversement de l'image sur le dessin de Bellori.
2° Le médaillon d'Antonin le Pieux. — Les demanderonsnous au médaillon d'Antonin? Dans le pont à arches situé, sur ce médaillon, à gauche de l'île du Tibre, M. Hûlsen voit le navale inferius, contrairement à l'opinion traditionnelle suivant laquelle ce serait le pons Aemilius. Ce navale aurait été, selon lui, sur la rive gauche du Tibre, à la hauteur du forum boarium ; il semblerait pourtant, d'après le médaillon, qu'il se trouvât sur la rive droite ; mais c'est là, dit M. Hûlsen, une pure licence prise par l'artiste, le médaillon donnant comme en un miroir une image renversée de la réalité
Je serai plus bref sur le médaillon d'Antonin que sur le vase Borgien, le problème qui le concerne me paraissant résolu par M. Petersen ~ dont l'opinion, très plausible, a été adoptée par M. Besnier 3. Petersen a montré que le renversement de l'image ne serait admissible que s'il s'appliquait au médaillon entier, ce qui n'est pas le cas ; limité, comme il l'est, à une moitié seulement, il est invraisemblable. Avant Petersen, M. Dressel avait reconnu qu'il n'y avait dans le médaillon aucune image renversée ^. Les deux analogies invoquées par M. Hûlsen : vase Borgien, médaillon d'Antonin, sont à rejeter.
3° Le navale inferius et la jetée du dessin de Bellori. — Venons au troisième argument : la présence de la jetée sur le dessin de Bellori s'expliquerait par l'existence du navale inferius près du forum boarium
Remarquons, dit M. Hûlsen, sur le bronze d'Antonin les
1. Hûlsen, dans les Dissertazioni délia pontificia Accademia di archeologia, Ser. II, vol. VI, p. 253.
2. Mitlh. des deutsch. arch. Inst. Rom. Abth.., XV (1900), p. 352-354.