QUAIS ET DIGUE
sèment Il fallait donc exhausser le sol. C'était plus qu'une œuvre de restauration ordinaire; on ne se contenta pas de réparer ce qui existait; on éleva, à proprement parler, un quai situé à un niveau supérieur. C'est ainsi, je crois, qu'il faut interpréter nos inscriptions, et concilier les mots : inchoavit atque perfecit^ avec la nécessité d'admettre que les Pouzzolans n'avaient pas attendu jusqu'à la fin du iv" siècle pour construire des quais. Mais ces quais plus anciens étaient plus bas; ce que Valerius Maximus fît construire, ce fut une haute digue destinée à s'opposer à l'inondation menaçante, et c'est cette digue qui, dans les inscriptions et sur les vases de verre gravé, porte le nom de ripa.
Quelle était son étendue ? Nous ne savons. Elle devait occuper un certain espace à l'ouest du macellum, et à l'est elle protégeait le Largo délia Malva.
En certains points du rivage ont été observées des ruines ayant pu appartenir à des quais. A la Starza, tout à fait à l'ouest de Pouzzoles, existent, submergées sur une grande longueur, des ruines de colonnades parallèles au rivage ; elles marquent l'emplacement de quais bordés de portiques. Ce sont d'abord, le long de l'ancienne via Vecchia des restes informes de murs et de substructions ^ ; un peu plus loin, di lorio, au commencement du XIX" siècle, a reconnu les fondations d'un arc de triomphe ^ (quatre piliers longs chacun de 5™ 80, larges de 2"' 40, occupant un espace total de 15 mètres ; l'intervalle du milieu était plus grand que les intervalles latéraux). Les fondations d'un arc semblable existaient dans le voisinage immédiat (la distance d'un pilier à l'autre était d'un peu plus de 3 mètres, la longueur totale de l'édifice de 15 mètres environ) ^ (plan général, n°* 22 et 23). Après ces arcs commencent des restes de colonnades et de portiques : ce sont les ruines impro-
1. Le rivage antique du golfe de Pouzzoles subissait déjà, dans l'antiquité, des affaissements en différents endroits, par exemple, dans les parages du lac Lucrin ; c'est ce que prouvent, comme le croit W. Deecke [art. cit., p. 5), les différentes restaurations de la via Herculanea (restaurations de César (Serv., Georcf., II, 161), d'Agrippa (Strab., 245), de Claude (Plin., Nat. Hist., 36, 15).
2. Di lorio, Gaid. di Pozz., p. 50. La via Vecchia était la « route moderne qui conduisait au lac Averne et à Cumes, et qui, envahie par la mer, a été refaite plus en retrait, là où elle existe aujourd'hui ».