Dion. Hal., VII, 3, 2. Plin., Nat. Hist., xviii
2. Steph. Byz. : Ylo'ioXoi, TZoXiç TuppTjvia?, xTca[j.a Safiîojv, TjTtç zal A>'.atàp)(£ta.
3. Hieron., 01.,63, 1: Samii Dicaearchiam condiderunt, quam nunc Puteolos vocant.
Ch. Dubois. — Pouzzoles. 1
tÔUZ^OLÈS AVANT l'ÉPOOUE ftOMAINË
Nous savons qu'à deux reprises des Samiens, quittant leur patrie, se rendirent en Occident, Vers l'année 494 avant J.-C, il en est qui, unis à des exilés milésiens, s'établirent en Sicile; ils y avaient été invités par les habitants de Zancle, qui leur proposaient de fonder une colonie à Kaleacte, plage sicilienne faisant face à la Tjrrhénie, c'est-à-dire à l'Italie K Quelques-uns d'entre eux auraient-ils poussé jusqu'en Gampanie, et faut-il rattacher la fondation de Dicaearchia à cette émigration, provoquée par les conquêtes perses et par la chute de Milet ? Si saint Jérôme ne nous donnait pas la date de 528, on serait tenté de le penser. Sans doute, nous allons le voir, cette date ne peut être acceptée cx)mme rigoureusement exacte ; néanmoins elle marque un écart de vingtcinq ou trente années entre l'émigration, dont nous venons de parler, et une autre plus ancienne, à laquelle se rapportent les fragments de saint Jérôme et d'Etienne de Byzance.
Les Samiens, fondateurs de Pouzzoles, seraient, en ce cas, les hommes du parti oligarchique, qui fuyaient la tyrannie de Polycrate, maître du pouvoir depuis 530 ou 532, et qui ne voulaient pas se soumettre à l'autorité nouvelle, très vraisemblablement ceux dont Hérodote nous raconte les aventures. Il semble que l'établissement de Dicaearchia, si l'on s'en tient à la donnée de saint Jérôme, ait été considéré par les anciens comme un événement connexe des révolutions de Samos.
En admettant avec Busolt ~ que le règne de Polycrate ait commencé non pas en 530, mais en 532, et en tenant compte du fait que les Samiens, avant de parvenir en Italie, s'arrêtèrent cinq ans à Cydonia, on arriverait à la date de 528. Toutefois les fugitifs de Samos, suivant le récit d'Hérodote, ne quittèrent leur patrie qu'en 526 et, abstraction faite de leurs cinq années de séjour à Cydonia, ils passèrent par un certain nombre de péripéties, qui allongèrent leur voyage. Ce serait donc en 521 au plus tôt, et plus vraisemblablement après cette date, vers 520-519 qu'ils débarquèrent en Campanie ^.
En 526, Polycrate avait fait saisir tous les citoyens suspects,
1. Hérodote, VI, 22-23. Thucyd., VI, 4, 5. Pais, Sloria délia Sicilia, p. 318-