Reinach, Répertoire, II, p. 353, n
N° 14. Statue de Vénus Anadyomène. — Cette statue a été retrouvéeen 1819 près du couvent de San Francesco (aujourd'hui le Bagno Pénale), dans les thermes : Di lorio, Guida di Pozzuoli, p. 47. « Statua diottimo scarpello délia VenereAnadiomene... II lodato Mgr Ro- Ch. Dubois. — Pouzzoles. 27
OBJETS PROVENANT DE POUZZOLÈS
sini ha fatto dono a S. M. dell' anzidetta Venere, ora esislente nel Museo Borbonico, slanza délie Veneri ». Cf. aussi Ruggiero, 5cat't, p. 146. « Venere Anadiomene, con un amorino a fianco mancante perô di un braccio e délia testa, sebbene ne sia sperabile il innvenimento ». Di lorio dit que cette statue était numérotée dans la salle des Vénus du musée de Naples avec le n° 513. J'ai cheixhé dans les anciens catalogues du musée, remontant à cette époque ; aucune statue de Vénus n y est signalée au n° 513. D'autre part, sur la présence de cette statue au musée de Naples, nous avons, outre le témoignage de di lorio, celui de Gorcia {Attî delV Accadeniia di Napoli, II, 1866, p. 64), qui écrit en 1866 que Ton peut voir cette statue au musée de Naples. Les renseignements que nous avons pour identifier cette statue avec lune de celles conservées actuellement au musée de Naples sont malheureusement trop courts. Cf. le type de cette Vénus dans Reinach, Bép., I, pl. 613, n° 1360.
N° 15. Statue de Cybèle(?). — <( Fu ritrovata una statua rotta in molti pezzi, ma la testa intiera, e teneva una torre in cima che dimostrava essere Cibele. » Loffi^edo, Aniiq. PuteoL, dans Graevius, Thes., IX, 4, p. 2 D.
N° 16. Groupe de Cybèle et de deux lions. — Les fragments d'un groupe de Cybèle et de deux lions sont signalés comme ayant été retrouvés à Pouzzoles.
L. Palladini, Descrizione di un sepolcrelo scoperto in Pozzuoli... e di alcuni altri antichi monumenti per la prima volta piihblicati (Naples, 1817), p. 14.
N° 17-17 bis. Bustes de Bacchus barbu (musée de Naples). — Marbre grec. Travail ordinaire. Les bandelettes entourant le front du dieu sont entrelacées de grandes roses. L'un des bustes a une double rangée de ces fleurs (haut. : 55). — Nouv. Cal. des marbres, n° 6310. Gerhardt et Panofka, op. cit., p. 26, n»^ 77, 79.
N° 18. Buste de Bacchus barbu. — Haut. 0°'20. Retrouvé en 1882 dans les fouilles de l'amphithéâtre.
Notizie degli scavi, 1882, p. 376.
N° 19. Buste de l'Océan (musée du Vatican). — Ce buste reproduit le type habituel d'Okeanos, modifié pourtant par certaines particularités assez curieuses. Les sourcils sont figurés par des algues ; des algues couvrent aussi la poitrine, et courent sur le menton et à l'attache de la barbe sur les joues. De la barbe émergent deux petits dauphins ; des vagues environnent la partie inférieure du buste. Des guirlandes et des grappes de raisin couronnent le dieu.
Selon Friedrich-Wolter [Bausleine, n° 1544) et Helbig {Fiihrer, 2" éd., no 309) ce dernier détail ne serait pas applicable à un dieu symbolisant la mer en général ; il n'est admissible que s'il s'agit d'une partie de la mer baignant un pays fertile en vignes. Or la région de Pouzzoles était renommée pour ses vins. Les attributs du
STATUES ET lîÛSTES
dieu du musée du Vatican limiteraient donc la conception plus générale d'Okeanos, rappelée par les autres caractères du type ; il
faudrait voir là une sorte de Genius du golfe de Pouzzoles. Cf.
aussi le Lexicon de Roscher, art. Okeanos, p. 819 (l'auteur de l'article repousse l'idée de cette limitation du type général d'Okeanos). Brunn, Griech. Gôtlerideale, taf. 6. Baumeister, Denkmàler, II, p. 913. Roscher, Lexicon, art. Okeanos, p. 818, fig. 3.
No 20. Groupe d'Oreste et d'Electre (musée de Naples). Ce
groupe a été retrouvé dans le Tempiodi Serapide (macellum) en 1750. Finati [Real Museo Borbonico, IV, 8) dit qu'il provient d'Herculanum. Mais la lettre de Gori, que nous avons citée ch. V (2« partie), p. 286, prouve qu'il provient certainement de Pouzzoles. On en a encore pour preuve la restitution du Tempio di Serapide par Caristie, lequel déclare que ce groupe sculptural a été découvert à Pouzzoles.
Oreste, debout et nu, avance légèrement le pied droit, dans l'attitude d'un homme en suspens ou prêt à marcher. Le bras droit tombe le long du corps ; l'avant-bras gauche est tendu, et la main fait un mouvement qui semble accompagner quelque parole sérieuse prononcée par le personnage. L'ensemble de l'attitude est plein de calme et de gravité. La. tête, dont la chevelure frisée est entourée d'une bandelette, s'incline à gauche dans la direction d'Electre, avec laquelle Oreste semble s'entretenir. Electre a passé son bras droit derrière le cou de son frère, et l'appuie sur son épaule droite; elle regarde Oreste avec un mouvement de profonde attention ; son bras gauche est recourbé sur sa hanche. Elle est vêtue d'une longue draperie qui laisse entrevoir les formes du corps; sa poitrine est recouverte en outre d'une tunique plus petite dont un morceau tombe sur l'épaule droite, et dont l'autre s'enroule autour du poignet gauche. La coiffure est traitée avec un soin particulier; sur le crâne les cheveux sont lisses ; mais sur le front ils sont tressés en boucles régulières, ceintes d'un bandeau.
Le groupe est dans un état de conservation parfaite. Les seules parties restaurées sont la main droite d'Oreste, et des morceaux insignifiants aux deux bras d'Electre et aux jambes des deux personnages. Peut-être aussi le crâne d'Oreste au-dessus du bandeau est-il moderne.
0. Jahn est le premier qui, rompant avec les anciennes explications proposées (groupe de Ptolémée Soter et de Gléopâtre, groupe d'Hippolyte et de Phèdre, etc.), a montré que ce groupe représente les deux enfants d'Agamemnon, en train de méditer devant son tombeau la manière dont ils le vengeront (G. Jahn, Berichle der Kôn. s'àchs. Gesellsch. der Wissensch., 1861, p. 102 et suiv). L'explication d'O. Jahn a été récemment acceptée par Furtwângler [Eine argivische Bronze, 50" Programme des Winckelmannsfesle,
OBJETS PROVENANT DE jPOUZZOLËS
1890, p. 127), et elle est confirmée par la comparaison avec un groupe d'inspiration analogue, où les personnages ont exactement les mêmes attitudes, mais où la femme est remplacée par un second personnage mâle. On s'accorde à reconnaître dans ce groupe, existant au musée du Louvre (Gollignon, Sculpture grecque, II, fig. 348), Oreste et Pylade.
0. Jahn voyait dans cette sculpture un original grec d'une époque de très peu antérieure à Phidias (art. cit., p. 108 et suiv.). Mais d'après une autre théorie plus vraisemblable (Furtwangler, Programme cité, p. 135 et suiv. ; — Studniczka, dans les Rômische Mittheilungen, 1887, p. 97; — Gollignon, Sculpture grecque, II, p. 661-664), le groupe de Pouzzoles est simplement une œuvre de l'époque romaine, d'un style archaïsant. Le type d'Oreste est imité d'un original du v« siècle av. J.-C, à savoir d'un bronze argien représentant un athlète vainqueur. Le groupe de Pouzzoles serait ainsi l'œuvre d'un artiste du siècle d'Auguste, qui aurait réuni le type de la statue d'athlète avec une autre ligure, probablement une figure mâle, dont le type réapparaît tant dans le visage de Pylade que dans celui d'Electre, lesquels offrent des ressemblances en effet singulières.
Ce groupe est un des morceaux intéressants du musée de Naples. Le travail du marbre n'a toutefois rien de particulièrement remarquable. .
N°21. Statue d'une Vestale, — Haut : 80. Retrouvée dans un tombeau de la via Gampana.
Le nez et les bras sont mutilés. L'avant-bras droit, dont la main manque, et d'autres fragments ont été retrouvés. Marbre de Garrare.
La femme, d'un âge déjà avancé, est debout. Elle est vêtue de la stola, à laquelle est superposée un manteau qui, partant de l'épaule gauche, lui couvre la tête et, passant sous le bras droit, va tomber sur l'avant-bras gauche en faisant de nombreux plis. Le corps repose sur la jambe gauche; la droite est repliée un peu en arrière. La femme regarde vers la droite; elle étend la main droite vers une sorte de candélabre ou autel cylindrique. — Il faut rapprocher de notre statue la Vestale de la galerie des Offices à Florence, laquelle tient d'une main une patère, et jette de l'autre des grains d'encens sur le candélabre allumé (Reinach, /?e7j., I, pl. 771, n» 1920). Gette sculpture date de l'époque des Antonins, ainsi qu'on le voit à la coiffure, ajustée à la mode de l'époque de Trajan. Le travail du marbre est assez bon ; les plis du manteau sont traités avec vérité ; le visage est un excellent portrait,
Notizie degli scavi, ann. 1902, p. 60-64, fig. 2 et 3.
No 22. Statue d'homme toge (Mavortius Ldllianus). — Hauteur (sans la tête) : lm85. Gette statue a été retrouvée en 1885, près de rOspedale délia Garità, avec une inscription {Eph. epigr., VIII, n° 365).