BASSINS
abritait la rade principale, du côté de l'emporium ; mais d'autres bassins existaient à l'est, au pied de la hauteur du Gastello, entre la pointe du promontoire et l'église San Vincenzo 1.
A la distance d'environ 100 mètres du rivage, subsiste sous l'eau une double rangée de piles, parallèles au rivage, de forme rectangulaire, et mesurant chacune 6 x 8 mètres ; l'intervalle entre elles est de 4 mètres. Les deux rangées sont disposées de telle sorte que les piles de la jetée extérieure font face aux arches de la jetée intérieure, et réciproquement ; les piliers de la jetée intérieure ont la forme de trapèzes et mesurent, en moyenne, de 3" SO à 8 mètres. Bien qu'ils soient recouverts d'herbes marines et qu'ils soient rongés par l'eau et submergés jusqu'à des profondeurs de 2 mètres à 8™ 50, on peut, quand la mer est claire et calme, en observer et en déterminer l'emplacement, la forme et les dimensions.
A l'extrémité ouest de cet ouvrage, on voit sous l'eau les ruines d'un vieux mur continu, s'avançant perpendiculairement du promontoire et rejoignant à angle droit la jetée cidessus décrite ; un peu avant de la rencontrer, il s'arrête, laissant une ouverture d'environ 40 mètres qui donnait accès dans un premier bassin. Au delà, c'est-à-dire à peu près vers le milieu de la double jetée, un autre mur, qui se détache perpendiculairement du rivage, est interrompu par une ouverture d'une vingtaine de mètres par laquelle on pénétrait dans un second bassin. Perpendiculairement à ce dernier mur s'en détache un, parallèle au rivage, dans lequel sont deux ouvertures : une d'environ 20 mètres, l'autre de 30 mètres.
A l'est, un bassin carré entoure le vieil hospice des Capucins.
Sur d'anciennes gravures (recueil de G. G. Rossi) sont figurées, au pied du promontoire et aussi en allant plus à l'est, en face de l'église Jésus Mariae, des ruines submergées le long du rivage. Celles qui sont en face de l'église portent le nom de piscinae sur la planche VHP, de piscinae veteres sur la vue générale Le dessinateur leur a donné la forme de masses
1. Le premier qui ait signalé l'existence de ces bassins est Di Fazio, Cenno dei porti antichi scoperti nel lido di Pozzuoli (Naples, 1834), p. 33-38.
2. Antichitk di Pozzuoli, chez G. G. Rossi (Rome, vers 1650). — Sur le plan de Mazzella, dans Graevius, Thes. (IX, 4), ces piscinae veteres sont également figurées, n» 51.
LE PORT
quadrangulaires. Celles qui sont situées sous le promontoire ne peuvent être que les ruines des bassins que nous venons de décrire ; autant qu'on peut en juger d'après un dessin aussi imparfait, il semble que ces ruines longeaient la côte sur une étendue assez grande ; au delà du bassin qui renferme l'hospice des Capucins, il y en avait peut-être encore d'autres ; aucune trace n'en apparaît plus aujourd'hui.
Il est possible que d'autres ouvrages maritimes aient existé entre la grande jetée et les bassins existant sous le Castello. On a observé les restes de constructions romaines, qui ont paru être les piles d'une jetée ou les soubassements d'un quai, sous l'ancienne église de la Purificazione a mare K Ces ruines étaient de ce côté le seul vestige reconnaissable d'ouvrages maritimes ; mais elles suffisent pour que nous pensions qu'autour du promontoire les Romains avaient construit des môles et aménagé des bassins. La superficie totale des ports de Pouzzoles devait donc être considérable. Elle comprenait, d'une part, toute la rade avec l'emporium, depuis le Tempio di Serapide environ jusqu'à la jetée principale ; puis s'avançant jusqu'à rOspizio dei Cappuccini, et allant peut-être au delà, toute une série d'ouvrages secondaires.
Les piliers qui protégeaient les bassins étaient reliés entre eux par des arches ; ceux qui avaient la forme de trapèzes constituaient un ouvrage de protection intérieure, brisant les vagues qui auraient pu pénétrer sous les arches de la jetée extérieure et laissant libre la circulation des eaux. Cette disposition d'une double rangée de piles a été observée à Misène ; seulement, tandis que les pihers ont, à Pouzzoles, la forme de trapèzes, ils étaient, à Misène, suivant la description de di Fazio, rectangulaires, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur Dans un cas comme dans l'autre, le système employé s'explique par les mêmes raisons ; à Misène et dans cette partie du rivage de Pouzzoles, le sol s'abaisse brusquement sous la mer ou atteint rapidement d'assez grandes profondeurs, et il en résulte un violent ressac. Près d'un promontoire, l'agitation des eaux étant d'ailleurs toujours plus forte, il fallait opposer aux vagues une solide barrière. Dans ces conditions, une jetée qui, sans être continue, rendît les mêmes services qu'une jetée