ÉCHELLE
0 s 10 20 30 <tO 30
FiG. 40
Amphithéâtre. Section sur l'axe mineur.
(A gauche, l'aqueduc et le canal le faisant communiquer avec l'amphithéâtre).
On donnait probablement aussi dans l'amphithéâtre de Pouzzoles des représentations nautiques : courses de barques, exercices de natation, combats sur l'eau, etc.. L'édifice, communiquant avec l'aqueduc campanien, pouvait facilement être inondé. Cet aqueduc, déjà décrit dans un précédent chapitre, passe sur le côté nord de l'amphithéâtre, à la distance de 23 mètres du portique extérieur et à une profondeur de 4 mètres ; un canal le joignait au souterrain. Le mur de l'aqueduc est percé d'une ouverture qu'on ouvrait ou qu'on fermait à volonté au moyen d'une herse et qui donne accès dans une petite vasque ronde (diam. 2"^ \ 0) où alîoutit le canal de communication, canal d'abord très étroit (1"' 05), qui s'élar-
1. Article Amphiteab-um clans le Diclionn. de Daremberg et Saglio, p. "247.
l'amphithéâtre
g'd (2™ 50) après un parcours de 22 mètres, au point où est pratiqué dans la voûte un soupirail (2™ SO X 1"^), puis va pendant une quinzaine de mètres en pente très douce. A partir de là, l'inclinaison s'accentue, et à la distance de 4"' 50 du souterrain, le canal s'élargit encore (4™). Grâce à la douceur de la pente (3™ au total) et à l'élargissement progressif du canal, l'eau arrivait lentement dans le souterrain.
Le niveau des eaux dans l'aqueduc était le même que le niveau du sol dans le petit corridor de l'étage supérieur du souterrain. L'eau ne pouvait donc dépasser cette limite. Une difficulté se présente alors : comment pouvaient avoir lieu les représentations si l'eau n'arrivait pas même sur l'arène ? La réponse est fournie par la structure même du souterrain. Ce n'est qu'originairement que l'amphithéâtre de Pouzzoles put servir pour les représentations nautiques. L'arène et la majeure partie des souterrains n'étaient pas encore construits. A la place de l'arène s'approfondissait un grand bassin inondé par les eaux de l'aqueduc. Gela ressort avec évidence de certaines particularités de la construction.
L'amphithéâtre, nous le verrons plus loin, ne fut pas construit avant le règne de Vespasien ; la maçonnerie (un mélange d'appareil réticulé et d'opus lateritium) est donc de la seconde moitié du i'^'" siècle après J.-G. Si le souterrain datait de la même époque, la maçonnerie devrait avoir le même aspect. Ce n'est pas le cas. Plus d' (( opus reticulatum » ; rien que de la brique de moins belle qualité, sur un massif de blocage. Ge travail semble une addition postérieure. Seul, le mur de la périphérie du souterrain, c'est-à-dire celui qui limite au fond le petit corridor circulaire de l'étage supérieur et les compartiments voûtés du bas, ujiparticnt à la construction primitive (opus reticulatum et isodomon) de l'édilice, qui alors n'avait pas d'arène. Le mur du podium descendait jusqu'à la distance de 3 mètres au-dessus du sol du souterrain ; en ce point courait, sur le pourtour de ce mur, une petite plate-forme large de 1"'13, sous laquelle le mur descendait de nouveau, mais avec un recul de i ™ 07, de sorte que la plate-forme reposait sur les petits compartiments du bas qui n'avaient qu'une profondeur et qu'une largeur de 2'" 20. Ge qui prouve qu'il en était bien ainsi, c'est que dans les murs latéraux de ces compartiments, précisément à la distance de 2'" 20 du mur du fond, apparaît (et cela sur tout le pourtour du monument) une ligne
PRINCIPAUX MONUMENTS ET RUINES
de suture, également visible à la voûte ; les compartiments dut aujourd'hui une profondeur de 4 mètres, mais la ligne de suture prouve que, à la distance de 2'" 20 du mur du fond, la voûte et les murs latéraux sont une addition postérieure. De même, la plate-forme, large de 1'" 13, est devenue, après l'adjonction de la voûte et des piliers, le petit corridor de l'étage supérieur.
Dans l'amphithéâtre ainsi construit, on pouvait donner des représentations nautiques. Il y avait une profondeur d'eau de 3 mètres, l'eau arrivant au niveau de la plate-forme circulaire.
Ce n'est pas à dire que l'amphithéâtre, dans son état primitif, n'ait servi que pour des naumachies. Grâce à un système d'échafaudages, on pouvait installer une arène mobile en bois pour les combats de gladiateurs et pour l'exhibition des bêtes fauves. D'ailleurs, ainsi que nous l'avons vu dans un précédent chapitre, il semble que Pouzzoles possédait un second amphithéâtre où ce genre de spectacle pouvait aussi avoir lieu.
Plus tard, pour des raisons que nous ignorons, sans doute parce que les représentations nautiques passèrent de mode ou pouvaient être données plus facilement dans les lacs naturels de la région (Averne, Lucrin...), on construisit les souterrains qui subsistent encore. C'est alors que l'on agrandit les compartiments de l'étage inférieur en en prolongeant les murs latéraux avec une maçonnerie analogue à la maçonnerie plus ancienne (appareil réticulé et appareil isodome). Mais, partout ailleurs (arcades constituant l'ouverture de ces compartiments, corridor de l'étage supérieur, grand couloir circulaire, couloirs centraux, etc.), on employa uniquement la construction en briques, recouvrant un blocage intérieur.
Il existe sous l'amphithéâtre tout un système de canaux et de cloaques. Mais il est difficile de l'étudier dans le détail, car ces canaux ou bien ne sont pas déblayés, ou bien ne peuvent être parcourus à cause des eaux pluviales qui y stagnent. Le sol du souterrain est légèrement incliné vers un puits qui s'ouvre dans le grand couloir longitudinal, à la distance de 20 mètres du point central de l'édifice, dans la partie ouest; ce puits (diam. 0"'60), qui a des rebords en basalte, aboutit à une cloaque, laquelle se dirige vers le sud. Sous le couloir du podium, existe aussi un égout qui suit l'ellipse du monument. Il est figuré sur la section prise sur l'axe mineur
l'amphithéâtre
(larg. 0"'80; haut. 1"' 70). D'autres cloaques, non visibles ou difficilement explorables, existent dans d'autres parties de l'édifice ^
Quand on donnait des représentations nautiques, on fermait l'ouverture du puits situé dans le couloir central ; c'est par ce puits qu'on vidait ensuite le souterrain et qu'on faisait écouler les eaux sales. Après la construction totale des souterrains, la communication établie entre l'aqueduc campanien et l'amphithéâtre restait encore d'une grande utilité pour le nettoyage du souterrain où on amenait l'eau très facilement, et pour l'inspection de l'aqueduc dans lequel on pouvait entrer commodément en ce point.
2° PARTIES SUPÉRIEURES DE l'ÉDIFICE
La longueur de l'arène (grand axe) est de 74'" 78. Sa largeur (petit axe) est d'un peu plus de 42 mètres. On y pénètre directement, en venant du dehors, par les portes s'ouvrant sur le grand axe (larg. 4'" 90) et par quatre autres portes (larg. 2™ 25) pratiquées dans le mur du podium (une pour chaque quart du monument) et qui se trouvent au débouché de couloirs conduisant en droite ligne de l'extérieur de l'édifice sur l'arène. A l'ouest, le seuil de la porte principale se composait de deux marches de marbre existant encore, par lesquelles on descendait sur l'arène ; à l'est, on entrait de plain pied. Le seuil des portes secondaires était creusé sur les côtés par deux rigoles dans lesquelles l'eau de l'arène s'écoulait dans le petit couloir situé sous le podium, dont le sol est à un niveau un peu inférieur, et, de là, dans les bouches d'égout qui s'ouvrent en différents points de ce couloir et qui communiquent avec une cloaque. Dans le mur du podium étaient percées quelques fenêtres prenant jour sur l'arène, et aussi des jDortes qui se trouvaient, deux par deux, entre les entrées principales de l'arène et les entrées secondaires.
1. Rucca, Ipogeo puteolano p. 15, fait allusion à plusieurs de ces égouts, sans en donner d'ailleurs de description.
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Le sol de l'arène est assez irrégulier. Les rebords en pierre des trappes constituent en outre des inégalités qui devaient g-êner les combattants. Aussi, est-il probable que le sol étuit entièrement recouvert de planches, ou parsemé d'une couche épaisse de sable.
Le mur du podium, épais de 1 mètre, s'élève à une hauteur de 2 mètres au-dessus de l'arène. Il était revêtu de plaques de
Amphithéâtre. Arène.
marbre blanc dont plusieurs sont encore en place et il est construit en opus lateritium. Il repose sur une rang-ée de g-rosses pierres de taille (épaisseur 0'" 40) qui en constituent le soubas- •sement et par lesquelles il est séparé du mur qui le prolong-e directement dans le souterrain. Le mur du podium devait être surmonté d'une balustrade devant les premiers j^radins.
Le petit couloir, sous le podium, large de 2 mètres et haut de 2 mètres également, contourne toute l'arène. Les murs sont recouverts d'une couche épaisse de stuc ; le sol est percé par des -bouches d'égout (0"' 80 x0"^80, et 0"^ 55x0'" 70) que recouvraient des planches en bois et auxquelles aboutissaient des rigoles dont une est encore visible (dans la partie nord-ouest).
Ce couloir est interrompu au sud, à l'endroit où il traverse
PARTIES SUPÉRIEURES DE l'ÉDIFIGE
Taxe mineur, par une petite construction en forme d'hémicycle (larg. 5'" ; profondeur avecla niche du fond, 8"" 30) qui semble
avoir été une chapelle et communique à droite avec une pièce dont le pavé en mosaïque (quadrillage blanc et noir, très lîn) subsiste en partie. Dans l'hémicycle de la chapelle, on voit sur les murs les traces de compartiments de stucs. Là était probablement le sanctuaire du dieu protecteur de l'amphithéâtre. Quel était-il ? Nous l'ignorons. Tout ce
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qu'on peut dire, c'est que dans les dernières fouilles de 1882 a été retrouvé dans l'édifice un petit fronton sculpté, représentant Jupiter avec la foudre et l'aigle. Ce fronton aurait-il appartenu à l'abside de ce sanctuaire et aurait-il surmonté deux
colonnettes entre lesquelles eût 'été placée la statue du dieu (Jupiter) ? On pénétrait dans la chapelle par une entrée donnant sur l'arène et par une entrée latérale communiquant avec le couloir. Primitivement celle-ci n'existait pas, et le couloir était continu. On voit nettement à la maçonnerie qu'elle est une addition postérieure.
En face de cette chapelle, de l'autre côté du monument, le
PARTIES SUPÉRIEURES DE l'ÉDIFICE
couloir situé sous le podium donne accès dans un grand couloir qui le coupe à angle droit et qui est situé entre le canal de décharge de l'aqueduc campanien qui se trouve par-dessous, et le grand vestibule d'entrée qui est au-dessus (Cf. fig. 40). Ce couloir, long de 40 mètres, large successivement de 4 mètres et de 2'" 60 et haut de 3 mètres, s'étend au delà de la périphérie
Fig. 41
Amphithéâtre. Restes du portique extérieur (côté nord)
de l'amphithéâtre sur une longueur de 6 mètres. Il est aéré par deux soupiraux pratiqués dans la voûte (larg. O-" 80) à la distance de 12 mètres l'un de l'autre, et qui prennent jour l'un sur le portique extérieur, l'autre sur le grand vestibule d'entrée du côté nord.
Il ne reste que fort peu de chose du portique extérieur. La
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partie la mieux conservée se trouve au nord-ouest. Cinq piliers sont encore en place (1"'60 x 1" 30). Ils sont respectivement distants Fun de l'autre de 4 mètres et entièrement construits en briques. La hauteur du portique était de 8 mètres, sa largeur de 2™ 60.
Les quatre vestibules principaux comprenaient trois passages parallèles, séparés par de^ arcades et des piliers. Le passage du milieu, dans le vestibule ouest (grand axe), conduisait à l'arène ; les passages latéraux étaient plus élevés ; de chaque côté de l'ouverture de la rampe qui descend dans le souterrain et au-dessus de laquelle était le passage du milieu, existaient quelques marches qui arrivaient à leur niveau. Dans les vestibules nord et sud (petit axe), le passage du milieu aboutissait à un des escaliers qui montaient directement à la deuxième précinction (Fig. 46). Les piliers étaient constitués dans leur partie inférieure par de grosses pierres de travertin (4 à 6 assises^, dans leur partie supérieure, par de la maçonnerie de briques.
Le promenoir intérieur est actuellement déblayé sur presque tout le pourtour du monument, sauf du coté sud ; il est large de 3"' 30, et sa hauteur est la même que celle du portique extérieur ; à la naissance de la voûte court, sur les murs, une corniche composée de six rangées de tuiles plates. Sur toute l'étendue du promenoir, existent dans le sol, parallèlement aux murs, des rigoles pour l'écoulement des eaux.
Le portique extérieur et le promenoir communiquaient, là où n'existaient pas d'escaliers ou de citernes, par différents passages, trois par côté (larg. de 4"^ 40 à 3'" 80). L'un d'eux (côté sud) porte encore à la voûte les traces d'un revêtement de stuc assez riche (caissons, médaillons, etc.), mais la décoration a aujourd'hui disparu.
Entre le portique extérieur et le promenoir sont symétriquement disposées sur les quatre côtés du monument huit grandes citernes comprenant chacune plusieurs compartiments (Cf. fig. 33). La première, que l'on rencontre à gauche de l'entrée ouest, en comprend quatre. Elle est longue de 8 mètres, large progressivement de Y-" 40 et de 8™ 50. Son niveau inférieur est le même que celui de l'étage supérieur du souterrain. Deux des compartiments sont situés sous un escaher, les deux autres s'élèvent jusqu'à la hauteur du premier étage de l'édifice. Dans l'angle des murs ouest et nord de la citerne un canal de
PARTIES SUPÉRIEURES DE l'ÉDIFICE
décharge indique la limite que l'eau ne pouvait dépasser (ce canal est au niveau du haut de la porte cintrée qui sépare les compartiments). Lorsqu'on monte l'escaher qui, partant du portique extérieur, se trouve à gauche de cette citerne, on
remarque, sur le palier, une fenêtre qui donne sur le réservoir et qui devait être close soit par des planches, soit par une barrière. La citerne qui correspond à celle-ci dans l'autre quart de l'édifice n'a que deux compartiments. Sur les autres citernes, rien de particulier à noter.
A quelques centimètres au-dessus du sol du promenoir, on voit, là où sont les différentes citernes, des trous carrés percés
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dans le mur qui sépare les citernes du couloir. Dans ces trous étaient adaptés des robinets par lesquels on faisait couler l'eau des citernes.
La première précinction commençait immédiatement audessus du mur de l'arène. On y arrivait du promenoir par des pentes en rampe douce, et des deux côtés des entrées principales, ouest et est, par quatre petits escaliers. Il y avait en tout douze vomitoires (1"' 50 x 2'" 10) donnant accès à cette première précinction qui comprenait huit rangées de gradins. Entre les vomitoires, quatorze petits escaliers pratiqués dans les gradins montaient jusqu'à la deuxième précinction.
En deux endroits, la première précinction communiquait directement avec le petit couloir situé sous le podium, et aussi avec l'arène. Sur l'axe mineur, du côté nord, une porte (larg. l'ngO) avec un seuil de trois marches permet de passer de l'arène dans le couloir situé sous le podium ; on voit alors sur sa gauche un escalier occupant la moitié de la largeur du couloir ; il aboutissait à la première précinction en s'élevant latéralement au mur de l'arène. Du côté sud existait un autre escalier symétrique à celui-ci; les marches n'en sont plus conservées, mais on en distingue les traces sur les murs ; il aboutissait de même à la première précinction.
On arrivait à la rangée inférieure des gradins de la deuxième précinction, par des escaliers (larg. 2'" 20) qui partaient du promenoir intérieur. Ces escaliers et les vomitoires correspondants (larg. 1" 20) sont au nombre de quatorze. La seconde précinction comprenait seize rangées de gradins et quatorze petits escaliers correspondant aux vomitoires et pratiqués entre les gradins. Elle s'élevait jusqu'à la hauteur du premier étage de l'édifice.
Trois sortes d'escaliers conduisaient à la troisième précinction. Les uns partaient du portique extérieur, et les autres du promenoir intérieur. Les premiers comprennent eux-mêmes deux catégories.
Il y en a (larg. i^'kS"" 50) qui montent en droite ligne jusqu'aux vomitoires (larg. l"» 30). Ils sont au nombre total de huit. Ce sont ceux qui passent au-dessus des citernes.
Les autres passaient par un palier intermédiaire. Le mieux conservé se trouve immédiatement à droite de l'entrée principale du côté nord. Cet escalier s'élève jusqu'à un palier (à mi-hauteur du sol et du premier étage), tourne à gauche et aboutit