‹ Pouzzoles antique (histoire et topographie)Chapitre 35 sur 341 · Cicéron, Pro Sulla, 60 et suiv · texte numérisé non relu

Cicéron, Pro Sulla, 60 et suiv

3. Sur ce mouvement, voir Marquardt, dans le Manuel de Mommsen et Marquardt, VIII, 1, p. 88 et suiv. Sur la Lex municipii Tarentini, voir le commentaire deMommsendans YEph. epigr., IX, fasc. 1, p. 1 et suiv.

4. M. Pais {Atti deW Accademia di Napoli (1900), p. 150 : Per la storia di NapoU nelV eta sillana) se demande s'il ne faudrait pas rattacher à la réorganisation de la colonie de Pouzzoles par Sylla les deux inscriptions

POUMOLES A l'époque RÔMAINË

3° De quelle nature étaient les dissensions qui avaient éclaté, et sur quoi portaient-elles i ? Le plus simple est de penser que, selon ce qui avait lieu g-énéralement dans les colonies romaines, les anciens habitants avaient été, vis-à-vis des colons, privés de leurs droits politiques. Peu à peu toutefois certains d'entre eux avaient été admis, par faveur spéciale, au rang des colons (nous verrons plus loin que quelques-uns tout au moins des descendants des familles osques faisaient peut-être partie, dès l'an 105, du sénat de la colonie) ; il est possible qu'au moment de la g^uerre sociale les indigènes aient tenté d'obtenir une égalité qu'ils ne possédaient pas encore tous, ou aussi complètement qu'ils l'auraient voulu; il est possible aussi qu'ils aient essayé de recouvrer ou de maintenir, en face de la colonie romaine, leur indépendance, puisqu'à Pouzzoles ont peut-être coexisté un municipe et une colonie. En tout cas, la reprise par les anciens habitants de tous leurs droits, soit comme citoyens asssimilés aux colons, soit comme citoyens d'un municipe, me semble avoir été obtenue précisément par le v5iJi.oç de Sylla.

C'est ce que Cicéron veut dire, quand il écrit : in sua potestate siint, suo iure libertateque utuntur. Ces expressions n'ont pas leur signification juridique précise. Seules, les villes libres étaient in sua potestate ou dicione : à elles seules s'appliquait le mot libertas 3. Nous devons admettre ici une certaine relativité dans le sens des mots. Que Pouzzoles n'eût pas, à l'époque de Cicéron, sa libertas^ c'est ce que la situation générale des villes italiennes suffirait à prouver : depuis la guerre sociale il n'y avait plus que des municipes et des colonies. Les villes fédérées, Naples, Tarente, Rhegium, avaient toutes renoncé à leurs privilèges d'États libres *. La liberté de Pouzzoles ne pouvait donc consister que

qui font mention dans cette ville d'une « centuria Gornelia » {CIL., X, 1874 : iVof. deffli Seat)., 1886, p. 237). — La « centuria Gornelia » étant une des subdivisions du collège des Augustales, son origine ne remonte certainement pas à l'époque de Sylla.

1. Nissen (op. cit., II, 2, p. 738) pense que l'esprit d'agitation qui était celui des commerçants et des marins, appartenant à la population indigène, s'opposait à celui des colons agricoles, et avait causé ces troubles intérieurs.

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